5. Downpour

« Allez debout ! » s’exclama Jeonghan.

Il attrapa la main de Seungcheol et le força à se lever. Il augmenta le son de la radio de Seungcheol et se mit à sauter en cercle, entrainant l’autre garçon avec lui.

« Chante avec moi ! » il reprit en même temps que les chanteuses, tentant maladroitement d’atteindre les mêmes notes qu’elles. Il savait que c’était l’un des groupes préférés de Seungcheol et que rien ne le remettrait de bonne humeur aussi bien que chanter à tue-tête.

Alors celui-ci se joint aux festivités, entrainé par les mouvements de Jeonghan.

Ils sautèrent à travers toute la pièce tout en hurlant les paroles jusqu’à ce que leurs bustes se rencontrent un peu trop fort et que pour éviter de tomber Seungcheol attrape fermement Jeonghan à la taille.

Tout essoufflé, ce dernier fit un petit rire satisfait.

« Tu souris enfin… »

Seungcheol répondit simplement en embrassant Jeonghan.

Il décolla doucement ses lèvres des siennes et toucha la pointe de son nez avec la sienne.

« Merci, Jeonghan.

- Je t’aime. » il l’embrassa encore.

« Je t’aime aussi. »

Il le prit dans ses bras et le fit reculer jusqu’à ce qu’ils tombent tous les deux sur le lit de Seungcheol. Les coussins multicolores et les quelques peluches qu’il avait prit de chez lui tombèrent au sol et Jeonghan gloussa.

Seungcheol dégagea son visage des quelques mèches de cheveux qui l’empêchaient de voir son petit-ami.

« Restons comme ça un moment, hm ?

- Ok. » sourit Jeonghan. Seungcheol observa avec attention ses yeux se plisser et ses joues rougir par l'effort précédent.

En cet instant, il n’y avait nulle part d’autre où il aurait préféré être.

*

Jeonghan n’avait pas prévu de sortir ce soir. Cependant, quand il vit le message de Marc, il commença à se préparer un peu comme s’il était en mode autopilote. Il mit des vêtements qu’il n’avait pas porté depuis un moment. Une chemise noire effet satin et un jeans de la même couleur couplés à une paire de basket que très peu de fois portée.

Il retrouva ses trois collègues à l’entrée d’un karaoké. Il leur raconta ses quelques premiers jours de travail à l’hôpital (en prenant bien soin d’omettre son ex-mari) puis ils prirent place dans la pièce qu’ils avaient réservée.

Ils chantèrent d’abord des chansons populaires et joyeuses puis Jeonghan choisit quelques unes tout aussi entrainante mais aux paroles bien tristes. Ils se tournèrent ensuite vers les classiques de la K-pop. Jeonghan qui avait à ce moment-là siroté plusieurs bières à la fraise, était bien pompette ; il attrapa Marc et se mit à sauter en cercle ; celui-ci prit rapidement la main et joignit Jeonghan. Quand la chanson prit fin, ils retournèrent s’assoir et ce sont les deux autres qui partir s’égosiller.

Marc tendit une bouteille d’eau à Jeonghan qui la prit docilement. Il la cala sur ses genoux et posa sa tête sur l’épaule de Marc qui se tendit, n’osant pas croire ce qu’il se passait.

« Merci d’avoir chanté avec moi. » dit Jeonghan et Marc lui fit un petit sourire. « Je crois que j’ai trop bu. Tu veux bien me raccompagner chez moi ? »

Il baissa les yeux vers Jeonghan. Ceux emplis de larmes de celui-ci lui brisèrent le cœur.

« Bien sûr. On va dire au revoir, d’accord ? »

Un quart d’heure plus tard, ils marchaient calmement en direction de la voiture de Marc.

« Tic toc tic toc… » chantonnait Jeonghan en levant les yeux vers les buildings « mes yeux se tournent toujours vers toi… » son épaule rencontra celle de Marc et il sembla se rappeler de la présence de celui-ci.

« Tu aimes beaucoup cette chanson, non ?

