chapitre 16

Moi: dit Mathieu ?

Mathieu : hum ?

Moi: tu penses qu'on vas s'en sortir ?

Mathieu : pourquoi tu me demandes ça maintenant ?

(Il se retourne dans son sac de couchage posé sur un matelas qui lui, est posé en bas du lit de Antoine. Il doit être une heures du matin, on s'est couchés tard et tout le monde est fatigué. Mais Mathieu et moi on n'arrive pas à dormir. C'est sûrement parce que Antoine ronfle comme un tracteur qui peine à passer la seconde. Donc c'est plutôt logique qu'aucun de nous n'arrive à dormir. Les lâches qui dorment en bas, eux ils sont peinards par contre ! Bref, je fini par soupirer.)

Moi: j'arrive pas à dormir donc je réfléchis à tout et n'importe quoi.

Mathieu : je vois ça.

Moi: du coup, tu penses qu'on vas s'en sortir ?

Mathieu : j'en sais rien. On pourra pas se cacher éternellement.

Moi: y'en as qui l'on fait, non ? Des dealers et des narcos.

Mathieu : on n'est pas des dealers ! Et on n'as pas le swag de Pablo Escobar.

Moi: il est mort le cul à l'air.

Mathieu : nan, d'une balle dans le cul.

Moi : c'est pareil.

Mathieu : pas vraiment non.

(On ricane doucement et puis Antoine fait un drôle de bruit, comme s'il s'était étouffé avec son ronflement alors ça nous fait encore plus rigoler. Ouais, même en cavale on trouve le temps de rigoler pour un bruit de bouche. M'enfin, c'est pas comme si on était des génies non plus. Je veux dire, Mathieu se drogue au café, Patron saute sur tout ce qui bouge, Geek est un gosse, Panda chante du Rihanna, Hippie voit des poneys et moi... Bah moi je suis juste gogole.
Je donne un petit coude à mon comparse qui se trouvait à côté de moi.)

Moi : hey Mathieu, c'est toi qui m'as créé, on est d'accord ?

Mathieu : ouais ?

Moi: je suis pas censée être hétéro, hein ?

Mathieu : heu...

Moi: ok, merci pour cette réponse.

(Je ricane doucement tandis que mon ami se tourne vers moi, l'air un peu gêné. Quoi, pourquoi ça le mets mal à l'aise ce genre de truc ?? Je veux dire, il est entouré par un détraqué sexuel et recherché par la police, et ce qui le mets mal à l'aise c'est ça ?)

Moi: quoi, t'es gêné ?

Mathieu : nan c'est pas ça juste... Je pensais pas que vous auriez presque tous la même sexualité que moi.

Moi: Rho ça va, c'est pas la mort !

Mathieu : nan mais c'est chelou !

Moi: ça vaaa t'as pas non plus les mêmes fantasmes que Patron.

Mathieu : heureusement !!

(On rigole doucement tandis que Antoine marmonne un truc dans son sommeil.
En vrai, il porte bien son surnom le Chewbacca. En plus il as l'haleine d'un wooki. Je me retourne sur mon matelas, sérieusement pourquoi Antoine as autant de matelas chez lui ??? Enfin, c'est pas vraiment l'important. Je souffle entre mes dents la question qui me taraude depuis qu'on est arrivés chez Antoine. Je sais pas pourquoi j'ai parlé aussi doucement, j'aurais peut être espéré que Mathieu ne l'entende pas.)

Moi: tu te sens pas coupable de l'avoir embarqué là dedans, pas vrai ?

Mathieu : qui ?

Moi: Antoine. Tu sais que c'est dangereux mais t'es content qu'il soit dans la même galère que nous.

Mathieu : n-non. C'est pas...

Moi : je ressens la même chose, t'inquiètes.

Mathieu : c'est à dire ? Tu ressens quoi ?

Moi: je sais qu'on as embarqué Antoine dans une putain de galère. Je sais aussi que les flics vont aller toquer chez lui en premier vu que c'est ton ami.

Mathieu : ça tout le monde le sais.

Moi: mais malgré ça, je suis heureuse qu'il soit avec nous. Je suis heureuse qu'on parte en cavale tous ensemble.

Mathieu : ... On devrait dormir.

Moi: ouais t'as raison.

