Chapitre 8 - Rapprochement
Les révélations de Naruto m'avaient plus affectées que je ne l'aurai voulu. Je n'avais pu me résoudre à regarder Kakashi dans les yeux de toute la soirée, évitant soigneusement son regard. Même si c'était loin d'être dans mes habitudes, je ne pouvais me résoudre à ressasser encore et encore les phrases du blond, qui tournaient en boucle dans ma tête.
Neh, (t/p). Kakashi Sensei t'apprécie vraiment, tu sais ?
Son regard. Son regard envers toi, il est... spécial.
Et par-dessus tout ma propre conclusion me revint, m'assénant le coup fatal. Je crois... Je crois bien qu'il me plaît lui aussi.
A l'évocation de cette pensée, je senti une vague de chaud se répandre sur mes joues, et m'empressait de secouer la tête pour chasser mes pensées qui divaguaient. Ce n'était ni le lieu ni le moment de repenser à cela.
- Tout va bien, (t/p) ? Questionna Kakashi.
Il avait en effet de quoi se questionner. Cela faisait plusieurs minutes que je tenais ma bouchée de poulet dans mes baguettes, le regard perdu dans le vide. En réalisant cela, je m'empressai de l'enfourner dans ma bouche, constatant avec amertume que cette dernière était déjà bien froide.
- Hm... Oui cha va. Fis-je en mâchant le bout de viande à toute vitesse, évitant de m'attarder plus sur mon état du moment.
- Tu es sûre ? Tu n'as pas dit un mot de tout le repas.
Face à sa remarque, je manquai d'avaler mon morceau de travers, mais me repris à temps. Quelques quintes m'échappèrent malgré tout, faisant larmoyer mes yeux.
- Je vais bien. J'étais juste perdue dans mes pensées, voilà tout, souris-je.
L'argenté me jeta un regard suspicieux, mais ne répliqua pas. Naruto, quant à lui, n'avait rien loupé de notre échange. Je voyais ses yeux bleus se diriger tour à tour entre moi et Kakashi, n'en perdant pas la moindre miette. Alors qu'il croisait mon regard, il vérifia soigneusement que son Sensei était de nouveau concentré sur son repas puis me fit une œillade malicieuse. Sceptique, je me mis à froncer les sourcils, me demandant ce qu'il était en train de planifier. Mes craintes étaient d'autant plus avérées que Naruto était loin d'être connu pour sa discrétion légendaire, et j'avais maintenant de quoi appréhender ses futures actions.
Constatant que la voie était libre du côté de l'Hatake, le petit blond se mit à pouffer doucement tout en me faisant un clin d'œil avant de reprendre et d'engloutir son repas comme si de rien n'était. Ce fut tellement rapide que j'aurais pu le rêver, mais la lueur d'espièglerie qui trônait encore dans les orbes bleus me confirmait bien ce que j'avais vu. Les agissements du plus jeune remplirent un peu plus ma coupe de profond malaise. J'eu toute la peine du monde à faire comme si de rien n'était, même si je me doutais que toute personne présente dans la pièce pouvait lire sans peine mon trouble que je m'efforçais pourtant de camoufler.
C'est ainsi que le repas s'acheva dans un drôle de silence, seulement ponctué par les bruits des baguettes contre la vaisselle et ceux du poste de télévision que nous avions laissé tourner en fond. Visiblement, il s'agissait d'un reportage sur une des plus grandes fermes du pays, abritant pas moins d'une centaine d'animaux en son sein tout en privilégiant leur bien-être. Un rapide coup d'œil sur les images affichées semblaient confirmer les propos des propriétaires, bien que je ne l'aie constaté que sur un rapide extrait.
Quelques minutes plus tard, je parvins à terminer mon bol, malgré la boule présente dans ma gorge qui ne semblait pas vouloir me quitter. Prenant appui sur mes mains, je me levai du sol où je m'étais agenouillée, puis me dirigeai vers la cuisine pour ranger mon assiette dans le lave-vaisselle.
- Tu nous laisses déjà ? Demanda Naruto, surpris par mon silence inhabituel.