- Seungcheol l’adorait. » répondit Jeonghan en montant dans la voiture.

Marc se contenta d’hocher la tête, ne sachant quoi répondre à cela.

Ils restèrent silencieux tout le long du trajet, Jeonghan chantonnant de temps à autres.

Arrivés devant l’immeuble de Jeonghan et le vent arrêtant enfin de frapper leurs visages, Marc se rendit compte que Jeonghan pleurait. Effaré, il ne put que murmurer le nom de celui-ci.

« Me regardes pas… » geignit-il « J’ai l’air pathétique !

- Tu as surtout l’air très triste… Qu’est-ce qui ne vas pas ?

- C’est la faute de Seungcheol ! Il est si froid avec moi et—et c’est pas normal ! Il a jamais été comme ça avant… » il renifla. « Pourquoi on peut pas être ami ?! »

Marc dégagea le visage de Jeonghan et lui sourit.

« Il ne se rend pas compte de ce qu’il perd. Je ne comprends même pas qu’on puisse te quitter. » confia-t-il en rougissant.

Jeonghan ferma les yeux.

Il en profita pour admirer son profile.

« Jeonghan…

- Je dois rentrer chez moi. » constata Jeonghan en défaisant sa ceinture de sécurité.

« Jeonghan, attend—

- Merci pour tout, Marc. » dit-il en lui déposant un baiser sur la joue.
Marc fut si surpris par le geste qu’il resta un moment figé. Il ne revint à lui-même que quand il se rendit compte que Jeonghan se dirigeait rapidement vers l’entrée de son bâtiment résidentiel.

Il ne pouvait pas le laisser seul dans cet état là !

Il sortit rapidement de la voiture et eut tout juste le temps d’attraper la porte avant qu’elle se verrouille. Il entendit le bruit de l’ascenseur se refermer et jura ; quel était le numéro de la porte de Jeonghan déjà ?

*

Après que Wonwoo ait raccroché avec Jeonghan, sa journée se passa sans problème. Il emmena Nawon à l’école puis se rendit au travail. Il enseigna à des étudiants particulièrement réceptifs (ce qui était rare à neuf heures du matin) et rentra pile à l’heure pour retrouver son mari, leur fille et un repas tout chaud. Il partit se coucher relativement tôt, profitant d’une séance de câlin avec Mingyu avant de s’endormir.

Tout se passa comme à l’accoutumé jusqu’à deux heures du matin.
Son téléphone se mit à sonner, éclairement la chambre d’une forte lumière blanche effroyable. Il songea à rejeter l’appelle mais se dit que ce n’était peut-être pas une bonne idée quand il lu le nom de Jeonghan. Il dû s’y prendre à deux fois avant de réussir à décrocher.

« Hey, hyung ? Qu—

- T’y crois toi ? Ce bâtard ! »

Wonwoo se rendit immédiatement compte de deux choses. La première : Jeonghan était bourré. La seconde : Il était en colère. Il en conclu donc que le bâtard était Seungcheol.

« Tu es chez toi ? » demanda-t-il juste au cas où il devait commencer à s’habiller pour chercher son ami quelque part en ville.

« Ouaip ! » il eut un bruit de choc et Jeonghan ricana « J’ai cogné le repas.

- Celui que tu devais emmener à Seungcheol ? » Mingyu s’agita à côté de lui et il décida donc de se lever pour s’assoir dans le salon.

« Il m’a ignoré toute la journée… » renifla Jeonghan. Wonwoo n’eut aucun mal à l’imaginer assis parterre, l’air miséreux (il n’était pas loin de la vérité). « Je me suis levé aux aurores pour lui faire à manger et il ne me regarde même pas une fois de toute la putain de journée ! C’est pas juste…

- Jeonghan…

- Je veux juste qu’on redevienne comme avant… Je veux retrouver mon ami. »

Si Wonwoo était au début agacé (Jeonghan n’était pas le premier de leur groupe d’amis à l’appeler au milieu de la nuit complétement bourré), il était maintenant très en colère. Pas contre Jeonghan, bien sûr (jamais contre Jeonghan) mais Seungcheol. Cet enfoiré lui avait dit quinze millions de fois que son ex-mari lui manquait et dès que celui-ci faisait le premier pas, il se refermait comme une huître ?! Si Seungcheol était dans la même pièce que Wonwoo, il lui aurait sauté dessus pour lui casser la figure.

