♦Chapitre 52 (1).
Je me mis à avancer en prenant connaissance avant tout des blessés. Je pus reconnaître certaines personnes alors que d'autres encore m'étaient inconnues. Une tête brune se retournant vers moi me fit ouvrir de grands yeux et je me jetai alors sur lui.
Il m'enlaça avec force tandis que mes yeux s'humidifiaient. Il était là, s'était battu et avait survécu. J'espérais qu'il en était de même pour beaucoup d'autres...
"- Tu m'as manqué, Alex...
- Toi aussi, Tim... Vous m'avez tous manqué..." Assurai-je en le serrant toujours contre moi. "Tu as vu les autres ?
- Il me semble que nous sommes tous sains et saufs. Il n'y a que Jane de mon côté qui..."
Il baissa les yeux sur la jeune femme à qui il caressait la main.
"- Elle va bien, mais elle a été touchée par un sort qui l'a propulsée contre un mur. Pomfresh m'a dit qu'elle se réveillerait. Pour le moment, elle est... Inconsciente.
- Oh...
- Et... Gas et Alazéa sont avec Yasmin." Annonça-t-il, l'air sombre.
Je fronçai les sourcils en remarquant cet air qui ne me disait rien qui vaille.
"- Elle... Elle n'est pas...
- Pas elle... Kendall."
Je posai une main sur ma bouche de surprise avant de tourner la tête vers les rangées de morts qui se trouvaient au milieu de la pièce. Des têtes rousse, blonde et brune m'indiquèrent l'emplacement de mes meilleurs amis.
"- Je... Je reviens." Dis-je en me levant.
Il secoua la tête et je me dirigeai droit vers mes amis qui essayaient de la consoler tant bien que mal. Mais alors que j'allais bientôt arriver vers eux, deux cadavres attirèrent mon attention. Leurs visages pâles et leurs mains, se frôlant, me firent vaciller à leur vue.
"- Non..." Murmurai-je. "Non, non, non, non..."
Je me jetai vers eux en les observant, ne sachant pas quoi faire.
"- Non, non, ce n'est pas possible..."
Remus et Tonks étaient là, parmi les morts. Ils ne respiraient plus, ne bougeaient plus. Je sentis les restes de mon cœur se tordre de douleur alors que des larmes commencèrent à glisser sur mes joues malgré mon envie de les retenir.
"- Non... Remus..." Commençai-je en l'observant.
Celui qui avait été comme un deuxième père pour moi, mon parrain et maintenant un père était mort. Celui qui avait toujours été de bons conseils pour moi et qui, malgré ce que je pouvais dire et faire, ne pouvait pas m'en vouloir bien longtemps. Je n'avais pas eu assez de temps avec lui. Pas assez de temps pour rattraper celui que nous avions perdu. Pas assez de temps pour le voir vivre heureux, lui, sa femme et son fils. Son fils me vint alors en tête. Teddy n'aura jamais eu le temps de connaître son père et n'aurait aucun souvenir de lui. Cette pensée d'un nouvel enfant orphelin à qui la vie aurait dû sourire de par sa chance d'avoir des parents aussi extraordinaires que Remus et Tonks allait devoir vivre sans eux.
Tournant maintenant ma tête vers Tonks, les larmes continuant de rouler sur mes joues, je pensais à toutes les fois où son visage maintenant pâle et sans vie souriait et respirait la joie de vivre. Quand elle changeait son nez pour celui d'autre personnes ou d'animal, ce qui faisait toujours rire aux éclats ceux qui la regardait faire, quand elle se levait le maintenant avec des cheveux blonds comme le blé et s'endormait le soir avec des mèches roses chewing-gum. Sa personnalité si attachante que personne à part les rabats-joie ne pouvait apprécier... J'aurais voulu mieux la connaître. En apprendre plus sur elle, emmener ma fille les visiter, Remus, Teddy et elle et découvrir ce qu'elle aurait penser d'eux, sachant pertinemment qu'elle les aurait adoré autant que je les aimais, autant qu'Harry les aimait, autant que Teddy les aurait aimer... J'aurais voulu passer plus de temps à rire de ses maladresses et à rougir de ses taquineries gênantes qui me rappelleraient la première fois que je l'avais vu.
