Chapitre dix.
Le baiser reste en surface, nous sommes vite interrompu par ma professeur d'Italien, qui s'est raclée la gorge pour attirer notre attention.
— Désolée de vous déranger, les garçons, mais Naé, c'est ton tour, dit-elle avec un petit sourire.
Je mords ma lèvre, gêné au possible qu'elle nous ait surpris dans cette position. Ezel passe une main dans mes cheveux, un sourire aux lèvres.
— Go tout déchirer !
Je hoche la tête en lui rendant son sourire et la jeune femme m'entraîne à sa suite.
Après une vingtaine de minutes, je sors avec un grand sourire et une bonne humeur évidente. Je crois que j'ai tout réussi ! Même le questionnaire, je l'ai tué ! Je n'ai plus qu'une seule idée en tête : retrouver Ezel pour lui annoncer.
Je meurs d'envie de le voir, de le serrer dans mes bras et de l'embrasser de nouveau... En fait, surtout l'embrasser. Je me sens rougir en ayant cette pensée. Je suis persuadé que c'est grâce à lui, si j'ai réussi mon oral d'Italien, il m'a donné une adrénaline que je n'avais jamais ressenti auparavant. Je ne souhaitais qu'une chose : obtenir une bonne note pour le rendre fier. Je veux qu'il soit fier de moi.
Je regarde mon téléphone, il doit probablement être retourner en cours. Je ne peux pas lui demander de sortir, je lui fais louper assez de cours comme ça. D'ailleurs, tous les mardis, il manque des minutes de cours pour venir manger avec moi. Comment résister à ça ? Ce mec est parfait. Pourquoi on a arrêté de se parler ? Pourquoi je ne l'ai pas vu avant, à quel point il était génial ? Lorsque nous étions au collège, je le voyais uniquement comme un bon ami, rien de plus. Est-ce car il a changé ? Mûri ? Je rigole tout seul à cette dernière pensée. Ezel fait toujours le con, à amuser tout le monde et à déconner sur tout.
Mais quand j'ai besoin de lui, il est toujours là. Il est proche seulement avec moi. J'ai envie de crier de bonheur. Ce baiser veut sûrement dire quelque chose !
Je l'attends devant son amphi, tout excité à l'idée de le revoir. Je trépigne d'impatience et passe le temps à regarder les photos que nous avions prises dans ma galerie. Je craque encore plus en le voyant sourire ou faire l'idiot. Je veux tellement qu'il soit mon petit-ami. Je serais l'homme le plus heureux de cette planète ! Je sais qu'il prendrait bien soin de moi et que ma famille l'adorerait.
Lorsque je le vois sortir, nos regards se croisent et je sens qu'il est heureux de me voir. Il vient directement me voir et pose ses mains sur mes hanches.
— Alors ? il demande, l'impatience dans sa voix.
— J'ai réussi ! je crie.
On se met à rigoler et il me serre contre lui.
— Je te l'avais dit ! Tu gères tout le temps, il me complimente.
Il s'écarte de moi et continue de m'offrir ce sourire qui me fait tant d'effet. Il m'a embrassé la première fois, c'est désormais à mon tour, je dois faire le deuxième pas.
Mon expression doit sûrement devenir plus sérieuse car la sienne devient plus inquiète, il ouvre la bouche pour parler mais en me voyant approcher de son visage, il assimile petit à petit ce que je m'apprête à faire. Ce que je n'avais pas prévu, c'est qu'il tourne légèrement son visage au moment où je suis sur le point de l'embrasser. Ma bouche atterrie sur sa joue et mon cœur rate un battement.
Je m'éloigne aussitôt de lui, d'une bonne distance, les yeux choqués. Que se passe-t-il ? Pourquoi il refuse, alors que c'est lui qui a commencé ?
Il n'ose pas me regarder mais il paraît triste.
— Ezel ? je lâche d'une voix incertaine.