Un reniflement plus sonore le ramena à sa discussion.

« Jeonghan, écoute… Tout ça n’a été facile pour aucun de vous deux. Peut-être qu’il est encore choqué de te revoir. Comme toi tu l’étais il y a quelques jours. Tu veux que je lui parle ?

- Non ! Surtout pas ! Je… »

On sonna à la porte de Jeonghan qui se leva pour répondre. Wonwoo entendit la porte se déverrouiller puis quelques paroles étouffées et il fut enfin inclus dans la conversation.

« Allô ? » dit quelqu’un dont il ne reconnut pas la voix.

« C’est qui ?

- Je suis le collègue de Jeonghan, Marc. On était à un karaoké et…

- Il y avait des bières à la fraise ?

- Heu oui, tout à fait. Comment vous avez devi—

- Rendez-moi un grand service, Marc. Mettez-le rapidement au lit, il va s’effondrer dans pas longtemps. Ensuite, vous sortirez directement. Et si j’apprends que vous lui avez fait quelque chose, je vous retrouve et vous émascule. Je suis très sérieux.

- Oui, oui Monsieur.

- Bien. Au revoir. »

Il jeta un coup d’œil à l’horloge ; trois heures du matin. C’était une heure raisonnable pour passer un coup de fil.

L’imaginaire commun veut que les femmes soient de vraies colporteuses de rumeurs, de potins et de secrets ; la vérité c’est que les hommes sont mille fois pires.

« Allô, Seungkwan.

- Il est trois heures du mat’, Jeon. Qu’est-ce qui te prend ?!

- Il me prend que Seungcheol est un connard.

- … Quoi ? »

Seungkwan avait comme projet de rassembler tous ses amis de lycée à la fin de l’année pour une grande fête de retrouvaille et pour l’instant trois personnes n’avaient pas encore reçu d’invitation : Junhui, Seungcheol et Jeonghan. Bien que Seungcheol était au courant pour la fête (il ne pouvait pas laisser son meilleur-ami dans l’ignorance ainsi !), Seungkwan était hésitant à l’inclure à cause de Jeonghan. Il avait peur que les deux soient mal à l’aise de la présence de l’autre. Il voulait que tout se passe bien pour tout le monde !

« Qu’est-ce qu’il a fait ? »

Wonwoo lui raconta tout. Au final, tout ce que Seungkwan put répondre fut un long soupir agacé.

« J’ai une interview demain puis une rencontre avec des fans… je vais quand-même pas l’appeler maintenant ?

- Bien sûr que si. Il ne mérite pas autant de considération.

- Wonwoo… » Malgré la grande diplomatie de Wonwoo, Seungkwan savait à que sa fidélité était toute à Jeonghan ; après tout, il ne serait pas avec l’homme de sa vie si le châtain ne s’était pas mêlé de sa vie amoureuse. « Bon, d’accord. Merci de m’avoir tout dit, je vais passer un coup de fil à Seungcheol.

- Maintenant, hein ?

- Oui oui... Bonne nuit, hyung. »

Il dû appeler deux fois pour que Seungcheol réponde. Il sonna tout aussi fatigué que toutes les fois où Seungkwan l’avait appelé ces derniers mois.

« Hé, Kwanie, un problème ?

- Ouais. Un petit oiseau m’a dit que tu as merdé.

- … De quoi tu parles. »

Seungkwan soupira. Il laissa tomber son carnet de paroles et partit dans la cuisine pour se faire du thé.

Il leva les yeux vers le plafond, priant brièvement dieu de lui donner la force pour toute cette situation.

« Rien de nouveau dans ta vie en ce moment ?

- Tu m’appelles à quatre heures du mat’ pour savoir ça ? Rien de particulier, non.

