Chapitre 14, s'il te plaît
PDV Danielle :
J'avais beau tourner en rond dans toutes les pièces de cette maison, Ajil n'était nulle part. C'est alors qu'en refaisant un tour dans le salon, celui-ci entra de la porte d'entrée. Je me précipitai vers lui.
- Tu étais où ? Je t'ai cherché partout Ajil !
- Bah maintenant tu m'as trouvé.
Un sourire moqueur apparut sur son visage.
- Pourquoi tu ne m'as pas dit que tu sortais ?
- Parce que maintenant tu t'intéresses à moi ?
- Du tout. Dis-je en secouant la tête.
- Mouais.
- Alors, où tu étais ?
Il mit quelques minutes à répondre :
- Je crois que cela ne te regarde pas.
- Pourquoi, tu caches des choses ?
- Non.
- Alors.
- Alors quoi ?
- Alors dis-moi !
Il souffla d'agacement. Je ne sais pas pourquoi ça m'intriguais de savoir où il était. En faite, plus je me rapprochais d'Ajil, et plus ce qu'il faisait m'intéressait.
Il monta dans sa chambre sans me répondre. Bizarre... trouvant son comportement étrange, je décidai de le suivre mais celui-ci s'enferma dans sa chambre.
- Putain mais tu veux quoi ?
S'écria-t-il derrière alors que je toquais comme une folle.
- Il faut que je te parle de quelque chose.
- Tout à l'heure.
- Non, tout de suite.
- Putain Danielle, t'es chiante !
- Je sais. Allez, ouvre-moi.
Il ouvrit brusquement la porte, me bloquant le passage. Seulement, je parvins à entrer.
- Bah vas-y, fais comme chez toi.
- C'est moi ou tu es bizarre aujourd'hui...?
- C'est toi.
Celui-ci me tourna le dos et se pencha par sa fenêtre.
- Tu fais la gueule ? Demandai-je en émettant un sourire en coin.
- Pff.
Je m'approchai de lui et entoura mes bras autour de sa taille, puis posai ma tête contre son dos. Il ne dit rien tandis que je souriais. Il sentait bon.
- Tu fais quoi là ? Me demanda-t-il sans se retourner.
- Je sais pas. Je t'embête. Dis-je en souriant.
- Ouais bah enlève tes bras.
- Qu'est-ce que tu as aujourd'hui ?
- Rien.
Je levai les yeux vers lui, sans pour autant le lâcher. Je vis dans son regard que quelque chose le contrariait. Mais quoi ?
C'est alors que je sentis quelque chose s'appuyer sur mon ventre. Je baissai la tête et toucha le bas de son dos. Il y avait quelque chose.
- Touche pas à ça. Me dit-il fermement.
- Mais c'est quoi ?
Il ne me répondit rien. Je continuai alors de toucher l'objet quand d'un coup, j'écarquillai les yeux ayant reconnu la forme que prenait cet "objet".
- Ajil, ne me dit pas que...
Je soulevai son tee-shirt et pris l'arme qui était caché derrière. Je le regardais paniquée, attendant une réponse. Seulement, je ne reçus rien de sa part.
- C'est quoi ce bordel ?! Dis-je effarée. T'as tué quelqu'un ?
- Et alors ? Se contenta-t-il de me répondre.
- Et alors ? Et alors c'est grave putain !
- Personne à part toi ne le saura de toute façon.
- Qu'est-ce que tu en sais que personne d'autre n'est au courant ?
Ajil s'approcha de moi et me reprit l'arme des mains.
- Je le sais parce qu'il est tombé à la mer, et qu'à cet heure-ci les requins doivent l'avoir bouffé.
- Qui "il" ?
- Ça te regarde pas.
Je me tapai le front. Non mais j'hallucine, le mec vient d'ôter la vie d'une personne et c'est à cette réaction que j'ai le droit de sa part ?
- Sérieux Ajil, t'es conscient de ce que tu as fais ?
- Mais c'est bon, si Serena est mort c'est parce qu'il l'a mérité.
- Mais attends, c'était ton ami non ?!
- Ouais, "c'était".
- Et c'est lui que t'as tué ??
Il haussa les épaules.
- Non mais putain, Ajil tu viens de te foutre dans la merde là...!
- Mais bordel, je comprends pas pourquoi tu es si inquiète comme ça puisque depuis tout à l'heure je te dis que je ne risque rien ! C'est bon je te dis. Personne d'autre ne le saura.
- Mouais, de toute façon ce ne sera pas mon problème si les flics viennent jusqu'à toi.
- Ils ne viendront pas. Bon sinon, qu'est-ce que tu voulais me dire ?
- Hein ?
- Tu as bien dit que tu voulais me parler non ?
Il rangea l'arme dans un coffret et le déposa en haut de son placard. C'est vrai ça, j'étais tellement tétanisée de savoir qu'il avait tué Serena que j'en avais oubliée la raison de ma venue...
