Chapitre 44
Quand je rentre enfin dans l'appartement de Jayden, une odeur sucrée et gourmande m'envahit les narines, me donnant l'eau à la bouche. Je laisse tomber mon sac parterre avant de me diriger vers lui en silence. J'abats mes deux mains sur ses épaules ce qui le fait sursauter. Un petite rire m'échappe tandis qu'il me fusille du regard. Je l'embrasse furtivement sur la joue avant de déporter mon attention sur la gâteau qu'il est entrain de couper.
— Qu'avons-nous là ? questionné-je, espièglement, me léchant les babines d'avance.
— Haha ! Ça c'est une surprise.
J'enfouie ma tête dans son cou et dépose pleins de baisers sur sa peau douce. Il rigole puis m'attrape par la taille pour m'écarter de lui.
— Bien essayée, mais il m'en faudra plus pour me corrompre.
Un sourire en coin se dessine sur mon visage et j'hausse un sourcil de défi. Il pince les lèvres pour ne pas rire, ses yeux brillant de mille éclats. C'est fou comme il m'avait manqué.
— Ah oui ?
Je m'avance un peu, me mordillant la lèvres avec provocation. Alors que nos visages sont presque en contacte, j'enroule mes bras autour de sa nuque et le tire violemment contre moi, plaquant entièrement nos deux corps. Je vois son regard vacillé, son sourire faner et sa pomme d'Adam remonter difficilement. Il ne fait plus le malin!
— Belle, gémit-il la voix rauque. S'il te plait.
Je cède et me contente de lui voler un baiser avant de m'éloigner rapidement, pour aller m'installer à table. Je me retiens de rigoler quand je le vois reprendre sa respiration. J'étais à deux doigts de le faire craquer. Il finit de découper le gâteau puis m'apporte enfin le plat, dont il me serre une part. Je plisse les yeux et observe la part avec suspicion avant de lever les yeux vers Jayden.
— Tu n'essayerais pas de gagner la guerre culinaire France/Usa ?
Un sourire vient se glisser son visage et ses yeux s'illumine malicieusement.
— Ce que je préfère chez toi, c'est que tu réfléchis.
J'hausse les épaules pour garder bonne contenance alors que je sais que mes joues ont virées au rouge. En silence, je prends une bouchée que je déguste sous son œil attentif. Puis subitement, les saveurs assiège ma bouche et j'écarquille les yeux, surprise.
— Du Cheesecake ! je m'écrie, la bouche pleine.
Il éclate de rire, puis lentement se penche en avant pour passer son pousse sur ma lèvre inférieur.
— C'est qu'elle est perspicace en plus !
Je souris et avale, puis le complimente :
— Mais c'est vraiment délicieux ! Rien avoir avec l'horreur que j'ai préparée !
Il sourit.
— Je t'aime quand même. Même si tu es nulle en cuisine.
— Et est-ce que tu m'aimes aussi quand je pleure du nez lors de mes crises de larmes ?
Il se penche encore, me couvrant avec tendresse du regard, puis pardessus la table, m'embrasse.
— Je t'aime avec toutes tes qualités et tous tes mignons petits défauts.
Je souris et il se rassois. Je regarde sa langue passer sur ses lèvres, faisant disparaître le glaçage qui s'était déposé sur celle-ci.
Soudain, il écarquille les yeux puis s'exclame :
— Mais c'est que je suis doué ! Ce gâteau est délicieux !
Et alors, on éclate de rire simultanément. Puis la gâteau fini, on passe le reste de la soirée, emmitouflés sous un plaide, serrés l'un contre l'autre. Et parce que c'est toujours moi qui choisit, on regarde La Belle et la Bête pour la troisième fois.
Alors que je contemple avec les yeux émerveillés d'une enfant La Belle et la Bête se mettre à danser, je décolle ma tête de l'épaule de Jayden et me tourne vers lui, une question en tête.
— Pourquoi est-ce que tu me laisses choisir le film à chaque fois si tu détestes tant les Disney ?
Je vois sa bouche s'ouvrir puis se fermer, et ses joues s'empourprer jusqu'à la racine des cheveux.
— Jayden ! m'esclaffé-je. Ne me dis pas que tu... adore les Disney autant que moi ?
— Non ! s'empresse-t-il de crier, avec tant de virulence que mon hilarité augmente. C'est juste que... que ça...
Je le vois bégayer et je rigole. Ça ne lui ressemble tellement pas d'être gêné.