- Oui, je suis juste... Un peu fatiguée ce soir, expliquai-je d'un ton mal assuré.
Conformément à ce que m'avait annoncé l'adolescent, j'avais eu l'occasion d'apercevoir à plusieurs reprises le regard spécial de Kakashi à mon encontre. Bien que je m'en trouvais flattée, j'étais cependant assez mal à l'aise, ne sachant comment interpréter cela ni comment me comporter. J'avais beaucoup trop chaud, et mon cœur s'affolait en permanence, me donnant l'impression de suffoquer. Tout ce que je voulais en l'instant présent, c'était de profiter de réfléchir tranquillement aux derniers événements en profitant de la fraîcheur estivale. Et pour cela, j'avais besoin de me retrouver seule avec moi-même.
C'est ainsi que je souhaitais une bonne soirée aux garçons, avant d'ouvrir la baie vitrée menant au jardin. Le jour tombait à peine, et le ciel arborait de superbes couleurs allant du rose au mauve foncé. Quelques silhouettes d'arbres, de couleur noires, se démarquaient parmi l'horizon. Les étoiles commençaient à être visibles, et il y en avait déjà une multitude. Elles parsemaient le ciel de centaines de petits amas brillants qui m'avaient toujours intriguée.
Je pris place sur un endroit un peu isolé, en contrebas du gazon. Je positionnai mes mains sous ma tête en guise d'oreiller, et profitai du spectacle qui s'offrit à moi en prenant une profonde inspiration. Quelques étoiles filantes passèrent, finissant leur course effrénée aussi rapidement qu'elles l'avaient commencée. Les grillons commençaient à entamer leurs chants nocturnes, me berçant dans leurs notes mélodieuses. L'odeur de l'herbe et des fleurs me parvint aux narines et m'incitèrent à fermer les yeux quelques instants, apaisée. Mais ce fut de courte durée. Rapidement, la cause de mon trouble me revint en tête.
Bon sang, que devais-je faire ? Il était évident que j'appréciais Kakashi, d'autant plus maintenant que je le connaissais encore mieux que je ne l'aurai jamais cru au cours de mon existence. En plus d'être irrésistible, c'était un homme intelligent, à l'écoute, avec qui je pouvais parler de tout. Il avait toujours le mot juste pour m'aider à aller mieux, même quand mon moral était au plus bas. Il était toujours là pour me soutenir, à n'importe quel moment de la journée, ou même de la nuit. Et il savait qu'il pouvait compter également sur moi de son côté. Par-dessus tout, j'avais même la sensation qu'il arrivait à lire en moi comme dans un livre ouvert. Or, peu de personnes, à part peut-être Lucy, pouvaient prétendre à cela.
Mes pensées se perdirent encore un peu plus. En un instant, je me rappelais la nuit précédant l'arrivée de Naruto dans notre monde. Une nuit que je n'étais pas prête d'oublier.
Cette nuit-là, assoiffée par la chaleur qui régnait dans ma chambre, j'étais descendue boire un verre d'eau dans la cuisine. Or, le seul chemin pour y accéder était de passer par le salon, qui était également l'endroit où dormait l'argenté. Je passai avec précaution à ses côtés, me dirigeant vers l'évier pour me servir un verre d'eau, dans la pénombre pour ne pas réveiller l'homme que je devinais assoupi en cette heure tardive. Après avoir englouti mon verre, j'entrepris de faire le chemin inverse à pas de loup. Jusqu'à ce qu'un éclat écarlate attire mon regard sur la route. Cet éclat, c'était le sharingan. Ce qui signifiait que Kakashi était encore éveillé.
Il se contentait de m'observer attentivement depuis le canapé, silencieux. Mal à l'aise et rougissante, je balançai mon poids d'une jambe à l'autre. Je réalisai soudainement la tenue que je portais, à savoir une simple nuisette noire assez courte et cela me fit encore plus monter le rouge aux joues. Il faut dire que j'étais loin d'avoir prévu d'être vue de la sorte, et surtout par l'homme qui se tenait devant moi. De longues secondes passèrent, avant que je me décide à prendre la parole dans un raclement de gorge.
