VII - Chapitre 19 : Pourquoi ?

Amber avait une épée dans la main et elle était juste en face du directeur, à portée d'un coup d'épée. Il suffisait qu'elle ne lui fasse qu'une éraflure pour qu'il subisse les effets du venin du basilic... Elle n'avait rien à formuler, juste à balancer son bras.

Elle leva ses yeux vers ceux de Rogue. Il la regardait aussi. Pour la première fois elle voyait une nouvelle expression dans ses yeux. C'était... une étincelle de peur.

Ginny : Amber ne fait p...

Elle ne put même pas esquisser un geste. Rogue avait attrapé son bras pour l'immobiliser et lui arrachait l'épée.

Rogue : Maintenant remontons tous ensemble.

Ils remontèrent et il put découvrir l'étendue des dégâts. Il jeta juste un coup d'œil avant de s'asseoir à son bureau en y déposant l'épée.

Rogue : J'espère que vous vous rendez compte que ce que vous avez fait est extrêmement grave.

Ils ne répondirent pas.

Rogue : Mais une question me turlupine, pourquoi l'épée ?

Ginny s'avança.

Ginny : Elle appartient à la maison Gryffondor ! Pas à un vulgaire Serpentard tel que vous !
Phineas : Alors là ! Vous auriez minimum été renvoyée de mon temps ! Quel manque de respect !

Le portrait de Phineas Black s'était réveillée.

Rogue : Je pense pouvoir gérer cette situation sans vos commentaires.

Il joignit ses mains.

Rogue : Qui est l'instigateur de tout cela ?
Ginny : C'est...
Amber : Moi.
Ginny : Hein ?!

Amber mît son bras pour reculer Ginny et s'avancer à sa place.

Amber : Vous avez votre responsable juste en face de vous. C'est moi qui ai tout préparé. Alors si quelqu'un doit être punie c'est moi, pas eux. Ils n'ont fait que me suivre.

Il garda le silence pendant quelques secondes. Un petit sourire s'étira alors sur ses lèvres.

Rogue : Vous pensez vraiment que je vais vous accorder ce plaisir ?

Il se leva et fit très lentement le tour de son bureau en expliquant :

Rogue : Une nuit dans les cachots ne vous a déjà pas servi de leçon. Votre audition non plus, et à ce que je vois vous vous en fichez aussi de passer vos nuits dans la volière. Alors on va changer de méthode.

Il était à présent devant elle.

Rogue : Vous pouvez à présent dormir dans votre dortoir. Je vous retire votre punition.

Alors là elle ne s'y attendait pas.

Rogue : Vous ne serez aucunement punie pour ce qu'il s'est passé ce soir.

Il prit une douce inspiration.

Rogue : Après tout vous m'avez prévenu pour ce qu'ils comptaient faire. Je vous en remercie grandement. Je vous assure que je vais leur donner la punition qu'il faut.

Elle prit quelques secondes à comprendre ce qu'il voulait dire.

Amber : Quoi ?! Mais non ! C'est moi qui ai tout préparé ! C'est moi qui dois recevoir la punition ! Laissez-les tranquille !
Rogue : Je ne vois pas de quoi vous parler Miss Dumbledore. Vous trois, sachez que vos familles vont recevoir une lettre pour votre conduite intolérable. Considérez-vous chanceux de ne pas être renvoyés. Maintenant regagnez de ce pas vos dortoirs. Si vous faites le moindre détour je n'hésiterai pas à aggraver votre sanction. J'ai encore quelques mots à dire à votre préfète-en-chef pour la féliciter de ce coup de filet.

Ils sortirent.

Amber : Faites-moi dormir dans la volière toute l'année mais ne leur donnez pas de punition.
Rogue : En parlant de volière, comment vous en êtes-vous sortie sans que je ne sois prévenu ?

Elle croisa les bras d'un air insolent.

Amber : On dirait que vous m'avez sous-estimé.

Il la regarda en fronçant les sourcils. D'un seul coup il se tendit.

Rogue : Vous... vous n'êtes pas passée par les ouvertures pour les chouettes situées à quatre mètres de haut tout de même ? Vous... vous n'avez pas fait le tour de la volière alors qu'il y avait un vide de trente mètres en dessous de vous ?

Elle haussa les épaules toujours avec son sourire insolent.

Rogue : Mais vous êtes inconsciente ! Vous auriez pu vous tuer !
Amber : Qu'est-ce que ça peut vous faire ?

C'est alors qu'il lui attrapa son avant-bras droit. Elle en fut déstabilisée, surtout qu'il la fixait.

