chapitre 5
Remus
Je voulais juste un café.
Un café honnête. Un café qui ne me juge pas, qui ne me trahit pas, qui ne me regarde pas mourir intérieurement.
Spoiler : il a eu la décence de mourir avant moi.
Charmant.
Je grogne, relance les systèmes, me prépare mentalement à... je sais pas, une attaque de stagiaires en costume trop grand.
Et évidemment :
Alerte intrusion - prioritaire.
- Oh vous m'apprenez quelque chose,
Je fais craquer ma nuque. Respire. Ouvre la console.

Je commence à taper une réponse pro, mature, digne.
Et PAF :

Je sursaute.
Genre vraiment.
Je fais un bruit pas humain, quelque part entre "glitch Discord" et "oie agressive".
- Pardon ??
Depuis quand les intrus répondent avant que j'accuse réception ? Qui fait ça ? Un hacker ou Karine de l'administration ?
Je m'éclaircis la gorge.


Je reste figé.
Observer.
Juste... observer.
- Génial. C'est pas un hacker, c'est un stalker philosophique. On adore.
Je tape rapidement essayant de garder mon calme


Mon cerveau : panique.
Ma bouche : sarcasme.
- Poétique, mystérieux, vaguement menaçant... Si c'est encore un étudiant en socio qui fait une expérience sociale, je hurle.
puis finis par taper :


- NON. JE SAIS PAS.
Je sais ce que j'ai mangé hier (des pâtes, encore).
Je sais que Regulus est stressé chroniquement.
Mais toi ? T'es qui, esprit de wifi ??
je répond avec toute mes connaisances en série policière :


Je cligne très lentement des yeux. Version "mon âme quitte mon corps mais gentiment".
- Super. On a Batman du wifi. Il me manque juste un batarang en PDF, et c'est bon.


Et là, mon cœur dit : oh non.
Littéralement oh non non non.
Ce ton-là, je le connais.
C'est le ton "je tient vraiment à quelqu'un".
Et ça... c'est dangereux.
- Fantastique. Il est mystérieux, intense, vaguement protecteur. Je suis foutu, je vais finir avec un crush sur un gars qui n'a même pas de profil LinkedIn.
je tape alors :




-WOAH.
On me fait du passif-agressif spirituel maintenant ??
C'est quoi la prochaine étape, un haïku menaçant ?


Et ça coupe.
Silence dans le bureau.
Juste moi, l'écran, et mes neurones qui tentent de reboot.
- Je déteste aimer ça.
Je passe une main sur mon visage, dramatique.
J'ai envie de crier, pleurer, rire, faire un exorcisme informatique... les quatre en même temps.
- Il manque juste une cape en fibre optique.
J'attrape mon téléphone d'une main tremblante (stress + café mort = tremblement niveau fin du monde) et je bombarde Regulus :
Réveille-toi.
On a un fantôme du web.
J'aime pas sa vibe dramatique.
Viens avant qu'il me fasse un monologue sur le destin.
Je range le tel, et souffle :
- Bon. Je vais refaire du café.
Avant que cette histoire me nomme protagoniste malgré moi.
Et je pars.
Digne.
Fort.
Enfin... je me prends la chaise sur le pied.
Je jure doucement.
Très classe.
Bạn đang đọc truyện trên: AzTruyen.Top