- Tu ne dors pas ? Chuchotai-je d'une voix endormie.
C'était stupide de parler aussi doucement alors que nous n'étions que tous les deux dans la maison, mais je n'avais pas pu m'en empêcher. J'avais peur de briser l'atmosphère calme et paisible associée à l'obscurité de la nuit, synonyme de paix et de renouveau.
- Non... Insomnie. M'expliqua ce dernier en refixant le plafond, d'une voix faible et pensive.
Apparemment, Kakashi ne souhaitait pas s'exprimer plus fort lui non plus. Intriguée, j'observai le tableau devant moi. La tête de l'argenté était cachée dans l'obscurité, tandis que son torse était visible, éclairé par la lumière de la pleine lune qui filtrait à travers la grande baie vitrée. Je pouvais sans difficulté constater la présence de muscles saillants et d'abdominaux très bien dessinés qui en feraient pâlir plus d'un. Je m'humectais machinalement les lèvres avant de reporter fastidieusement mon attention sur les yeux hétérochromes pointés sur moi.
- Tu veux en parler ? Réussis-je à prononcer.
Kakashi ne répondit pas de suite, semblant peser le pour et le contre de ma proposition. Finalement, il poussa un long soupir. Sans se défaire de sa légère couverture, il se redressa sur le sofa, prenant appui sur le dossier.
- Tu ne vas rien apprendre de nouveau, mais je suis complètement perdu.
L'Hatake marqua un léger silence, avant de reprendre.
- Vois-tu, malgré ta compagnie loin d'être désagréable, je sens qu'il me manque quelque chose. Je ne sais pas comment l'expliquer... Mais je ne me sens pas à ma place ici.
Son compliment me réchauffa brièvement le cœur jusqu'à ce que j'intègre dans mon esprit ce qui perturbait le Sensei de l'équipe 7. Je m'approchai doucement, m'appuyant contre l'ouverture arrondie qui reliait la cuisine au salon, et je croisai les bras sur mon torse en proie à la réflexion.
- Que puis-je faire pour t'aider ? Questionnai-je.
- Rien, (t/p)... Je dois faire avec, voilà tout. Fit-il d'un ton résigné en détournant le regard.
Je pris quelques instants pour réfléchir de nouveau. Que Kakashi le veuille ou non, j'étais bien décidée à l'épauler. Mais comment ? Comment faire pour qu'il ne se sente pas à part ici, où pourtant il ne connaissait rien ni personne à peine quelques jours avant ? Comment lui remonter le moral, alors que je n'avais pas une seule bonne nouvelle à lui annoncer concernant notre avancée ? Il s'agissait là d'un défi compliqué. Mais c'est là que me vint une idée. Il s'agissait là d'une méthode que j'appliquais souvent avec ma meilleure amie Lucy, et réciproquement. Bien que simple, cette tactique avait déjà fait de nombreuses fois ses preuves, alors pourquoi ne pas l'essayer sur Kakashi ? Il fallait le tenter pour le savoir. Mes pas me menèrent automatiquement devant le canapé, où je m'arrêtais à une distance raisonnable de mon hôte. Je me mordis les joues, avant de prendre mon courage à deux mains.
- Lève-toi.
Je pu lire aisément de la confusion dans le regard hétérochrome de l'argenté, légèrement caché par quelques mèches de cheveux qui retombaient avec légèreté sur son visage.
- Hm... C'est que...
J'arquai un sourcil, surprise par sa gêne sur une demande aussi simple que celle que j'avais énoncée.
- Je... Je suis juste en caleçon, (t/p).
- Oh, je ne te pensais pas si pudique avec moi ! Plaisantai-je. Et bien dans ce cas-là, je me tourne pour que tu puisses te vêtir de manière décente, ris-je. Allez, magne-toi Kakash' ! Fis-je en lui donnant un léger coup sur son épaule nue.
Je pus lire la vision adorable de ce dernier rougir fortement malgré la faible luminosité juste avant que je me tourne. J'attendis quelques instants, avant que l'homme affirme qu'il avait terminé de s'habiller.