Rogue : Arrêtez de croire que... Qu'est-ce que vous avez fait à votre main ?

Elle s'attendait à voir ses habituelles traces de brûlures toujours pas parties mais à la place de ça elle y découvrit une longue coupure avec du sang frais s'y échappant. Elle se dégagea de son emprise pour voir ça de plus près. C'était une très belle coupure.

Amber : Certainement quand vous m'avez arrachée l'épée des mains, j'ai dû toucher la lame sans m'en rendre compte.

A voir ce sang qui sortait de son corps elle en avait quand même un peu la tête qui tournait.

Rogue : Vous avez touché la lame ?!

Il avait quand même l'air assez paniqué.

Amber : Pourquoi vous vous inquiétez toujours autant pour moi ? C'est juste une simple coupure. Il n'y a pas de quoi...

Elle se figea. Elle avait touché la lame de l'épée de Gryffondor. Cette épée qui absorbait tout ce qui la renforçait. Cette épée avec laquelle Harry avait tué le basilic. En pensant à ça elle en perdit l'équilibre. Rogue la retint et l'assit dans un fauteuil.

Rogue : Ne bougez pas.

Elle ne sentait pas vraiment apte à le faire, par contre elle pouvait complètement paniquer. Ça commença avec sa respiration, puis avec des tremblements de son corps. Elle n'entendait absolument plus rien, juste les battements de son cœur. Elle n'entendit donc pas la conversation entre le tableau de Dumbledore et le directeur actuel.

Rogue : Harry a été guéri par les larmes de votre phénix ! Où est-il ?!
Dumbledore : Severus, restez calme. Si elle avait été infectée par le venin du basilic elle serait déjà morte. Elle n'aurait même pas eu la force de remonter jusqu'au bureau. L'épée ne déploie pas toutes ses capacités contre son porteur.

Il jeta un coup d'œil à Amber qui avait l'air d'aller très mal.

Rogue : Pourquoi a-t-elle l'air si mal alors ?!
Dumbledore : Ne vous a-t-elle pas dit de ne pas la prendre plus bête pour qu'elle ne l'était ? Elle connaît les propriétés de l'épée, elle absorbe tout ce qui la renforce. Elle a compris qu'elle avait absorbé le venin de basilic. Elle est en train de croire qu'elle va mourir. Elle est en train de paniquer Severus.
Rogue : Et qu'est-ce que je fais alors ?!

Il le regarda par dessus ses lunettes.

Dumbledore : Le rôle qui était censé vous revenir.

Amber regardait toujours sa main, hypnotisée. C'était son sang. Son sang infecté par le venin du basilic. Elle était en train de mourir.

Quelqu'un lui prit son poignet délicatement. Elle suivit sa main des yeux. Derrière sa main se trouvait alors un visage.

Rogue : Regarde, ce n'est rien...

Il sortit sa baguette et murmura une formule en direction de sa main. Sa plaie se referma mais il y avait toujours du sang.

Rogue : Amber, écoute. Si... si l'épée t'avait « empoisonnée » la plaie n'aurait pas pu se refermer aussi facilement. C'était une simple coupure...

Oui. Oui c'était vrai. C'était idiot qu'elle agisse comme ça. Ce n'était pas comme si elle avait perdu des litres de sang. Elle dévia lentement son regard du bout de son bras. Elle commença lentement à reprendre son calme. Elle était épuisée.

Amber : R-répondez à ma question...
Rogue : Laquelle ?
Amber : P-pourquoi vous vous inquiétez toujours autant pour moi ?

Il déposa son poignet délicatement. Il ne répondit rien et détourna le regard. Pendant ce temps la rousse n'arrivait plus à soutenir sa tête et à garder ses yeux ouverts.

Rogue : C'est parce que... parce que...

Il soupira.

Rogue : Parce que j'ai fait une promesse.

Il reporta son regard sur elle et vit qu'elle ne l'écoutait pas. En effet, elle venait juste de s'endormir. Il esquissa un mince sourire. Il passa ses bras en dessous de ses jambes et de ses épaules et la souleva. Il la transporta jusqu'en bas des escaliers. Il ouvrit la porte de sa chambre à elle et la déposa dans son lit. Il l'installa confortablement.

Rogue : Dors bien ma belle...

Il ne put s'en empêcher. Il l'embrassa sur le front. Une fois cela fait il se redressa, se retourna et partit.

Mais dans son sommeil, Amber se retourna et murmura :

Amber : Severus...

Bạn đang đọc truyện trên: AzTruyen.Top