Est-ce qu'il ne veut pas de moi ? Est-ce qu'il m'a embrassé juste pour que je ne stresse plus ? Est-ce qu'il a réfléchi durant son heure de cours et s'est rendu compte qu'il ne voulait pas de moi ? Est-ce qu'il pense qu'il a fait une erreur et qu'il regrette ?
Mon cœur se serre douloureusement.
— Naé, je... on doit discuter, toi et moi.
Je sens mes mains trembler. J'ai peur. Il va me rejeter, c'est ça ?
Il me prend par la main et on s'écarte de la foule pour être dans un endroit tranquille, en dessous des escaliers.
— Tu regrettes, pour... je commence.
— Non ! Non, je ne regrette absolument pas de t'avoir embrassé, Naé. C'est juste que... je veux être honnête avec toi, je ne veux pas te mentir.
Je suis perdu, je ne comprends rien.
— Quel est le problème ? Tu as peur du regard des autres ? je tente.
— J'ai une copine, Naé, balance-t-il, de but en blanc.
Je croyais que mon cœur me faisait mal, quand il a refusé mon baiser, mais là, je comprends la définition du mot douleur. Je suis bouche-bée. Son regard ose enfin se plonger dans le mien. Je tente de retirer mes doigts des siens, mais il essaie de me garder contre lui.
— Naé, je...
— T'as... t'as une petite-amie ? Et tu ne me l'as jamais dit ? Tu m'as menti ? je demande, les larmes au bord des yeux.
— Non ! Je ne t'ai jamais menti, Naé, tu ne m'as jamais demandé ! Personne ne m'a jamais demandé si j'étais avec quelqu'un, alors je ne l'ai tout simplement pas dit, il rétorque.
J'arrive enfin à retirer ma main de la sienne. Je veux partir, je veux être dans mon appartement, dans mon lit, sous ma couverture et pleurer tout l'eau que contient ce foutu corps. Je suis abattu.
J'essaie de partir, mais encore une fois, il m'en empêche et entoure ses bras autour de moi. Je sens son souffle dans mon cou.
— Naé, je t'en supplie, écoute-moi ! Jamais je n'aurais pensé que ça deviendrait comme ça, entre nous. Mais dès que je t'ai vu... j'ai senti mon cœur se gonfler de tendresse pour toi. Je me disais que ça me passerait, mais au contraire, ça continuait de gonfler un peu plus chaque jour et mon corps et ma conscience réclamaient toujours plus. C'était dure, de pouvoir te toucher mais de pas aller plus loin, d'avoir cette barrière, cette limite.
— Depuis quand ? Depuis quand tu es avec elle...
Je peine à contenir mes larmes.
— Quatre mois...
Cette fois, c'en est trop. Je sens les larmes dévaler mes joues et mon corps avoir des spasmes. J'ai mal.
Il me retourne dans ses bras et je l'ai face à moi. Je n'avais encore jamais vu le Ezel inquiet et effrayé. Il passe ses mains sur mes joues et embrasse mon front.
— Naé, ne pleure pas... Je ne veux pas te faire du mal, je suis désolé, tellement désolé. Je vais la quitter, je ne l'aime plus depuis longtemps. Dès que tu es entré dans ma vie, je n'ai fait que penser à toi, jour et nuit. Je... je suis tombé amoureux de toi, Naé. Je veux être avec toi.
Mes pleurs s'atténuent peu à peu et il me serre fort contre lui, comme si je pouvais disparaître d'un moment à l'autre. Je m'accroche à sa veste désespérément. Malgré ce que je viens d'apprendre, ces mots se répercutent en moi. Il me répète en boucle des excuses et à quel point il tient à moi, jusqu'à ce que je me calme.
J'essaie de réfléchir à la situation. Ezel est en couple depuis le début, mais nous n'avons rien fait ensemble, avant. Il ne l'a pas trompé et ne m'avait rien promis non plus. Il est honnête avec moi, car juste après m'avoir embrassé, il m'a avoué pour sa copine. Est-ce que je peux lui en vouloir ?