Lorsque je lui fis de nouveau face, je fus presque surprise de le trouver ainsi, juste vêtu d'un simple short en jean, plutôt saillant sur ses jambes musclées. Dans un tel accoutrement, j'avais l'impression que l'Hatake était plus grand. Beaucoup plus que d'habitude. Je pouvais sentir son odeur filtrer à travers sa peau pâle et qui perturbait encore plus mes idées déjà bien instables, en grande partie à cause de ce que je m'apprêtais à faire. Lorsque je relevai mon regard sur son visage, je me retins de peu d'hoqueter de surprise. J'avais l'impression de n'avoir jamais vu Kakashi aussi vulnérable. Ses traits étaient tiraillés par la fatigue et un mélange d'incompréhension et de tristesse. Et, parallèlement, une lueur indéchiffrable brûlait dans ses iris. Une lueur si intense que j'en eu la chair de poule. J'inspirai profondément pour revenir à moi, en priant pour que Kakashi ne remarque pas mon trouble qui grandissait à vue d'œil.
- Vois-tu, commençai-je, il existe une méthode simple qui permet tout de suite d'aller un peu mieux. Elle peut surprendre, mais je te garantis que ça fonctionne.
- Et de quoi il s'ag... ?
L'homme n'eut pas le temps de réfléchir plus que je le prix dans mes bras pour l'étreindre. Ma tête se nicha naturellement au creux de sa poitrine, je le senti tressaillir aussitôt et je pouvais entendre sans peine les battements de son cœur effrénés. Malgré ça, l'argenté ne bougea pas d'un iota. Et par-dessus tout, il ramena ses bras ballants autour de ma silhouette pour me serrer à son tour contre lui. Au bout de plusieurs minutes, ses muscles finirent par se détendre, tout comme son rythme cardiaque qui redevint plus régulier. Un léger soupir d'apaisement parvint même à mes oreilles.
J'avais réussi.
- Merci pour ce que tu fais pour moi (t/p), finit-il par murmurer.
- Je ferais tout mon possible pour que tu sois heureux, Kakashi.
Nous n'avions jamais reparlé de cette nuit-là. Mais une chose était sûre, c'est que notre relation avait changé depuis, même si cela était à peine perceptible pour quelqu'un de l'extérieur. Notre confiance l'un envers l'autre s'était grandement renforcée, et nous savions que nous pouvions nous confier à l'autre sans crainte d'être jugés. Sans compter ce que j'avais appris par l'intermédiaire de Naruto. Et si cette simple étreinte de premier aspect amical était bien plus que cela ? Et si Kakashi... et moi-même... en voulions plus ?
Mais je ne me leurrais pas. Avoir une attirance mutuelle était certes un bon point, mais cela était loin d'être suffisant. Il fallait en effet réfléchir également à la relation en elle-même. Est-ce que cette dernière était viable ? Rien que cette première question me faisait douter. Aucun de nous ne savait de quoi demain serait fait. Tout pouvait se finir, comme ça, du jour au lendemain, que nous le voulions ou non. Si nous trouvions une solution, et que Kakashi et Naruto parvenaient à rentrer chez eux... Cela signifierait des adieux déchirants. Des adieux, que l'on saurait tout deux irréversibles et irrévocables. C'était la suite logique, après tout. Ni lui ni moi ne pouvions vivre dans le monde de l'autre.
Cependant, il y avait aussi cette autre petite voix, certes bien plus faible, mais pas pour autant absente. Elle me chuchotait que rien ne nous empêchait d'essayer, et de voir où cela nous mènerait. Il valait mieux vivre avec des remords, plus qu'avec des regrets de n'avoir rien tenté tant qu'il était encore temps. Et que, sans que cela puisse s'expliquer, deux âmes liées finiraient forcément par se retrouver. Mon âme de rêveuse avait envie de croire à l'impossible, tout comme les fins de films à l'eau de rose. Pourquoi n'y aurait-on pas droit nous aussi ? Qu'est-ce qui nous empêcherait d'être heureux ?
J'avais envie d'y croire. Malgré mes nombreux doutes, je savais que nous pourrions nous soutenir mutuellement, et aller de l'avant malgré les zones d'ombres qui se profilaient à nous. Après tout, n'est-ce pas déjà ce que l'on fait déjà ?
