Livaï x reader



˚✧₊⁎⁎⁺˳✧༚✧₊⁎⁎⁺˳✧༚


Tête contre la table, bras autour du visage, je laissais mon esprit divaguer sous le son mélodieux de la pluie. Les gouttes d'eau tapaient contre la vitre à ma gauche, me laissant croire à une douce berceuse offerte à toute personne présente sur ces terres humides.

J'ai toujours aimé la pluie, l'odeur qui en dégageait était aussi agréable que les pages de livres jaunies, les gouttes de pluies tombaient délicatement sur chaque visage. Parfois, elle servait à camoufler les larmes des plus malheureux, ou alors, elle servait d'amusement pour les enfants. Peu importe, la pluie était douce, agréable, réconfortante, et je ne cesserai sûrement jamais de remercier le Seigneur d'avoir créé une chose aussi fabuleuse que la pluie.

Fermant mes yeux, je ne remarqua qu'après une bonne dizaine de minutes qu'une autre personne que moi était présente. Relevant alors mon regard vers cet intrus, mon air interrogateur fut rapidement remplacer par un tendre sourire, en retour, mon ami me répondit de son regard éternellement neutre, accompagné d'une phrase

-On y va, m'ordonna-t-il alors.

Je me releva tranquillement en saisissant mon sac de cours gris, assorti à ma jupe d'uniforme ainsi qu'à ma veste. Je m'approchai de Livaï, tandis que ce dernier me scrutait du regard. Une fois à son niveau, il se retourna et rouvrit la porte sur laquelle il était appuyé, nous marchâmes alors côte à côte en direction de la sortie.

Livaï et moi étions des amis d'enfance, nous nous étions connu à l'âge de dix ans, et depuis, pour une raison que l'on ignore tout deux, on ne cessait de traîner ensemble. Nous n'étions pas du genre à bavarder de tout et de rien, ni même ce genre d'ami avec qui l'on rigole à chaque croisement de regard - du moins, de son côté-, nous deux étions ce genre de personnes assis face à face, à se regarder dans le blanc des yeux et à apprécier le silence. Rares étaient les moments où nous discutions, mais je savais que malgré tout, Livaï était une personne digne de confiance, ainsi que la première personne vers qui je me dirigerai en cas de besoin, il me l'avait d'ailleurs lui-même prouvé il y a deux ans de ça, lors de la séparation de mes parents. Trompée par mon père, ma mère n'avait trouvé d'autres solutions que de divorcer sans même laisser une quelconque possibilité de s'expliquer. Elle avait alors fais des bagages et m'avaient menacé de m'abandonner si je venais à rester avec mon père. Furieuse ainsi que honteuse, elle n'avait trouvé de refuge qu'auprès de sa meilleure amie, Kuchel, qui était d'ailleurs la mère de mon ami.

Alors que sa mère consolait la mienne, qui ne cessait de maudire mon paternel depuis son arrivée, moi, je me trouvais dans la pièce adjacente à écouter ses nombreuses plaintes, me sentant de plus en plus mal et seule, une désagréable boule épineuse se trouvait à l'intérieur de mon cœur, créant une douleur si insoutenable que j'en avais du mal à retenir mes larmes.

Et alors que mon être entier devenait de plus en plus abattu ainsi que déprimé, des bras musclé était venu me relever légèrement, avant que ma tête ne se pose sur une surface plus dur, le torse de Livaï, il avait plongé sa main dans mes cheveux lâchés, avant de me dire d'une voix que je reconnu être bienveillante

-Pleure, personne d'autre que moi ne te verra comme ça.

Et je n'attendais pas plus avant de pleurer telle une madeleine, l'entourant à mon tour en blottissant mon visage au creux de son cou. Toutes les larmes que je retenais en pensant bien faire, était sortie en un torrent en me libérant de la quasi-entièreté de ma douleur intérieure. Je n'avais aucune idée de combien de temps avais-je passé dans ses bras, mais je me souviens encore du fait que j'avais finie par m'assoupir contre lui, c'était aussi à ce moment là que mes sentiments envers mon ami avaient changé, je ne ressentais plus de la simple amitié à son égard, mais de l'amour, un amour sincère que je cachais au fond de moi afin d'éviter de gâcher les liens qui me ralliaient à lui. J'avais préféré rester son amie que gâcher notre amitié avec mes sentiments non-réciproque...

Non-réciproque...? Peut-être qu'au fond de lui il ressent la même chose que moi et que...

Non. Je l'aurais sûrement remarqué s'il m'aimait, même si je l'avoue, Livaï est impossible à cerner...Même sa mère m'avait avoué qu'elle avait souvent du mal à comprendre ses pensées.

Il poussa la porte d'entrée et là maintient de son avant-bras afin de me laisser le devancer

-Merci, souriais-je

Il hocha de la tête avant de sortir son parapluie de son sac, il l'ouvrit et releva ce-dernier au-dessus de nos têtes. Je releva une de mes mains et la sortis du parapluie en laissant tomber plusieurs gouttes d'eau sur ma paume, je la remis à l'abris avant que l'envie de taquiner le noiraud à mes côtés ne me prenne.

