Chapitre 4


Je ne savais pas quelle heure il était, je ne savais même pas quel jour on était... L'avantage dans cette magnifique ville de Chicago, c'était qu'il y avait des bars ouverts 24h/24. Je me tournais vers le barman en remuant mon verre.

- Un autre !

- Jay tu penses pas que tu as déjà assez bu ?

- Je t'ai pas demandé ton avis, alors sers moi un verre.

Le barman s'exécuta en m'apportant un nouveau whisky. Si on me le demandait je serai incapable de dire combien de verre j'avais bu. Mais l'avantage d'être flic...enfin ancien flic, c'était que personne ne posait de question ici...et je ne pouvais pas dire que c'était un bar des plus sélectif, si vous voyez ce que je veux dire. J'avalais mon verre d'une traite et fis signe à Josh le barman. Il s'approcha de moi prêt à remplir mon verre.

- Tu sais quoi ? T'as qu'à me laisser la bouteille...

- Mec, ça fait un mois que tu débarques tous les soirs... Tu sais quelle est la condition.

Machinalement je sortais mes clés de voiture que je déposais sur le comptoir. Je ne savais pas pourquoi ce mec s'inquiétait de savoir que je pourrai conduire dans mon état. Mais tant que ça me permettait de boire.

Le barman attrapa mes clés et me laissa la bouteille en échange.

****

Je me réveillais difficilement, j'avais mal partout et je n'avais aucune idée de pourquoi j'étais dans cet état. Et j'avais froid, très froid. J'ouvrais les yeux et je ne reconnus pas où j'étais. J'essayais de bouger mais je n'y arrivais pas. Mais c'est rapidement que je compris pourquoi. J'étais attaché. Mais c'était quoi ce bordel ? J'avais un goût de fer dans la bouche. Je crachai au sol et me rendis compte que du sang sortait de ma bouche.

- Oh mais la belle au bois dormant est réveillée à ce que je vois.

Je ne reconnaissais pas la voix...Mais où était-je ? Je me tournais vers le type qui venait de parler mais son visage ne me disait rien. Mais après tout ça ne m'étonnait pas tant que ça, on était à Chicago, la ville du crime.

- Qu'est-ce que tu me veux ?

- On m'a dit que t'étais flic ?

- Ancien flic. Précisais-je.

- Tu connais Hank Voight je crois.

Hank Voight...ça faisait des semaines que je n'avais pas entendu ce nom.

- Qu'est-ce que ça peut te faire ?

- Il a quelque chose qui m'appartient.

- Et en quoi ça me concerne ?

- Tu vas être le moyen d'échange parfait. Me dit-il dans un sourire

- Si tu crois que j'ai une valeur à ses yeux, tu te goures mon vieux.

- C'est ce qu'on verra.

Un coup s'abat à l'arrière de ma tête. J'étais sonné mais pas assez pour ne pas sentir l'aiguille qui s'enfonçait dans mon bras. Et il ne me fallut que quelques secondes avant de complétement perdre pied.

Je ne savais pas depuis combien de temps j'étais là quand je revins à moi. Mais je me sentais bizarre et j'avais envie de vomir. Et cette envie se transforma vite en réalité. Je tremblais comme une feuille et j'avais la tête qui tournait. Et ce fut avec une faible voix que j'appelais à l'aide avant de sombrer à nouveau dans l'obscurité.

Les jours passaient et se ressemblaient. Ils m'avaient enfermé dans une pièce sombre et froide avec juste un matelas pour dormir. J'avais faim mais ce n'était pas avec le peu qu'il me donnait que je réussissais à me nourrir. Je sentais que j'étais à bout de force. J'avais vite compris qu'ils me droguaient pour que je reste sous leur contrôle. Les sensations d'euphorie, de manque, de colère, les malaises. Je connaissais bien tout ça. Non pas que je l'avais déjà vécu mais c'est ce qu'elle m'avait raconté une fois.

- Erin...

Je ne pus m'empêcher de sourire en pensant à elle. Elle me manquait tellement. Il m'arrivait parfois d'espérer ne pas me réveiller de cet enfer qui m'accompagnait depuis qu'elle était partie. Et tout ce que ces mecs me faisaient endurer n'était rien comparé à un cœur en mille morceaux.

J'entendis la porte s'ouvrir.

- C'est l'heure de la bouffe. Me dit un homme.

Igor, je crois que c'était comme ça qu'il s'appelait, me balança un paquet de chips et une bouteille d'eau. Je m'empressais de tout avaler.

- Oh j'allais oublier, tu dois prendre ça aussi.

Il me balança une seringue remplie de je ne sais quoi. Ça faisait des jours que je ne luttais plus pour qu'on me l'injecte de force. De toute façon je n'avais plus rien à perdre. J'avais déjà tout perdu. Je plantais l'aiguille dans mon bras et m'injectais le produit. Je savais qu'il ne faudrait pas que j'attende longtemps avant que tout s'arrête...

J'étais réveillé de force après quelques heures.

- Tu vas me dire où est Voight ?

- Je te l'ai déjà dit, j'en sais rien mec. Et puis tu vois bien qu'il en a rien à foutre de moi...sinon crois-moi que tu ne serais déjà plus de ce monde.

Mon cœur se serra en pensant à l'équipe. Que Voight ne fasse rien, ça ne m'étonnait pas tant que ça mais les autres... Je pensais qu'on était une famille.

Il me tabassa à nouveau, je sentais bien dans chacun de ses coups qu'il cherchait à exprimer toute sa frustration après mes dernières paroles. Mais comme d'habitude je ne me défendais pas. Je n'en avais pas la force.

- Putain mais tu vas me dire où il est ?

Les coups pleuvaient à torrent, comme les gouttes de pluie qui s'abattaient sur une des fenêtres de l'entrepôt. S'il savait que je n'en avais rien à foutre de me faire tabasser. Je fus pris d'un rire sadique qui le déstabilisa.

- Pourquoi tu te marres ? Tu veux que je te bute ?

Mon rire devint incontrôlable et je ne trouvais qu'une seule chose à lui dire.

- Je suis déjà mort.

Je le vis attraper son flingue dans son dos et avant qu'il ait pu faire feu, j'entendis quelqu'un lui crier dessus.

- Dimitri, ça suffit ! On a besoin de lui vivant ! Igor ramène le dans sa chambre !

Le fameux Dimitri s'éloigna de moi en grommelant des mots en russe que je ne comprenais pas. Igor me détacha et me soutint pour me ramener dans ma chambre. De toute l'équipe, c'était le seul qui semblait un minimum humain.

- Pourquoi tu ne veux rien leur dire ? Ils vont finir pas te descendre tu sais ?

La seule réponse que je lui donnais étai un hochement d'épaule. S'il savait lui aussi que je n'attendais que ça. Il me déposa délicatement sur le matelas, m'attacha au mur avant de s'éloigner et de refermer la porte derrière lui.

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