— Tu as menti ! piaillé-je, hilare. Tu aimes les histoires qui finissent bien !
Il pince les lèvres et grommelle :
— Pas du tout.
Je lui lance un petit regard moqueur. Je sais la vérité.
— Bon tout du moins au début, je détestais vraiment ! Puis à force, j'ai pris goût à ces petites histoires cruches, où tout fini en « happy end », concède-t-il en faisant la moue.
Je souris. C'est mignon.
— Ah oui ? Et laquelle tu préfères ?
Son regard dérive vers l'écran sur lequel La Bête montre à la Belle son père à travers un miroir magique.
— Tu crois vraiment que je t'aurais laissé mettre en boucle ce dessin animé si je ne l'aimais pas ?!
J'hausse un sourcil amusée et il ajoute :
— Ce dessin animé me fait un peu penser à notre histoire. Tu es Belle, et je suis la Bête. Je suis un monstre et malgré tout, tu arrives à trouver ce qu'il y a de plus infiniment beau chez moi. Tu arrives à m'aimer malgré toute cette laideur dont je peux faire preuve. Puis pour ton bonheur, je suis prêt à m'éloigner de toi même si ça me tue. Et enfin tu reviens et ton amour me transforme en prince, il me rend meilleur.
J'esquisse un sourire et l'embrasse.
— Tu es mon prince, murmuré-je contre ses lèvres.
Je sens ses lèvres s'étirer contre les miennes et j'ajoute avec malice :
— Mais la prochaine fois, essaie de réfléchir intelligemment et m'épargner tes plans foireux de bonheur à deux balle.
Son sourire se fane et il se passe la main dans les cheveux, embêté.
— Désolé. Je pensais vraiment bien faire. Mais je te jure que je ne pensais vraiment rien de ce que je disais. Je pensais juste que devais absolument te repousser avant que ton cœur soit définitivement et irrémédiablement brisé, parce que c'était inévitable à mes yeux. Je pensais vraiment qu'être méchant était le seul moyen de te tenir éloignée, connaissant ton caractère de mule.
Je lève les yeux au ciel.
— Eh bien, ne recommence plus jamais ou je te tue. Je veux qu'on la vive notre putain de belle histoire d'amour.
Je fronce les sourcils et reporte les yeux sur lui. Moi qui pensais lui arracher au moins un sourire, j'ai provoqué l'inverse. On dirait qu'il va pleurer, son regard perdu dans le vide. À quoi pense-t-il?
— L'histoire n'est pas finie. L'heure du "Et ils vécurent heureux..." n'a pas encore sonné.
Je m'écarte et le dévisage.
— Hein ?!
Son visage s'assombrit et il lâche :
— À la fin du film, La Belle choisit la Bête et non Gaston. Mais à la fin de notre histoire, Belle n'a pas choisi entre la Bête et Nils.
Je fronce les sourcils et affirme :
— Mais si! Je t'ai choisi, toi !
Il hausse un sourcil.
— Ton cœur, oui. Mais au yeux de tous, pour ton image, tu as décidée de sortir avec Nils.
Je soupire.
— Il n'y a pas que ça... Tu sais bien que ...
— Je sais quoi, Belle ?! Tu vas me dire que tu as besoin de temps pour ne pas le blesser ? Mais plus tu attendras et plus il souffrira ! Et tu as pensé à moi ? Tu crois que ça me plait de ne pas pouvoir te prendre dans mes bras en public ? De devoir me cacher pour te parler ? Mais tu sais ce qui est le pire ?! C'est quand il pose ses sales pattes sur toi !
Je lui prends la main et la presse doucement. Ses yeux sont tristes et soucieux et je dois me faire violence pour ne pas détourner le regard.
— Oui, et je t'en remercie. Je sais que tu souffres, mais je te demande juste quelques jours de plus, le temps de trouver le bon moment. C'est mon meilleur ami, il a toujours été là pour moi, je refuse de lui dire ça en coup de vent ou par message.
Il me fixe pendant plusieurs secondes avant soupirer, vaincu.
— Bien mais c'est tout. Et tu ne l'embrasse pas !
Je souris et me jette dans ses bras.
— Tu es le meilleur!
— Je sais, réplique-t-il avec un petit sourire taquin.
J'éclate de rire et lui vole un baiser sans protester. Il est temps qu'il le croie vraiment. Il mérite plus que le rôle de la Bête dans notre vie et se monde. Il doit se pardonner.