J'aurais voulu que Teddy ne devienne pas orphelin aujourd'hui, mais c'est ce qui venait d'arriver. Et je n'osais pas imaginer la réaction d'Andromeda lorsqu'elle apprendrait la mort de sa fille. La guerre était une garce et nous arrachait beaucoup trop de personnes. Des personnes qui avaient la vie devant eux. Des personnes pour qui la vraie vie venait de commencer et ces morts impactaient la vie de tous ceux autour. Des enfants se retrouvaient orphelins aujourd'hui, des parents se retrouvaient sans enfants aujourd'hui, des frères, des sœurs, des cousins perdaient un membre de leur famille aujourd'hui. Des femmes et des hommes perdaient leurs amours.
La guerre était une putain de garce.
"- Alexis ?"
Je tournai ma tête vers Alazéa, Gas et Yasmin qui avaient les yeux rivés sur moi. Je pleurais. Toutes ces morts... Fred, Remus, Tonks, Kendall... Tout ça pour s'être battu, car nous refusions de nous rendre à Voldemort... Je ne pouvais plus regarder personne en face. J'avais honte. J'avais tellement honte...
"- Je suis désolée..." Chuchotai-je alors qu'Alazéa se jetait sur moi pour me prendre dans ses bras. "Je suis tellement désolée..." Pleurai-je.
"- Ce n'est pas de ta faute...
- Fred est..." Commençai-je avant de hoqueter, n'osant pas prononcer ce mot à voix haute. "Fred est m... Mort... Devant mes yeux... Je... Je n'ai rien pu faire..." Sanglotai-je.
Sentant la main de ma meilleure amie arrêter de me caresser le dos, je me mis à sangloter de plus belle.
Mort. Parti. Il ne reviendrait plus jamais. Je ne le reverrais plus jamais. Amelia ne pourra plus jamais voir son père. Ses iris chocolat ne me regarderont plus. Sa voix ne me glissera plus aucun "Je t'aime". Ses doigts ne me caresseront plus. Sa main ne se posera plus sur ma joue. Il était mort.
"- Oh mon Dieu... Je... Alex, je ne sais pas quoi dire...
- Mon parrain est mort et je n'ai pas pu empêcher ça, jusqu'à maintenant je... Je n'étais même pas au courant... Que lui et sa femme était morts... Mon fiancé est mort sans que je n'ai pu empêcher ça non... Non plus... L'homme que Yasmin aimait est mort et c'est... Pareil... Ils sont tous morts à cause de moi...
- Non...
- Si... Parce qu'Harry et moi n'avons pas voulu nous rendre... Que nous avons voulu combattre..."
Je me reculai des bras d'Alazéa. Je sentais mes yeux me brûler. La suie et les larmes se mélangeaient sur mon visage. Derrière elle, Gas s'était levé et s'excusa pour tout alors que Yasmin me regardait en secouant la tête de gauche à droite.
"- Ce n'est pas toi qui les as tués. Ce n'est pas de ta faute."
Elle avait cette rage dans la voix que je ne connaissais que trop bien puisque je la ressentais autant qu'elle. Un peu plus derrière mes trois meilleurs amis, je pus voir la scène que je redoutais le plus prendre vie devant mes yeux. Les Weasley, entourant le cadavre de celui que j'aimais et pleurant sa disparition. Je ne pouvais pas supporter ça.
George leva les yeux vers moi. Ses joues pleines de larmes et ses yeux rouges d'avoir pleuré son jumeau qu'il continuait de pleurer me fixèrent et une décharge électrique sembla secouer mon corps. Je ne pouvais pas. Je ne pouvais plus voir George sans penser à Fred. Je ne pouvais pas l'imaginer sans son jumeau arraché trop tôt. Je ne pouvais pas imaginer qu'il allait être seul, qu'il allait devoir supporter la perte d'une moitié de sa vie, qu'il allait devoir vivre un deuil impossible à surmonter. Le deuil de celui avec qui il avait partagé tant. J'osais me plaindre alors qu'il allait vivre les pires moments de sa vie et qu'il allait souffrir de la mort de Fred jusqu'à la fin de sa vie.
