1.2
- Je vais y aller, annonçais-je à mes parents, la poste vient d'ouvrir donc je vais m'y rendre avant qu'il n'y ait trop de monde et ensuite je vais retourner chez moi.
- Tu ne veux pas passer à la boutique au lieu de rester seule ? proposa mon père.
- Ça ira, j'ai des choses de prévu.
- D'accord ma puce, on te voit la semaine prochaine ?
- Surement, je vous appellerais.
Je quittais alors mes parents après les avoir embrassé. Je pris ma voiture pour me rendre au centre-ville. Les quelques invitations étaient toutes dans mon sac. La liste n'était pas très exubérante, nos familles n'était pas nombreuses et le nombre d'amis de Louis surplombé largement les miens.
Avec beaucoup de chance je réussis à trouver une place au premier tour du parking de la place centrale juste en face de la poste et de la mairie.
Je me dépêchais de déposer les quelques enveloppes dans la boîtes aux lettre géante jaune avant de rentrer à l'intérieur du bâtiment. À cette heure-ci les clients n'étaient pas présent et je n'eus donc pas besoin d'attendre interminablement avant de me retrouver devant la femme qui avait visiblement aussi peu envie d'être là que moi.
Je la remerciais quand elle me remit mon paquet et me dirigea aussitôt vers la sortie. J'allais ouvrir la porte quand un homme la poussa au même moment. Il entra et me la tint galamment avec un sourire que je lui rendis.
- Merci, chuchotais-je timidement.
- Je vous en prie, répondit-il toujours en souriant.
Je sortis alors plongeant ma main dans mon sac à la recherche de mes clés et me dirigea vers ma voiture non sans avoir lancé un dernier coup d'œil vers la poste où je pus apercevoir l'homme derrière la porte vitré qui me fixait. Je détournais aussitôt le regard honteuse d'avoir été surprise et rentra dans ma voiture.
Je me retrouvais chez moi seulement un quart d'heure plus tard. Installé confortablement dans mon canapé, ordinateur posé sur mes genoux et télé allumé pour avoir un fond sonore je décidais d'appeler mon amie et accessoirement témoin et collègue Laura. Je l'avais rencontré il y a un an le premier jour de mon nouveau boulot et on avait tout de suite accroché. Je lui racontais brièvement les derniers évènements de ma non palpitante vie et elle fit de même.
- J'ai finalement été poster les invitations, annonçais-je.
- Ah... fut sa seule réponse.
Laura était au courant de toute mon histoire jusqu'à mes sentiments amoureux de moins en moins existants.
- Donc ça devient de plus en plus sûre, continua-t-elle, tu as bien réfléchis ?
- Oui, je ne peux pas faire autrement...
- Si, tu pourrais mais tu ne veux pas, me coupa-t-elle.
- Un homme charmant m'a sourit, changeais-je de conversation avant qu'elle ne tente à nouveau de me faire changer d'avis.
- Ouh ! Vraiment ? Charmant comment ?!
- Costard, cravate, brun, barbe de trois jours, le décrivis-je.
- Ses yeux ? en demanda plus mon amie.
- Je n'y ai pas fait attention, j'étais concentrée sur son sourire, avouais-je.
- L'inconnu de la poste, répondit-elle songeuse, ça fait un bon titre de livre.
- Ne commence pas à te faire des idées, je ne le recroiserais probablement jamais.
- Ne jamais dire jamais.
- Tu te fais encore des films Laura.
- J'essaie de m'en faire pour nous deux puisque tu ne daignes pas ouvrir les yeux ! gronda-t-elle.
- Laura, soupirais-je.
- Il n'y a pas de Laura qui tienne Lilas, tu as décidé d'être malheureuse pour le restant de ta vie alors ne me demande pas d'accepter sans rien dire. Tu sais très bien que je tenterais jusqu'au bout de te faire changer d'avis. Vous vous rendrez tout les deux malheureux.
- Il m'aime ! protestais-je. Il n'est pas malheureux.
- Putain Lilas c'est censé être réciproque cette amour ! s'énerva-t-elle.
On avait déjà eu cette dispute à plusieurs reprises. Je savais que ses arguments étaient juste mais je ne pouvais pas me ranger de son côté.
- Je dois y aller, mentis-je.
- Oui c'est ça, fuis encore le conflit. C'est ce mariage que tu devrais fuir pas moi.
-Je sais, avouais-je finalement avant de raccrocher.
J'aimais beaucoup mon amie mais elle n'arrivait pas à comprendre mon point de vue. J'avais une peur monstre d'à nouveau me retrouver célibataire, je ne supporterais pas d'être seule, j'avais bien trop peur de re-sombrer et de n'avoir personne pour me consoler comme Louis le faisait quand je craquais. Je ne voyais pas pourquoi ce n'était pas juste pour lui, j'étais avec lui et faisais tout mon possible pour le rendre heureux. L'amour n'était plus qu'un détail, cela faisait déjà des mois que j'étais sûre de ne plus l'aimer et il ne c'en était pas rendu compte.
Après ce coup de fil qui avait ressembler à tout les autres que je partageais avec mon amie, je décidais d'essayer de dormir quelques heures. J'aurais plutôt dû être en train de chercher un traiteur mais je n'en avais absolument pas envie.
J'étais endormie dans mon canapé depuis ce qu'il me semblait être quelques minutes quand mon téléphone me réveilla. Je regardais l'heure puis l'appelant avant de décrocher. J'avais dormi un peu plus d'une heure et mon téléphone m'indiquait que Louis était celui qui m'appeler.
- Allo, répondis-je automatiquement.
- Hey bébé ! Dit moi tu as prévu quoi pour diner ce soir ? demanda mon fiancé très enjoué.
Il avait visiblement déjà du boire quelques bières comme à son habitude dès qu'il se retrouvait avec Steve.
- Un gratin de patates douce et courgettes et steak de tofu.
- Elle veut encore te faire bouffer la bouffe que ta bouffe mange, entendis-je Steve s'exclamer d'un air de dégout.
- Ton copain avec un demi cerveau à d'autre mot que bouffer et son dérivé dans son langage ? demandais-je à Louis qui riait de la blague de son ami.
- Je t'emmerde, l'entendis-je hurler.
- C'est pour rire bébé. Ça t'embête si je mange pas avec toi ce soir ?
- On va bouffer de la vrai nourriture pleine de sang ! hurla à nouveau Steve en riant.
- Fait ce que tu veux, répondis-je désormais irritée.
- Merci à ce soir !
Il raccrocha sans me laisser le temps de répondre. Je soupirais en reposant mon téléphone. Il n'était qu'un peu plus de quinze heures, l'après-midi allait être longue.
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