Mais il y avait une question qui me taraudait par-dessus tout. Étions-nous prêts ? Prêts à nous mettre à nu, sans la moindre carapace, et à nous dévoiler nos attirances réciproques ? Prêts à construire quelque chose sur un terrain que l'on savait plus que glissant ? C'était là une toute autre histoire. Réaliser quelque chose était un bon point, mais se donner les moyens pour atteindre son souhait relevait d'un défit plus conséquent.
Plusieurs heures s'écoulèrent où je divaguais à tout vas, laissant mon esprit s'échapper et s'alléger le plus possible. De légers pas me sortirent de mes idées, et me firent relever la tête. Prenant appui sur mon coude, je me retournai vers leur provenance. Là, éclairé simplement par la lune qui se reflétait sans difficulté dans sa chevelure fournie, se tenait Kakashi. Son regard était on ne peut plus énigmatique, contrastant avec son habituelle posture d'apparence nonchalante. Main dans les poches et immobile, l'argenté ne semblait pas savoir quoi faire maintenant qu'il était là.
- Je... Je peux te déranger quelques minutes ? Demanda t-il finalement.
- Oui, pourquoi cette question ? Fis-je, ne pouvant cacher mon expression de surprise.
En temps normal, Kakashi était loin de manquer d'assurance. Est-ce que quelque chose le tourmentait ?
- Eh bien, tu semblais vouloir être seule tout à l'heure, m'expliqua-t-il. Je ne voulais pas t'importuner dans tes réflexions.
Un sourire étira mes lèvres. Quand je disais que Kakashi était un fin observateur, je ne me trompais pas.
- J'en ai terminé avec mes tourments, annonçai-je d'un ton que je voulais léger.
- Mh, je vois.
L'argenté marqua un léger silence, comme s'il n'osait pas dire ce qu'il avait à l'esprit.
- Est-ce que... Je peux m'asseoir à côté de toi ?
J'ouvris la bouche de surprise. Décidément, Kakashi semblait vraiment affecté par quelque chose. Était-ce la raison de sa venue ?
- Bien sûr, je t'en prie.
Je me mis en position assise, appuyant mes mains derrière mon dos pour me soutenir, pendant que l'homme prit place à mes côtés. Il leva à son tour sa tête vers le ciel puis ferma ensuite brièvement les yeux, comme pour profiter du calme ambiant, avant de les rouvrir pour fixer à nouveau la multitude de couleurs qui se profilaient devant nous. À ce stade de la soirée, le mauve de tout à l'heure était beaucoup moins visible et avait fait place à du bleu sombre, qui contrastait d'autant plus avec la blancheur du satellite terrestre ainsi que celle des étoiles. Cette vue eut l'air de le calmer. Ses muscles, visibles par sa posture, semblèrent se détendre légèrement. Malgré tout, il ne prononça pas un mot de plus. Il semblait lui-même victime d'une profonde introspection.
- Est-ce que tu m'évites, (t/p) ? Finit-il par me questionner.
- Évidemment que non ! M'exclamai-je aussitôt, surprise que Kakashi ait des doutes de ce type sur mon sujet. Pourquoi t'imagines-tu cela ?
- Tout à l'heure, pendant le repas... J'avais l'impression que tu fuyais mon regard, m'avoua-t-il en baissant les yeux pour regarder ses jambes. J'ai même l'étrange sentiment que tu fais ça depuis que je suis rentré de mon entraînement.
Arf. Il me semblait bien que je n'étais pas très douée pour camoufler mes états d'âmes. Et bien entendu, Kakashi avait bel et bien remarqué mon tourment.
- Est-ce qu'il s'est passé quelque chose entre temps ? Est-ce... J'ai fait quelque chose de mal ? Qui t'aurait blessé ? Continua-t-il, incertain.
Tout en demandant cela, l'argenté reporta son regard vers moi, et ce que je vis me fendis le cœur. Une profonde tristesse avait envahi ses yeux, si présente que je sentis mon cœur se comprimer douloureusement. Je secouai négativement la tête pour le rassurer aussitôt.