Il pinça ses lèvres pour retenir de grosses larmes et arriva vers moi.
"- George, je...
- Par Merlin, merci, tu vas bien." Sanglota-t-il en me prenant dans ses bras.
Ne comprenant pas tout de suite pourquoi il sembla si soulagé de me voir en vie, il se recula, m'attrapant par les épaules.
"- Je le lui ai promis." Commença-t-il, les traces de larmes sur ses joues les prenant presque entièrement. "Je lui avais promis avant la bataille que s'il lui arrivait malheur, je ferais tout pour que tu restes en vie..."
Mon cœur se serra encore plus. Il se serra si fort que j'avais du mal à respirer.
"- Qu'est-ce que... Tu lui as promis ?
- Que je te surveillerai. Que je ferai tout pour que tu survives s'il ne le pouvait pas. Que je prendrai soin de toi, soin d'Amelia. Que je ferai tout pour que vous continuiez à vivre sans... Sans... Lui... Je lui ai promis sans croire que je le devrai..."
Ses larmes redoublèrent d'intensité alors que je le prenais dans mes bras pour le serrer contre moi. Il avait promis... Et il allait devoir briser sa promesse, car je ne voulais pas être égoïste... Car je ne voulais pas voir d'autres vies se faire arracher... J'aurais dû être là pour le surveiller moi aussi, et pourtant, j'allais devoir partir.
Après une longue hésitation entre mon cœur et ma raison, je demandai.
"- Est-ce que... Est-ce que je peux le voir.. ?"
George se recula en hochant la tête, m'attrapant la main et m'emmenant vers lui lentement. Je n'avais jamais ressenti une telle douleur. Molly leva les yeux en me voyant. Ses joues étaient elles aussi noyées de larmes, ce qui fit redoubler les miennes alors que je m'agenouillai près de lui. Je n'osais pas le toucher. Je n'osais plus.
Je sentis mon cœur s'accélérer en le voyant à nouveau. Je le sentis battre si fort qu'il aurait pu passer au travers de ma poitrine. Finalement, ma main vint se glisser dans la sienne. Je voulais lui parler, mais je n'y arrivais pas. Je ne pouvais pas. Qu'aurais-je pu dire à un cadavre ?
Alors, je me suis contentée de pleurer. Pleurer comme je ne l'avais jamais fait. Pleurer les moments que nous ne vivrons pas. Pleurer les moments que nous avions vécu. Pleurer les moments dont Amelia ne pourrait profiter. Pleurer les moments que nous aurions pu créer avec elle. Pleurer toutes ces petites choses que je connaissais de lui et qui allait me manquer.
Je pleurais sa manie de blaguer même dans les moments tristes car il savait qu'il pouvait me faire sourire même quand j'avais du mal à sourire. Je pleurais ses câlins qu'il me faisait lorsque je n'étais pas bien. Je pleurais ses baisers et ses caresses que j'adorais. Je pleurais cette famille que nous ne pourrions jamais avoir et cette famille qui l'avait élevé et qui le perdait aujourd'hui. Je pleurais les souvenirs que nous avions créer. Qu'il m'avait laisser. Je pleurais tout en refusant de parler. Et même si je le voulais, je ne pourrais pas parler. Mes sanglots m'en empêchaient. Je n'allais jamais pouvoir vivre comme avant sans lui à mes côtés, me réveillant les matins, disant qu'il fallait que je me dépêche, qu'il aurait dû me réveiller en même temps que lui et qu'il m'attendait sûrement en bas, à la boutique, avec George. Jamais je n'allais pouvoir l'oublier.
Parce que c'est si dur d'oublier quelqu'un qui vous a donné tant de choses à se souvenir.
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