Je le salue puis m'empresse de rentrer chez moi avant que ma mère arrive. Je dois lui montrer mes notes du bac blanc, je suis sûr que ça lui remontera le moral. Depuis quelques temps, elle est d'une humeur encore plus massacrante qu'avant et j'en fais souvent les frais. Seulement, quand j'arrive dans la cuisine elle est déjà là, assise à table, fixant son café avec mélancolie. Je me racle la gorge et je lui tant timidement mes notes. Elle reprend soudain vie, dardant son regard glacial sur moi avant de m'arracher les copies des mains. Puis lentement, elle tourne des yeux hostile vers moi.
— C'est tout ?
J'en perds ma mâchoire. Je viens de lui ramener des dix-sept et des dis-huit sur vingt et qu'est-ce qu'elle trouve à dire ? "C'est tout ?!"
Je serre les poings, m'enfonçant les ongles dans la paume. Il faut que je garde mon sang froid. Mais c'est plus fort que moi, rapide et tranchante comme un poignard, je cingle :
— Oh, parce que toi, tu as fait mieux, peut-être ?
Je vois son regard vacillé un instant puis elle se reprend et elle se racle la gorge.
— Je n'aime pas la façon dont tu détournes la conversation. On parle de toi, pas de moi.
— Parce que j'aurais dû avoir quoi !? Ces notes sont super !
Elle me fusille du regard.
— Je n'élève pas une gamine depuis dix-sept ans pour qu'elle me ramène des notes « super », moi, je veux l'excellence.
Je secoue la tête, dégoûtée. Comment peut-elle dire ça ?
— Tu dis ça comme si j'étais un fardeau !
Lentement, elle se laisse choir contre le dossier de sa chaise, puis croise avec sérénité et élégance ses mains sur ses genoux. Puis elle pose sur moi un regard dénué de toute émotion et lâche froidement:
— Évidement. Qui aurait voulu élever une fille aussi capricieuse, survolté et fouineuse tout en étant célibataire?
Je la regarde, ébahis. Elle le dit avec tellement de calme et naturel que c'est encore pire que si elle l'avais crié. Ça veut dire que pour elle, il est évident que tout le monde me voit comme un fardeau. Elle soupire et recommence à boire son café, le petit doigt levé.
— Ne me regarde pas comme ça, Isabelle. Tu étais une enfant insupportable. Une vrai « madame-je-sais-tous » qui se croyait supérieur à tout le monde.
Je serre les dents et abats mes mains sur la table avant de me pencher vers elle, menaçante. Puis doucement, je force mes lèvres à s'étirer dans un sourire cruel. Je refuse qu'elle voit qu'elle m'a blessé.
— Il faut dire que j'avais de qui tenir, craché-je. Sauf qu'aujourd'hui, il ne reste plus que toi d'insupportable, pas étonnant que tu sois mariée à ton travail. Qui voudrais d'une femme aussi froide, hautaine et psychorigide ?
Elle serre les dents et me fusille du regard. Je lui retourne avec plaisirs, un sourire victorieux aux lèvres. J'ai réussis à percer son armure et à l'atteindre. Sans un mot de plus je tourne les talons et m'enferme dans ma chambre. On est début juin, plus que trois mois et je fêterais mes 18 ans. Je pourrais enfin partir loin d'elle.
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Hola Señoritas !🎶🎶💃🏽
Comment allez-vous?
Vous avez aimé le chapitre?
Un commentaire à faire? Un détail vous chiffonne? Vous avez aimé quelque chose en particulier?
Voyez-vous enfin plus claire à ce qui c'est passé entre Jayden et Belle? Vous pardonnez Jayden?
Et Rose? Un commentaire? Attention pas plus de trois insultes, c'est pour votre bien.XD
Je suis sûr que vous aimerez le prochain chapitre. Allez un indice! 😆 Si je vous dis "Gaston", vous pensez...?
-----Question du jour:-----
Que voulez tu faire quand tu étais petite?
Moi, je voulais devenir styliste. 😅😂Je me souviens que j'avais un carnet exprès pour dessiné des tenues sur des mannequins, ça s'appelait "Topmodel" ou quelque chose comme ça. J'étais pas trop mauvaise, hein, mais pas de quoi rivaliser avec Jean-Paul Gaultier. Quelqu'un connait?
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BISOUS PAILLETÉS MES BABY CHUPS! ❤️(ouais, c'est votre nouveau surnom)
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