- Tu n'y es pour rien, le rassurai-je. J'étais simplement perdu dans mes pensées. J'ai... J'ai réalisé quelque chose tout à l'heure, pendant ton absence... Et disons que ça m'a un peu, ou plutôt pas mal... déstabilisée.
- Oh, je vois. Et je peux t'aider à aller mieux ? Ajouta t-il après un bref instant de réflexion.
Mon cœur loupa un battement. Était-ce le moment de se lancer et de lui parler de ce qui me taraudait ? Ça semblait être là l'occasion idéale, mais je ne savais pas vraiment comment procéder... Par où commencer ? Comment faire pour dissiper ce nuage qui envahissait mon esprit et troublait la moindre de mes pensées ? Je n'avais jamais réalisé un tel exercice, et voilà que je m'étais jetée la tête la première dans ce piège qui se refermait lentement sur moi. Mon long silence suite à la question de l'argenté était plus qu'évocateur, et ce dernier attendait une réponse qui tardait à venir. Plus les secondes passèrent, plus ma gorge se serrait d'appréhension, me faisant déglutir difficilement.
- J'ai quelque chose à t'avouer... Mais je ne sais pas comment aborder ça, finis-je par souffler.
Je sentis les doigts de l'argenté se glisser au-dessus de ma main pour le serrer dans un geste de réconfort.
- Tu sais bien que tu peux tout me dire (t/p). Qu'importe ce dont il s'agit.
Facile à dire. Mais je savais bien que l'intention première de l'Hatake était de m'aider à me confier. Et il n'avait pas tort à ce sujet. J'avais entièrement confiance en lui. C'était plutôt en ma façon d'aborder les choses que j'avais de sérieux doutes...
- Kakashi, je...
Le reste de mes mots se perdit dans un tumulte assourdissant. En effet, une forte détonation, à peine située à quelques mètres de nous, venait d'avoir lieux. Rapidement, le voisinage se précipita en dehors de chez lui pour observer, comme nous, impuissants, un énorme nuage de fumée au niveau d'une zone que je ne connaissais que trop bien. Que nous ne connaissions que trop bien.
Le parc, où tout avait commencé, faisait visiblement les frais d'une nouvelle présence. Une présence qui n'augurait rien de bon. Etant donné l'endroit et ce qui s'était produit, cela ne pouvait qu'être ça. De violents frissons parcoururent mon corps, et mon palpitant se mit à battre frénétiquement dans ma cage thoracique. J'étais comme tétanisée, n'osant pas bouger d'un millimètre.
Sous l'effet de la surprise, Kakashi s'était relevé précipitamment, cherchant à reconnaître les lieux affectés par l'explosion. Réussissant à sortir de ma transe, je pris une profonde inspiration avant d'éclairer ses lanternes.
- Ça s'est passé dans le parc, lui confirmai-je d'une voix tremblante sous l'effet de la peur, en même temps que je me levais au prix d'un grand effort.
Tout mes muscles étaient ankylosés à cause de la vague de stress qui m'envahissait. L'argenté ne semblait nullement affecté par ce genre d'émotion, ou du moins, il ne le montrait aucunement. Il prit aussitôt ma main pour m'entraîner à toute vitesse à l'intérieur de la maison.
- Prévenons Naruto, et allons-y ! Il n'y a pas un instant à perdre !
***
Bonjour/soir ! 🤗
Moins d'une semaine après la sortie du septième chapitre (ce qui est presque un miracle ces temps-ci !), me voilà avec la suite que vous attendiez tant ! Enfin, vue la fin que j'ai réservé, j'ai encore fait grandir un peu plus le suspens... Vous m'en voyez désolée (ou pas 😇) !
Comme vous avez pu le remarquer, le rapprochement entre nos deux protagonistes opérait bien... Jusqu'à la fin ! Bah oui, on va faire un peu durer le plaisir, sinon ce n'est pas marrant. Je ne vous avais pas dit que j'étais sadique ? 🙈
Bref, je ne vous embête pas plus, et il me tarde de lire vos réactions et vos retours ! 🥰
A très bientôt ! 🤗
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