Chapitre 4 - La fête peut commencer


TW : Drogue

— Oh putain ! C'est si bon !

La bière coule dans ma gorge. C'est la troisième que je m'enfile. Charlie a placé un petit chapeau en feutre, avec une plume, sur nos têtes et on chante à tue-tête, bras dessus bras-dessous, debout sur la table.

Ein Prosit ! Ein Prosit !

Der Gemütlichkeit

Ein Prosit ! Ein Prosit !

Der Gemütlichkeit

Oans, zwoa, drei, gsuffa!

[Un toast ! Un toast !

A la convivialité !

Un toast ! Un toast !

A la convivialité !

Un, deux, trois, bois]

J'avale encore une gorgée de bière. Assis devant la tireuse, Hust est dans son élément. Il sert des verres à des démons éméchés, et même à des anges. Ces derniers ont promis de ne rien dire à leurs condisciples angéliques, si nous gardons le secret quant à leur incartade au règlement du Paradis. Évidemment, nous avons dit oui. Je suis sûr que cela leur fait du bien de prendre du bon temps.

— Les anges, sur la table ! Les anges, sur la table ! hurlent les démons.

Quelques anges se lèvent sous les applaudissements. Leurs auréoles scintillent dans les lumières. Ils volent jusqu'à la table centrale, se retrouvent face à nous et se mettent à danser, verres à la main. Je commence déjà à voir flou. À force de ne plus boire, ni consommer de drogue, j'ai perdu l'habitude. Ça ne va pas du tout.

— Quelqu'un a du LSD ? De la coc' ? de la MDMA ? de la Marijuana ?

Une main se tend dans ma direction. Je tourne la tête et aperçois Alastor, un grand sourire percé de dents jaunes aux lèvres.

— Je l'ai roulé pour toi.

— Merci trésor.

J'ignorais que le démon de la radio était si fun ! Ce démon m'avait manqué. J'allume le joint et le porte à mes lèvres pour tirer une taffe. AH ! Que c'est bon. La drogue pénètre mon corps, je me sens bien. J'avais oublié cette sensation d'ivresse et de plénitude, ce sentiment d'invincibilité que confère la drogue. Avec l'alcool, c'est un cocktail parfait. Sur la table, Sir Pentious et ses œufs se sont joints aux anges qui avalent leurs bières sous les encouragements des démons qui hurlent « Ein Prosit ! » en allemand. Je ne sais plus combien de toast j'ai porté depuis que la fête a débuté, ni l'heure qu'il est, mais je m'amuse comme un fou !

— Je t'ai aussi emmené ça.

De derrière son dos, Alastor extirpe un petit arbuste qu'il me fourre entre l'un deux de mes quatre bras. Sur le moment, je reste un peu étonné et fixe la plante sans comprendre.

— Pourquoi tu m'offres une plante ?! J'ai pas la main verte.

— Ce n'est pas n'importe quelle plante !

Le démon ajoute un clin d'œil sans se départir de son sourire. Il s'amuse à faire tourner sa canne et m'observe dans son élégant costume. Ne comprenant pas où il veut en venir, je tire une nouvelle fois sur mon joint et m'apprête à reprendre une gorgée de bière quand je m'aperçois que mon verre est vide. Oups ! Il va m'en falloir un autre.

Je traverse la salle, slalomant entre les démons et les anges éméchés dont les corps s'emboîtent dans une parfaite anarchie, et me retrouve face au bar. Hust, la main sur la tireuse, m'offre son plus beau sourire.

— Qu'est-ce que j'te serre, looser ?

— Une bière, baby !

Je dépose la plante offerte par Alastor devant moi pendant qu'il prépare ma boisson.

— T'en es à combien, là ?

— Ah non ! m'exclamé-je. Ne me fais pas la morale ce soir. C'est toi qui as choisi d'organiser l'Oktoberfest ! J'ai le droit de boire et de fumer !

— Je t'ai rien reproché.

Hust pose une bière devant moi, en même temps qu'un jeu de cartes.

— Regarde ce que m'a offert Alastor ! me montre-t-il.

Tiens donc ! Alastor lui a fait un cadeau à lui aussi. Intéressant. Je remarque que le démon de la radio a choisi le vice favori de mon ami. Hust était addict aux jeux avant d'arriver ici.

— Cache-le bien, sinon Gabriel viendra te le confisquer.

—Cache bien ta plante alors !

— Hein, quoi ?

Je jette un regard sur ma plante. Qu'est-ce qu'elle a ? Le sourire de Hust s'agrandit quand il arrache une feuille et me la tend.

— Ou alors, fume-là maintenant...

Et là, je comprends... 

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