- Ah bon… Rien, vraiment ? Même pas quelque chose du genre : Mon ex-mari bosse avec moi pour une durée indéterminée ?! »

Seungcheol soupira profondément et Seungkwan se retint de hurler.

« Qui te l’a dit ?

- On s’en fiche ! Le plus important c’est que t’as merdé, mon gars !

- Hein ?

- Hier, Jeonghan s’est levé très tôt, tu sais pourquoi ? Pour préparer le déjeuner d’un médecin particulièrement ingrat et impoli qui lui clairement fait comprendre qu’il peut aller se faire voir ! »

Le silence qui lui répondit lui fit comprendre que Seungcheol était trop choqué pour parler.

« Il s’est démené, espérant recoller les morceaux et c’est comme par hasard ce jour-là que tu as oublié tout ce que tu m’as dit.

- Seungkwan… tout ce dont on a parlé, c’était en théorie. Je ne pensais qu’on se reverrait, lui et moi. »

Seungkwan soupira. Il n’aimait pas cette situation.

Il n’avait pas non plus aimé apprendre que deux de ses chers amis avaient soudainement décidé de divorcer sans explications. Il en avait pleuré, même.

« Seungcheol, tu te rappelles ce que tu m’as dit juste après que vous vous soyez fiancés ? » il n’attendit pas de réponse « Tu m’as dit que même si vous veniez à vous séparer, tu ferais tout pour qu’il reste au moins ton ami. Est-ce que tu ne le penses plus ?

- Non, je… » il s’éclaircit la gorge « Je le veux toujours.

- Alors, vas-y ; fonce. Tu as la parfaite occasion de le retrouver.

- Je sais ! Je sais… C’est juste que… j’ai peur. » avoua-t-il, la voix pleine de sentiment.

Seungkwan ignora sa propre vue troublée par les larmes.

« J’en ai marre que tu t’isoles. » confia-t-il « Je sais pourquoi tu fais ça et je t’en supplie. Dépêche-toi de réparer les torts ou je ne sais quoi pour qu’on puisse enfin te retrouver. Tu me manques.

- Tu me manques aussi, Kwanie. » il prit une profonde inspiration « OK. Je vais voir Jeonghan demain et m’excuser ! »

Seungkwan sourit.

« Parfait ! Je sais que ça va être dur mais je sais aussi que tu peux le faire !

- Merci.

- Pas de quoi. »

Ils rigolèrent aussi bien qu’on puisse le faire tout en étant en manque de sommeil.

« Je vais retourner me coucher, salut Hansol de ma part.

- Il rentre dans deux jours mais t’inquiètes pas, je n’oublierai pas ! »

Seungcheol rigola encore et Seungkwan sourit. Il était content que Wonwoo l’ait réveillé au milieu de la nuit, finalement…

Seungcheol se leva de bonne heure, arriva une demi-heure avant le début officiel de sa journée et attendit patiemment Jeonghan. Ne voyant pas celui-ci arriver, il se dit qu’il ne s’était pas réveillé à l’heure et qu’il aurait un peu de retard. Il avait commandé à manger pour eux deux -un vrai festin qu’ils ne pourraient jamais finir en une fois- histoire de se faire pardonner ; tout arriva rapidement. Puis il n’y pensa plus car ses rendez-vous s’enchaînaient. Il ne se rendit compte que Jeonghan n’était jamais arrivé qu’une fois qu’il put enfin rejoindre son bureau après un long moment à passer d’un patient à l’autre.

Il attendit jusqu’à ce qu’un collègue lui fasse remarquer qu’il pouvait rentrer chez lui.

Il se rendit donc à l’évidence, à une heure du matin, que Jeonghan ne viendrait pas. Et aussi qu’il l’avait beaucoup plus blessé qu’il ne le pensait.

Vous pensiez que j'allais encore pas poster hein >:)

Plus sérieusement, désolée pour l'absence. C'est pas facile en ce moment avec tout ce que j'ai à faire pour la fac.

Quoiqu'il en soit, j'espère que ce chapitre vous a plu !

A bientôt<3

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