Discrètement, je ramena ma main au niveau de son visage, avant de lui écraser le visage tout en lui mouillant la joue

-Putain (t/p) tu joues à quoi?! Dit-il énervé

Un rire moqueur sortit malencontreusement de mes lèvres, alors que mon ami me fusilla du regard

-Pardon, m'excusai-je en regrettant légèrement mon acte.

-Tch, souffla-t-il agacé

Un petit blanc s'installa entre nous, tandis que je me mis à observer la ville afin de faire passer le temps, avant qu'une question ne revienne à mon esprit, et sans même que je puisse me retenir, je demanda d'une voix claire

-Tu es amoureux?

Ma question dû le surprendre vu son sourcil relevé

-Pourquoi cette question?

-Simple curiosité...Répondis-je alors

Il inspira lentement avant de me répondre de sa voix grave

-Aucune idée.

-Qu'est-ce que tu veux dire par là?

-Tu poses trop de questions, tais-toi un peu non? Dit-il en me regardant du coin de l'œil.

-Mais Livaï! Dis-je en boudant

Il pouffa de manière moqueuse avant de détourner son regard face à lui, il continua ensuite à s'avancer de quelques pas, avant de finalement s'arrêter en dressant son regard vers le bâtiment grisé

-Bon bah, je crois que je vais rentrer, souriais-je

-Ouais.

Je resta silencieuse quelques instants, avant de lui lancer

-Tu veux pas venir? Ma mère n'est pas là et j'ai pas le droit de voir mon père avant le week-end, on pourra regarder un film ensemble?

Et c'est en relevant mon regard, que j'eus la possibilité d'assister à l'une des choses les plus magnifiques que je pu voir au cour de ma vie. Livaï, relevant le coin de ses lèvres en un sourire attendri, un sourire qu'il m'offrait à moi.

Et délicatement, il rapporta sa main vers ma nuque, avant de la tirer vers lui avec douceur, sans aucune once de rudesse ni de violence. Je sentis mes joues se réchauffer, et je n'avais aucun doute sur le fait que j'étais sûrement aussi rouge qu'une pivoine. Mon cœur était au bord de l'agonie, battant à tout rompre, il m'empêchait de réfléchir correctement et l'impression que mon cerveau se bloquait ne cessait de persister.

-Liv-

-Désolé (t/p), me coupa-t-il, mais ce soir je travaille, peut-être une prochaine fois.

Et c'est sur ces mots que lentement, ses lèvres se rapprochèrent des miennes jusqu'à les frôler, mes yeux s'agrandirent en attendant la suite des événements avec impatience. Je mourrais d'envie de me jeter sur lui en collant mes lèvres aux siennes, mais en voyant son regard, je compris qu'il éprouvait un plaisir à me faire attendre. Et c'est aussi en croisant son regard que je me laissa aller, j'enroula mes bras autour de son cou avant de coller ma bouche à la sienne, fermant mes yeux en humant son odeur, l'odeur de la lessive émanait de son uniforme, tandis que son parfum me chatouillait agréablement les narines. À cet instant précis, je me sentais plongée dans un autre monde, j'avais l'impression que nous étions tous deux plongé dans une bulle, seuls dans cette rue où la pluie continuait à tomber. Il avait d'ailleurs laissé tombé son parapluie au sol et avait entouré ses bras musclés autour de ma taille, me rapprochant encore plus de lui que je ne l'étais déjà.

Jusqu'à ce que finalement, nos lèvres se décelèrent afin que nous puissions reprendre notre souffle. Il colla son front au mien puis scruta mon regard avec minutie

-Je dois partir...Me prévient-il

Je pinça ma lèvre inférieure et finit par hocher de la tête en baissant mon regard vers le sol

-Livaï?

-Mh?

-Je...Ce baiser...Il signifie quoi pour toi? Lui demandai-je timidement.

-T'en poses souvent des questions bêtes comme ça?

-Quoi? Mais non c'est pas une-

-(t/p), je pense que j'ai été assez clair en t'embrassant. Tu m'appartiens, dit-il avant de se retourner après avoir esquissé un sourire en coin.

Un sourire étira mes lèvres alors que je relevais mon visage vers le ciel toujours aussi pluvieux. La pluie était aussi présente lorsque des liens se créent, et je viens aujourd'hui d'en faire l'expérience, cette journée sera assurément gravée en moi à jamais. Et c'est sous ces pensées que je rentra chez moi, le cœur aussi léger qu'une feuille et aussi heureux qu'un poisson dans l'eau.

˚✧₊⁎⁎⁺˳✧༚✧₊⁎⁎⁺˳✧༚

Voilà, j'espère qu'il t'aura plut, désolé s'il est un peu court aussi ^^

☆Sayōnara☆

Bạn đang đọc truyện trên: AzTruyen.Top