32. SMITH

Je lui envoie sans cesse des messages pendant ces deux semaines interminables, elle ne répond pas. Je l'appelle, elle ne répond pas non plus. La nuit, je rêve qu'elle est partie sans me dire au revoir. Putain, je sais pas ce qui m'a pris de prendre la chose trop à coeur. Je lui ai dit des choses horribles qui continuent à me pourrir l'existence. Pour moi, nous deux, c'est loin d'être fini. J'étais en colère et terriblement éméché. J'avais envie de frapper là où ça fait mal.

Aujourd'hui, c'est mon premier jour avec l'équipe de menuiser et d'électricien, qui sont là pour m'aider à réaliser une belle salle, pour redonner une âme à ce gymnase qui a bercé mon adolescence. J'aurai tellement aimé qu'elle soit là pour m'accompagner, mais elle n'est pas là. Non, elle ne sera jamais là, puisqu'elle part pour New York. Nous sommes mi-août et je sens que son départ n'est pas loin.

Alors que je confie les plans aux menuisiers avec Dare et Ivan, je la vois, qui m'observe, comme statufiée devant la salle. Je n'hésite pas un seul moment. Lucie comprend et se met à partir de l'autre sens.

— Je reviens. Dare prend le relais pour expliquer.

Il secoue la tête. Je me précipite vers la porte et sort dehors, elle n'est pas bien loin. Je la vois, qu marche de plus en plus vite, un sac sous le bras. Je m'approche d'elle à grands pas, et en deux-trois mouvements, je la rattrape. Doucement j'accroche son poignet avec ma main. Elle se retourne vers moi, toujours aussi belle, mais les traits légèrement tirés par la fatigue. Elle doit le voir, moi aussi, je suis fatigué de cette situation et de mon impulsivité.

Elle le voit, je le sais, pourtant elle choisit de fuir. Alors, commence une course poursuite sans chemins bien précis. Je garde mon souffle intacte et je cours après elle. Son sac est trop lourd, si bien qu'elle penche plus d'un côté de l'autre. Son dos souffre et elle court m'échapper. Bon dieu, j'ai vraiment merdé sur ce coup-là. Je m'en veux tellement.

Elle bifurque soudain dans une rue, où le monde se fait de plus en plus dense. Je la perds de vue pendant quelques secondes, puis je la retrouve qui passe dans une petite ruelle attenante. Je m'enfonce tête baissée, brutalement pris d'angoisse. Et s'il était là ? Et s'il me l'enlevait ? C'est le moment que j'aille le voir, une nouvelle fois.

J'entends son souffle saccadé. Mes yeux s'ouvrent sur elle, en mauvais état. Elle est assise, à terre. Son sac est près d'elle, toujours autour de son bras. Ne voulant pas la brusquer et me lancer dans une deuxième course poursuite, je m'approche doucement. Puis en silence, je m'assois près d'elle. Un silence s'abat entre nous. Un silence qui se veut réparateur mais aussi révélateur de notre souffrance commune.

— Je t'aime et je déteste le fait que tu n'y crois pas, elle souffle, fatiguée.

Je baisse la tête, la honte sur moi se découle sur chacun de mes membres et vient toucher mon âme. Mon âme, qui elle, n'a rien de demandé de tout ça.

— Mais tu as raison.

Je panique soudainement. En quoi ai-je raison ?

— Je n'avais pas à te mentir et à attendre autant de temps. La confiance est de base, tu l'as dit.

— J'ai dit ça, oui. Mais sache que j'ai dépassé les bornes et que je m'en veux terriblement. Je ne pourrai jamais retourner en arrière, sauf que je peux changer les événements à venir.

Elle tourne la tête vers moi, le regard triste.

— Je te pardonne pour avoir attendu si longtemps. Je comprends parfaitement que tu aies envie de partir à New York pour terminer tes études. Moi, je regrette parfois de ne pas en avoir fait, mais bon il est temps pour moi de me lancer avec mon projet. Je vais repasser mon AED la semaine prochaine à l'hôpital et je vais prendre ces cours sur internet.

Lucie ouvre la bouche, tentée de dire quelque chose, mais elle se tait.

— J'ai retrouvé le site. Je me suis inscris et je commence quand je veux. Le plus tôt sera le mieux, je ris. Apparemment, ils m'ont dit que j'en avais que pour quelques mois, et j'avais le job dans la poche. Après j'imprime le diplôme qu'ils m'envoient pas internet, je déclare. Ne t'inquiète pas, j'ai regardé plusieurs commentaires, et c'est un site reconnu par l'État Américain.