- Ah oui c'est vrai, alors voilà : Sur le coup, j'ai vraiment besoin de ton aide, commençai-je.
- Pour ?
Et là, je dis d'un ton direct :
- Pour m'amener en Grenade.
Ses yeux s'écarquillèrent.
- Pardon ? Articula-t-il quelques minutes après.
- J'ai besoin de toi pour que tu me ramènes en Espagne. Il faut que j'aille voir quelqu'un. Mon frère. Il a besoin de me parler. D'après lui, ce serait urgent. Et tu es ma seule chance Ajil.
Il resta bloqué dans la même position, en choc total. En même temps, je lui ai demandé cela un peu directement, ce qui peut très bien expliquer le fait que cela le surprenne. De toute façon, j'aurais pris trop de temps à lui expliquer si je lui aurais fait tout le récit de ma lettre. Alors je devais direct en arriver aux faits, même si je me doutais très bien de sa réponse :
- C'est non.
Je lâchai un soupir désespérée. C'était certain qu'il allait refuser. Mais il fallait le convaincre.
- Ajil, je t'en prie, seulement une fois.
- Hors de question Danielle. Je t'emmènerai pas en Grenade tout ça pour que madame revoie son frère. Tu sais que c'est interdit de faire ça ?
- Je le sais et c'est pour ça que je te le demande à toi.
- Parce que quoi ? Tu pensais que j'allais direct accepter et te dire "Bien sûr Danielle ! Partons tout de suite même ! Je risque de me faire casser la gueule par mon père mais c'est pas grave !"
- Je savais que tu n'allais pas accepter dès le premier coup, mais j'ai quand même voulu essayer.
- Danielle, ne crois pas que tous les esclaves ont le droit de revoir leur famille, une fois qu'elles sont transférées en Edfou, c'est fini pour elles. Alors non, je ne t'amènerai pas.
- Je sais que tu ne veux pas parce que tu risques d'avoir des problèmes, mais je t'en supplie Ajil : Il faut que tu m'y amène. Mon grand frère m'attends là-bas : Si ça se trouve, il lui est arrivé quelque chose de grave !
- Ce n'est pas mon problème.
Je m'approchai de lui et lui prit la main.
- S'il te plaît.
- Non c'est mort.
- Ajil...
Je lui carressai sa main, tentant de voir si ça lui faisait effet. Il évita de croiser mon regard pour ne pas flancher. Je souris intérieurement. Je sentais qu'il avait envie de céder.
Je le tins par la taille et me mis sur la pointe des pieds pour atteindre son cou. Je fis de légers baisers sur celui-ci. Un sourire apparut sur son visage. Il aimait ça et moi, je n'étais plus qu'à ça pour obtenir ce que je veux.
- Danielle, je risque d'avoir de gros problèmes si je fais ça.
- Personne ne le saura, fais-moi confiance, répondis-je en restant appuyé contre le creux de son cou.
- Qu'est-ce que tu en sais ?
- On partira tôt le matin, et j'ai entendu dire que ton grand-père avait une réunion toute la journée le lendemain, donc il ne s'apercevera même pas de ton absence.
- Mouais... hésita-t-il encore.
- S'il te plaît, j'ai vraiment besoin que tu m'y amène.
Je le regardais et lui fis la moue. Des minutes passèrent alors, jusqu'à qu'il souffla désespérément et qu'il finit par me répondre :
- Ok.
Un immense sourire se dessina sur mes lèvres. Je le pris alors dans mes bras et m'exclamai-je d'une voix enfantin :
- Merci !
- À une condition...! M'arrêta-t-il dans ma joie.
Oh shit. Je me doutais fortement de cette réponse.
- Laquelle ? Demandai-je.
- On partira demain matin avant le lever du soleil et on restera une journée, pas plus. On reviendra ici demain dans l'après-midi.
Je lui répondis tout en le câlinant :
- C'est promis.
- Et je te promets Danielle que si je me fais cramer...
- Mais non, tu ne risques rien.
- T'en sais rien de ça.
- Tout comme toi tu ne sais pas si les flics viendront te chercher pour le meurtre que tu as commis.
- Pff, ça c'est autre chose bébé.
- T'as raison, c'est beaucoup plus pire que de te faire prendre par ton grand-père partir avec moi pour de simples petites vacances en Grenade...! Plaisantai-je.
- Humph.
- D'ailleurs, on partira comment ?
- Bah en jet.
- Ah oui c'est vrai, j'avais oublié un instant que j'avais à faire à un prince.
- Je t'emmerde Jackson.
- Je t'aime aussi bébé.
À ces mots, je partis de sa chambre tout en rigolant bêtement. Je le vis faire apparaître un sourire en coin avant de me retourner. Demain allait être une journée fantastique. Enfin en tout cas, c'est ce que j'espérais.
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