(Je me remets sur mon petit matelas. Assez de digression psychologique, j'ai pas le temps pour ça. Je ferme les yeux et m'endors rapidement. Le lendemain matin, c'est un pieds dans mes côtes qui me réveille. PUTAIN MAIS C'EST QUI CET ENCULÉ !? Je me calme plus ou moins en constatant que la personne en question est Mathieu, un sac à la main qui récupère ses affaires. Qu'es ce qu'il fout ? J'ai les cheveux en bataille, des cernes et mon haleine du matin. Super.)

Moi: Mathieu ?

Mathieu : on se tire.

Moi: hein que quoi ?? On est arrivés hier!

Mathieu : les flics arrivent putain ! Alors magne, lève toi et vas t'habiller !

Moi: comment ça les flics !??

(Il prend le sac et se tire ailleurs, comme dans l'armée. Je me relève à mon tour d'un coup pour le suivre jusque dans le salon où tout le monde s'activait à ramasser ses affaires, surtout Antoine vu que c'est sa maison. On pourrait qualifier ce qu'il se passe de chaos total. C'est à dire que tout le monde vide les tiroirs sur le sol à la recherche de trucs utiles.)

Moi: Mathieu, comment ça les flics !?

Panda: ils nous ont retrouvés, je sais pas, peut être un témoignage des voisins.

Moi: putain de merde.

Geek: on ira où Mathieu ??

Mathieu : je sais pas Geek, je sais pas !

Patron : putain mais quel journée de merde !

Hippie : hein comment ça gros ?

Antoine : je sais où on pourrait aller, vous en faites pas. Préparez vos affaires il faut qu'on se tire !

(Je râle et prend mon sac que je n'avais que peu défait pour courir à la salle de bain chercher ma brosse à dents, du dentifrice et une bouteille d'eau. Je cours jusqu'au salon, rangeant mon livre et des vêtements dans le sac. Putain de journée de merde ! Je prends un truc à bouffer et commence à faire un petit inventaire mental de tout ce qu'on as. Ok, nickel ça va le faire !!!)

Moi: tout le monde est prêt !?

Antoine : ouais !

Patron : tirons nous et vite !

Hippie : attend et mon chien, gros??

Mathieu : mais t'as pas de chien...

Hippie : ha oui.

(On sort dehors et c'est là que je me rends compte que je suis pieds nus. Super. Bon pas le temps, on doit se barrer ! J'ouvre la porte conducteur du van et tout le monde grimpe dedans, Antoine à côté de moi. La tête de Patron passe à côté de moi, ses lunettes de soleil pas très droites tandis que les autres rangent plus ou moins les sacs derrière.)

Patron : attend, t'as le permis ?

Moi: pas du tout.

Patron : putain mais t'es sérieuse !?? Barre toi je vais conduire !

Mathieu : pas le temps !

(On entends au loin le bruit des sirènes de la police. Ok, fait chier, on doit dégager maintenant, on n'aura pas le temps de changer de place. Patron tape un peu du poing sur le siège et désigne la clefs sur le contact.)

Patron : tourne la clef ! Magne toi, je suis pas un putain de moniteur d'auto-école !

(Je m'exécute.)

Patron : pied sur le frein, enlève le frein à main, débraye, passe la première et roule !

(Je fais ce qu'il me dit et le voiture roule. Ouf ! Bon, je crois que personne n'est rassuré du fait que je conduise surtout à cause du fait que je ne sache pas conduire et que celui qui me supervise soit Patron. Patron alias le chauffard. Alias je m'en balek' du code de la route. Alias lorsque je conduis t'as peur. Donc voilà, vous avez un petit aperçu de la situation.)

Patron : bon par contre passe la seconde Gabi' !

Geek: pourquoi ça fait un bruit de tracteur ?

Antoine : parce que Tata Gab' est une chauffarde.

Mathieu : ok, rappelle moi de jamais te laisser le volant.

Panda : on changera dès qu'on peut, pour l'instant faut qu'on roule.

Geek: on vas où Antoine ?

Antoine : chez des amis. On vas pas rester longtemps, le temps que je m'organise avec d'autres.

Moi: heu c'est normal les voyants qui s'allument ????

(Et là, de la fumée noire et épaisse commence à sortir du capot. Putain de journée de merde )

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