Toujours silencieuse, sa main se pose sur la mienne. Mes doigts viennent se glisser entre les siens. Je me sens revivre, mon coeur bat à nouveau.

— Je suis heureuse pour toi, elle me souffle. Mais, je n'ai pas terminé.

Je me tais, cela ne signifie rien de bon. Sa main serre plus fortement la mienne, comme un signe d'alerte. Nous tenons bon.

— J'ai l'impression que nous ne sommes pas prêts, elle lâche comme une bombe.

Comme je la vois prête à rajouter autre chose, je respecte ses paroles, même si elles me font mal. Je sais exactement l'issue qu'elles vont prendre, et pour une fois dans ma vie, j'ai envie de pleurer. Sentir les larmes sur mes joues, c'est une chose très rare. J'ai pleuré une fois quand mon père m'a salement amoché, puis j'ai pleuré pour ma mère. Maintenant, c'est le tour de Lucie. Je pleure pour elle.

Lorsqu'elle aperçoit mes larmes silencieuses, je vois ses yeux briller.

— Nous ne sommes pas prêts à être véritablement ensemble, elle commence. Je pense à tellement de choses ces temps-ci. D'abord mon erreur, puis ton message de rupture. (J'essaie de lui dire que je n'étais pas moi ce soir-là, mais elle est lancée, c'est trop tard) Ensuite, le fait de savoir que le couple que forme mes parents n'a jamais été stable, et que mon père a voulu divorcer avec ma mère à la mort de mon frère. Et finalement la mort d'Alban, qui trotte dans ma tête, et les messages de Victor. Tout va si mal depuis qu'on se connaît. Je ne me reconnais plus. Je n'en peux plus, elle soupire.

Je détourne le regard, de l'acide dans la bouche.

— Ce n'est pas ta faute, mais la mienne, elle brise.

J'assimile toutes ses paroles avec peine. Une bile me monte dans la gorge à l'idée que tous ces moments heureux, où je me sentais réellement vivant, prennent fin aussi vite.

— Je suis tellement désolée, Samuel. Mais tu as raison, c'est terminé.

C'est terminé...

Je ne retiens que ces mots. Ils trottent méchamment dans ma bouche, se collent à mon palais. Dans ma tête tout explose et les larmes redoublent, mais je n'émets aucun son. J'ai appris à pleurer silencieusement, aussi. Je suis même doué. Lucie pose sa tête sur mon épaule, sonnant l'heure de la défaite. Puis, brutalement, je redeviens enfant. Je redeviens l'enfant qu'on abandonne, que personne n'aime. Mon coeur devient plus faible.

C'est comme-ci un inconnu parlait pour moi.

— Alors, tu me laisse tomber ? Tu avais promis de ne pas m'abandonner.

La plaie qu'a dessiné mon père dans mon coeur, s'ouvre à nouveau.

— Je ne t'abandonnerai jamais, Samuel. C'est promis.

Alors, pourquoi tu me quittes ?

— C'est promis, elle répète. Je fais ça pour nous, Samuel. Tu te souviens quand je t'ai dit que tu avais besoin de guérir le petit garçon qui sommeille en toi et qui a mal ? Tu te souviens quand je t'ai dit que je devais soigner la jeune femme qui souffre à l'intérieur de moi ?

Je secoue la tête, soudain dénué de paroles.

— Partir à New York, reprendre mes études, va me permettre de reprendre ma vie en main. Toi, cette rénovation, ce nouveau boulot, va te renforcer, va t'ouvrir au monde, encore plus.

Je bois ses paroles.

— J'ai confiance en nous. Nous y arriverons. Il nous faut seulement du temps, elle murmure. J'ai mal moi aussi, terriblement mal. J'ai longuement réfléchis pendant ces deux semaines, et je suis prête à passer pour la méchante, si c'est pour nous sauver.

Moi aussi, j'ai longuement réfléchis, et je ne peux pas vivre sans elle. Mais, s'il faut que je la laisse partir pour qu'elle aille mieux, alors je le ferais.

— Samuel ?

Je tourne la tête vers elle. Elle m'embrasse au coin des lèvres. Cette fois, c'est vrai, c'est fini. Je ne suis plus son petit-ami et elle n'est plus ma petite-amie. Mais elle restera toujours la femme de ma vie. Mon ancre et ma terre ferme.

— Tu sais que nous deux, c'est pour toujours ?

— Oui, pour toujours.

