Janvier 2009

Coucou ! Ici Drac', qui vole l'antenne le temps de deux OS ! Il fallait bien que je donne un coup de main, et ça a été super de faire ces textes ! Bonne lecture !

Janvier 2009

-Pourriez-vous déplacer cette boîte de médicaments ? Je manque de main d'oeuvre…

C'est la première chose que Mori Ôgai dit à Fukuzawa Yukichi, le jour où ils se rencontrèrent pour la première fois. 

À ce moment de sa vie, l'argenté à 36 ans. Ses cheveux gris sont maintenant coupés un peu plus court, et l'éclat de ses yeux métalliques toujours aussi inexpressif. Il s'est habitué aux ténèbres de son quotidien, mais il sait qu'il pourra bientôt y échapper. Grâce à sa rencontre avec Natsume-sensei, il s'est fait des relations influentes, et grâce au jeune garçon effronté qu'il a recueilli, il a maintenant un projet : fonder une agence de détectives. Pour tous les enfants comme lui, qui n'ont pas eu le temps de vivre leur innocence, il veut fonder un endroit où ils seront enfin préservés du monde extérieur si cruel, et où ils pourront grandir pas à pas. Pour qu'enfin les détenteurs puissent accéder à cette "égalité" si précieuse que tous les hommes désirent. Mais pour l'instant, son problème est ailleurs.

Sans dire un mot, il contemple l'homme qui se tient assis devant lui. À cause de sa longue carrière d'assassin, il a plus l'impression de l'analyser. Cheveux noirs assez long, mais qui semblent avoir à peine repoussés, yeux mauves, peau très pâle, légères cernes au coin des yeux. Porte une blouse. Mince et assez petit, d'après ce qu'il peut en déduire en le voyant assis. Il semble plus jeune que lui, la trentaine ? Peut être un peu plus.

Il le regarde et lui sourit d'une manière un peu étrange. Le garde du corps soupir légèrement et s'exécute, en se disant qu'il est sûrement trop gringalet pour porter tous ces cartons seul. Il parvient mal à cacher sa contrariété, et il se demande ce qu'il fait là : pourquoi son maître lui a-t-il demandé de veiller sur un médecin manifestement malhonnête ? Il devrait être en train de fonder son agence, pas de jouer les déménageurs.

-Je ne suis plus garde du corps, je tiens à vous prévenir. Je vais fonder une agence de détective et prendre définitivement ma retraite.

-J'espère que vous n'avez pas trop perdu la main, tout de même.

En prononçant cette phrase, il rit légèrement, et même si l'autre sait que c'est une provocation, il se sent tout de même agacé. La cohabitation s'annonce rude.

Pendant la journée, il constate que malgré les apparences, cet homme est un talentueux médecin qui soigne tout le monde sans distinction, tout en laissant traîner une oreille indiscrète pour entendre toutes les rumeurs sur la pègre. Et pour couronner le tout, c'est un lolicon dont le pouvoir représente clairement son affection pour les petites filles. Un homme bien louche, se dit-il.

Mais au fil du temps, malgré lui, il commença à s'attacher à lui. Ou du moins, à éprouver un certain intérêt pour cet homme étrange qui l'intriguait. 

La suite se passe un soir. Un règlement de compte a mal tourné dans la ville, et Yukichi a assisté toute la journée à un déferlement de blessé tous plus amochés les uns que les autres. Encore un massacre perpétré par le vieux parrain de la Mafia portuaire, semble-t-il. Il avait apporté toute l'aide qu'il avait pu au médecin, mais sans qu'ils ne puissent rien y faire, la vie de plusieurs patients s'était éteinte. Et impossible pour le gris de ne pas avoir remarqué la lueur de haine qui avait brillé dans les yeux du brun à chaque nouvelles victimes. Comme si le parrain était un ennemi personnel. 

Le soir, donc. Le plus jeune tape quelque chose sur son ordinateur, dos au plus âgé assis dans un coin de la pièce qui le regarde sans dire un mot, perdu dans ces pensées. Il sait qu'il ne devrait pas rentrer trop tard, car il y a quelqu'un qui l'attend chez lui, mais il ne peut se résoudre à le laisser seul. Sans prononcer un mot, il regarde ses cheveux légèrement décoiffés, ses épaules étroites, son dos fin… Les images de la journée lui reviennent en mémoire, et puis soudain il comprend. Il comprend enfin pourquoi Natsume-sensei lui a demandé d'être son garde du corps. Il comprend que le docteur Mori et lui se ressemblent. Certes ils ont des différent et ne peuvent s'entendre sur certains points, mais leurs points communs sont indéniablement là. Même si il le cache, le brun possède le même sens des responsabilités que lui, et le même désir de protéger les choses qui lui sont chères. S'il a eu du mal avec lui au début, il comprends que c'était justement à cause de ça. Il l'a toujours renvoyé à ses mauvais côtés comme aux bons. Il a l'impression de comprendre enfin d'où vient son intérêt pour lui. Son maître avait-il tout prévu depuis le début ? C'est bien possible.

Alors, sans trop savoir pourquoi, Fukuzawa se lève lentement, s'approche de lui et le prends dans ces bras. Il veut juste lui dire qu'il n'est plus seul maintenant, et qu'il est près de lui.

Rintarô frémi légèrement à ce contact et ne bouge pas, surpris. Il n'est pas habitué à ce genre de marques d'affections, si bien qu'il met un moment à se rendre compte de ce qui se passe. Cela fait bien longtemps que plus personne ne l'a pris dans ces bras, si longtemps qu'il ne se souvient plus de la dernière fois que c'est arrivé. Peut être une lointaine sensation de son enfance : il se revoit tout jeune garçon, blotti dans les bras de sa mère. Une des rares étreintes qu'il avait reçu d'elle, avant qu'elle ne meure sous les coups de son mari.

Mais ce n'est pas désagréable. Les bras de son garde du corp sont forts et chaud, comme son corp contre son dos. Il se sent protégé, rassuré. Petit à petit, il fini par se détendre, et enfoui sa tête dans ses cheveux argentés, les joues rougies. L'autre ne bouge pas non plus, la tête posée sur son épaule. Il peut sentir sa chaleur, et il entend presque son coeur battre.

Ils restent un moment comme ça, puis, dans un souffle, le médecin murmure :

-Bonne anniversaire, Yukichi.

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