— Tu vas vraiment la quitter ? je demande d'une petite voix.
Il m'éloigne un peu pour plonger ses yeux claires dans les miens.
— Je comptais le faire depuis un moment. A vrai dire, je voulais t'embrasser après l'avoir fait, mais tout à l'heure, j'ai pas pu résister, tu étais beaucoup trop mignon pour mon pauvre petit cœur, il sourit.
Je fais la moue.
— Tu vas le faire quand ? je demande.
— Après les cours, je vais rentrer à l'appart et je lui dirais.
— Attends, c'est une de tes colocs ? je questionne, surpris.
— Euh, ouais.
— Génial...
Je n'ai pas le temps de baisser la tête qu'il a déjà les mains sur mes joues pour me garder face à face.
— Hey, tu n'as pas à t'inquiéter. Je t'aime toi. Tu me fais perdre la tête, Naé.
Je me mords la lèvre.
— On pourra se voir après que tu lui auras dit ?
— Oui, si tu veux je viendrais à ton appart, ok ?
— Ah, tu veux bien venir, maintenant ? je le taquine.
Il pouffe doucement.
— Je pouvais pas avant, je savais que si on se retrouvait, rien que tous les deux, dans un appartement désert, j'allais craquer. Je voulais être sûr de mes sentiments, avant de te faire espérer quoique ce soit.
— Craquer ? je demande.
Un sourire malicieux se dessine sur ses lèvres et il se penche sur moi, posant délicatement sa bouche contre la mienne. Ce baiser est bien moins innocent que celui de tout à l'heure, car nos langues se rejoignent vite, tout comme nos corps, qui se collent l'un à l'autre.
— Comme ça, par exemple, il murmure contre ma bouche.
Je stresse. Tellement. J'ai l'impression que mon cœur va exploser, tant l'attente est longue. Nous sommes rentrés chez nous, après les cours. Cela fait une heure qu'il est à son appartement et qu'il est avec elle. Je n'ai aucun message de sa part et j'ai peur qu'il ait changé de programme, qu'elle ait réussi à le faire changer d'avis sur nous. Je suis effrayé, je tourne en rond, tel un lion en cage. J'ai essayé de mater une série, mais impossible, la boule dans mon ventre ne veut pas partir.
Finalement, je suis dans le canapé, en position fœtale et je m'imagine tout un tas de choses. Je n'en peux plus, d'être autant angoissé. Mon cœur va finir par lâcher, si ça continue. Quelle torture !
Soudainement, la sonnette de la porte retentie et je cours vers l'entrée et ouvre la porte à la volée. Tout mon stress descend d'un coup en le voyant, face à moi, avec ce sourire typique chez lui.
— Hello, petit amour, il lâche.
Je lui saute dessus, me retenant de pleurer de joie. Il m'a choisi !
Je l'aime tellement...
THE END.
En écrivant la scène où la prof vient l'appeler pour l'oral, je me suis dit " ça me dit trop quelque chose, cette scène " et je me suis rappelée de mon propre oral en terminal, en italien. J'étais avec ma copine et on attendait mon tour, la prof sort de la classe et dit mon nom, avant que je n'entre à l'intérieur, ma copine se tourne vers moi et me tend ses bras, j'étais tellement angoissée que je l'ai prise dans mes bras et je l'ai serré hyper fort contre moi, et là j'entends la prof rire dernière nous et dire " t'en fais pas, je ne vais pas te tuer " mdrrr
Bref, tout ça pour dire : bon courage à tout ceux qui passent brevet, bac, exam ! Vous allez tout déchirer :3 Love sur vous !
Pour finir, j'espère que cette histoire vous ait plu et je me suis rendue compte que je kiffais grave écrire à la première personne et au présent, et que ce n'était pas si compliqué que ça x)
Merci beaucoup d'avoir lu cette short story <3
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