Je répète ces doux mots comme un mantra. En fin de compte, elle a sûrement raison de me quitter. Une fois qu'elle saura toute la vérité, qu'elle saura le compromis que je vais passer avec ces monstres qui la terrorisent, et qu'elle saura les crimes que j'ai commis, elle me détestera. Je sens déjà que j'ai pas mal de personne sur ma liste noire, à commencer par Victor et ses chiens-chiens. Ils sont en premières positions et je me ferais une joie de voir la vie quitter leur regard.

Oui, elle me détestera d'avoir ôté la vie à des hommes. Des hommes cruels.

— Je te demande pardon, elle me chuchote au creux de l'oreille.

Comme un déclic au coin de ma tête, mon coeur se refroidit. Je reprends le contrôle. Ma voix n'est plus aussi faible que tout à l'heure. Maintenant, je n'ai plus qu'un objectif, celui de tout faire pour la protéger de ce monde remplit de noirceur. Elle a déjà bien trop trempé dedans. Et je commence, par accepter la mission qu'ils vont m'attribuer, quelque soit la tâche.

— Et moi, je suis désolé que ça n'ait pas marché.

Le regard qu'elle me lance est plein de culpabilité et de tristesse. Je secoue la tête pour chasser toute douleur, puis je me lève. Aussitôt, je lui tends ma main qu'elle prend de suite. Je l'aide à porter son sac et à trouver un taxi. Je paye même la course, lorsqu'il s'arrête sur le trottoir. Alors que je m'apprête à partir, le coeur enfermé à double tour, Lucie pose sa délicate main autour de mon biceps. Je ressens un plein de frisson.

— Ne te mure pas, s'il te plaît.

Je me retourne vers elle, et prend délicatement son visage entre mes mains. Ça nous détruit autant l'un que l'autre, mais je sens que c'est mieux que ça s'arrête maintenant. Comme elle l'a si bien dit, il nous faut du temps.

— Ne m'en veux pas, Lucie, mais je ne t'accompagnerai pas à l'aéroport. C'est trop dur, je bafouille.

Je dépose mes lèvres sur son front, pour un ultime baiser.

— On se reverra, elle me promet.

Puis, elle monte à l'intérieur du taxi. Je sens que je vais m'effondrer, mais je tiens bon. Tout se passera pour le mieux. Je reprends ma vie d'avant, mais en meilleure, avec un projet qui se concrétise chaque jour. En refermant nos souvenirs, je marche d'un pas déterminé. Ce n'est pas terminé, et ça ne sera jamais terminé. Elle et moi, c'est pour toujours. Il faut seulement du temps, et je promets de devenir encore meilleur. Il faut que je canalise toute cette colère et cette impulsivité.

Je cours jusqu'à la salle, pour y retrouver les gars en plein chantier. Il commence à imaginer les différentes salles, et les cloisons à construire.

— Smith ! m'interpelle, Ivan.

Un homme assez grand et jeune, se trouve à côté de lui. Il est habillé simplement, très sport, mais loin du genre des travailleurs que j'ai engagé avec les l'aide des jeunes, pour me construire ma future salle de sport. Il n'est pas non plus, un gars de la banque, parce que j'ai eu mon rendez-vous la semaine prochaine, pour retirer une certaine somme d'argent. D'ailleurs, j'ai presque vidé mon compte en banque.

Les combats payaient bien, mais maintenant, je n'ai plus le temps de me reposer sur mon confort. C'est le vrai monde du travail, et je dois avouer aimer faire ça.

Je m'approche vers eux, un air professionnel sur le visage. Mais mes traits se détendent instantanément, lorsque j'aperçois des traits familier entre l'homme et Ivan. Soudain, je me souviens d'une conversation entre lui et moi, au sujet de son cousin, qui cherchait une salle de sport.

— Je te présente mon cousin, Alexandre.

Dans le mille.

Il me présente sa main, je réponds, un sourire aimable sur le visage. Celui-ci me sourit en retour, enthousiaste, je dirais. J'aime ça.

— J'adore le projet de remettre sur pied cette ancienne salle de sport. Ivan m'en a parlé, il y a quelques jours. J'ai vu que ça lui tenait à coeur. En plus, je recherche une salle de sport pour exercer la fitness, mon sport. Après plusieurs refus en Californie, je m'en remet à l'Arizona, il blablate, sérieux.

Je jette un coup d'œil à Ivan, qui lui aussi, dégage un sérieux sans faille.

— Ivan t'a sûrement expliqué, ou non, que je voulais réaliser deux salles pour l'instant. Je veux également restaurer le bureau de Jim, l'ancien propriétaire des lieux, je commence. Il y aurait donc un coin spécialisé en musculation et en boxe. Puis, un autre qui privilégierait la partie cardio, les activités bien physique. Par exemple, ton fitness, j'évoque simplement. Et puis, bien sûr, la partie accueil, sur le petit cul de sac, là-bas sur le côté. Donc, il faut que la porte change. On l'avait mis sur le plan ?

Ivan hausse les épaules. Je lève les yeux ciel, mettant cette information importante dans un coin de ma tête.

— Alors, si tu le souhaites, tu es le bienvenu. Ces jeunes m'ont aidé à faire mon choix et je dois avouer que leur idée de choix multiple dans cette salle, m'a charmé. Même s'il en a fallu du temps, je plaisante.

Ivan rit et son cousin le suit.

— Je dois dire, avant tout engagement de ta part, qu'il se pourrait que les premiers mois après l'ouverture, le salaire ne soit pas à la hauteur de tes attentes et de ton travail.

Alexandre balance mes paroles d'un coup de main. Il m'explique qu'il attend un job sérieux depuis plus de cinq ans, alors la question d'argent ne se pose pas trop chez lui. Pour l'instant, du moment qu'il travaille et qu'il a une raison suffisante pour se lever chaque matin, il ne se fera pas exigeant. Aussitôt, je me mets à apprécier ce gars.

— Je sais me servir de mes mains, alors si vous avez besoin d'une personne en plus, je suis dispo. Je te note mes coordonnées ? me demande Alexandre. Je sais bien que tu les as Ivan, mais bon.

Je fouille dans les poches de mon bermuda, pour en sortir un bout de papier. Il s'agit de la moitié de la feuille sur laquelle j'avais écris mon mot pour Lucie. Je me souviens, j'étais tellement excité et heureux ce matin là. Mais il a fallu qu'une malheureusement réponse de son université à des milliers de kilomètres d'ici, ne gâche tout.

En secouant la tête, je lui tends le bout de papier. Alexandre attrape un crayon que lui donne gentiment Ivan. Puis, il note sur numéro de téléphone avec son prénom, au cas où. Après avoir échangé quelques mots avec son cousin, il me salue poliment et sort d'ici en sifflotant.

— Je te remercie Ivan. Tout se concrétise et j'ai l'impression de vivre un rêve éveillé, je lui confesse.

Oui, je vis un rêve éveillé, même si ma situation est bancale. Mais je n'ai plus envie d'y penser. J'ai vraiment envie de voir le rendu final, et me perdre entre mes entraînements et mon boulot de coach. J'ai hâte que tout commence. Je pense même à inscrire quelques uns de mes élèves aux tournois Américains de boxe. Il se passe tous les trois/quatre ans dans différents états de l'Amérique. Il arrive même que les participants se rendent pour des combats exclusifs au Brésil ou encore au Mexique.

— Pas de quoi, coach !

Je grimace pendant qu'il m'envoie un coup dans l'épaule. Coach, ce mot me semble réservé au mec baraqué et qui a la quarantaine passée. Cela dit, ça me plaît.

— Bon, je vais me mettre au boulot, moi ! Il me semble qu'il y a beaucoup de meubles à créer pour le matériel. Si tu veux, avec les gars, on pourra jeter un coup d'oeil sur internet pour les différentes machines de musculation. Et même pour un ring. On pourra cotiser avec toi.

Ce gars est mon futur petit poulain. Il me plaît vraiment bien. Toujours disponible, il me fait penser à Lucie avec son côté Altruiste.

— Ouais ouais, mais mollo ! je précise. Bon je vous laisse, je pense que je vais commencer aujourd'hui, pour le site qui m'aidera à devenir un bon coach sportif. D'ailleurs, j'ai repéré le numéro d'un ancien coach sportif spécialisé en boxe, très connu et répertorié dans le monde des sports de combats. Je pense aller prendre des cours avec lui.

Une lueur admirative brille dans les yeux d'Ivan, qui me considère, une joie contagieuse sur le visage. Je lui souris avant de me sauver. Une fois dans mon appartement, j'allume mon PC et prenant mon courage à deux mains, je télécharge le dossier qu'on me propose pour ma formation. Ensuite, je l'attrape pour le glisser sur le bureau de mon ordinateur.

Je feuillette les différentes séances qui sont présentées. En haut de chaque page, il est marqué en combien de temps je dois assimiler toutes les informations qui y sont inscrites. Il y est même mis combien de page, je dois parcourir en une journée. Un planning est décerné avec.

Je passe au moins deux heures à regarder et à retenir ma première rubrique, qui s'adonne aux règles de sécurité. Je finis par m'accorder une petit pause verre d'eau et télévision. Encore un match de boxe, où j'observe chacune des techniques, des frappes au sol et au corps.

Il est deux heure de l'après midi, quand je me décide enfin à avaler quelque chose, bien que mon estomac refuse la moindre nourriture. Je n'ai pas faim. Ça m'agace en plus haut point. Je meurs d'envie de la contacter pour lui demander si j'ai rêvé tout ça, pour lui demander de me certifier que nous sommes toujours ensemble. Mais je me force à rejeter mon téléphone portable loin de moi. Tout est vrai. Nous ne sommes plus ensemble, mais notre lien reste intacte.

Après une petite sieste d'une heure, je me remets à mes règles de sécurité, que je connais bientôt par coeur. A la télévision, on me dit qu'il est déjà cinq heure. Je soupire, en me frottant les yeux. En voyant le numéro de l'ancien coach sportif spécialisé en boxe française, je me promets de l'appeler très bientôt pour qu'il m'apprenne les bases du métier et de la boxe.

Je ferme aussitôt mon ordinateur, avant d'envahir mon appartement de musique. Je monte le son à fond, me foutant complètement de l'avis de mes voisins. Ils viendront sonner ou alors, ils enverront les flics. Bon, j'espère que ça n'ira pas jusqu'à là. Parce que la dernière fois qu'on m'a vu dans un commissariat, j'étais mineur et j'avais piqué une moto avec mes potes. Donc, c'est pas le moment de me faire embarquer.

J'entreprends quelques exercices de gainage, suivit de très près par des séries de cinquante pompes. Je dois en faire dix. A présent en sueur, je passe par ma porte fenêtre pour fumer une petite cigarette sur mon balcon.

J'avais oublié, mais il faut aussi que je trouve un autre appartement, de préférence plus proche de ma salle de sport. Mais bon, l'habitation c'est pour plus tard. Quand les choses se seront stabilisées et que mes caisses seront renflouées.

Vers dix-neuf heure, Lucas m'appelle pour prendre un verre avec lui, ce que j'accepte immédiatement. Je commande une limonade et lui, un bon Whisky. Je lui avoue ma situation avec Lucie, à laquelle il répond qu'il est sincèrement désolé pour moi. Je grimace et boit une gorgée pour ne pas perdre la face. Je suis surpris, parce qu'il dit avoir eu des nouvelles de Léna. En bref, il s'en fout. Il a même supprimer son numéro après ce message.

Il me désespère, mais d'un côté, je le comprends maintenant. Je vois à quel point, la savoir loin de lui, doit lui faire mal. Atrocement mal. Alors, il fait ce qu'il sait faire. Il oublie. Il renferme les souvenirs et les jette.

Je lui dis vouloir rentrer, il est vingt-heure trente. Il m'invite à passer une super soirée en boîte, mais je décline. Je préfère le laisser seul avec Julia, parce que je ne suis pas vraiment du genre à tenir la chandelle, surtout depuis ma rupture avec Lucie.

Je rentre crevé chez moi, si bien que je ne mange pas. Tout de suite, je prélasse mon corps sous une douche chaude, puis je m'écroule dans mon canapé devant la télévision. Brutalement, des souvenirs de moi et Lucie faisant l'amour sur mon canapé, m'assaillent. Je les fais taire en allant fumer une deuxième cigarette sur mon balcon. Puis, comme il commence à faire frais, je rentre pour finalement m'endormir comme une masse dans mon salon.

C'est mon portable qui finit par me réveiller à minuit pile. Je regarde, c'est Lucie. Mon coeur se met à battre comme s'il s'était figé depuis notre échange.

LUCIE : Je pars dans trois jours. Je sais que tu ne m'accompagneras pas à l'aéroport, mais je tenais à te le dire. Je ne veux pas qu'on devienne des étrangers. On peut parler par textos ou s'appeler de temps en temps, OK ?

Je lui réponds simplement OK, tout en sachant que redevenir amis après tant de moments intenses et intimes, c'est impossible. Soit on s'aime, soit on se déteste. Sur cette pensée, je sombre vers des horizons purificateurs et surtout, loin de toutes mes souffrances.

*******************

Coucou !!! J'espère que vous allez bien ?? (Je sais bien que vous me détestez, mais s'il vous plaît, vous n'avez pas encore vu et lu le tome 4, l'ultime de cette histoire entre nos deux tourtereaux...)

Le chapitre vous a t-il plu ? Révolté encore une fois ? Peiné ? Dîtes-moi tout ! J'attends vos impressions avec impatience.

Gros bisous <3

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