Ch 12 : Souffrance, encore et toujours
Je sortis et fut attrapé, malheureusement pour moi, par Shin-Mye.
- Bébé !
Je fis un effort pour lui sourire, et déposait un rapide baiser sur ses lèvres. Elle attrapa mon t-shirt et me tira jusque dans sa chambre. Rose. Du rose et du noir partout. Cette pièce que je connaissais pourtant me donnait encore la nausée, de même que la propriétaire. Je voulais faire demi-tour, courir pour rejoindre Marie, mais faire ça l'aurait condamnée à mort. L'idée de la mettre en danger m'étant insupportable, je faisais des efforts pour supporter tout cela. Des mains glissant sous mon t-shirt pour rejoindre le creux de mon dos me tirèrent de mes réflexions. Shin-Mye posa violemment ses lèvres sur les miennes, ses ongles grattant de plus en plus impatiemment ma peau. Je ne voulais pas, je ne voulais plus. Je la repoussai aussi doucement que me le permettait mon dégoût et la regardai dans les yeux.
- Pas aujourd'hui, j'ai pas envie.
Je me retournai pour partir lorsqu'elle vint se placer devant moi.
- Comment... Comment ça, pas aujourd'hui ? A croire que tu ne veux plus de moi ! C'est... C'est à cause de cette sale française ? (Avec une petite exclamation d'indignation, elle leva les yeux au ciel) Si c'est juste ça, je peux le régler tout de suite !
A son tour de se diriger vers la sortie. Paniqué, j'attrapai son bras, et tentai de paraître indifférent.
- Mais non, Princesse... Je suis juste fatigué...
Elle planta son regard dans le mien, s'approcha lentement de moi, posa une main sur mon torse et dit, sensuellement :
- Depuis quand un homme est-il fatigué pour ça... ? Et surtout toi...
- Vraiment... Pas-
Elle ne me laissa pas finir. Ses lèvres emprisonnèrent les miennes, ses mains retirèrent mon t-shirt, son corps collé au mien me poussa vers son lit. Tant pis. Au moins cela me permettait d'avoir un œil sur elle, et, après tout, elle était là. Autant en profiter. « Marie... Je t'en supplie, pardonne-moi... »
***
Ils me laissèrent tranquille pendant plusieurs jours. Ils se contentaient de nous apporter de la nourriture 2 fois par jour. C'était à peu près mon seul repère temporel. Au cours de ces longues heures de relative tranquillité, je pus en apprendre un peu plus sur celui qui partageait ma prison. Il s'appelait Young-Soo et avait 21 ans. Il vivait à la campagne, à proximité de Séoul, et s'était retrouvé dans cette « entreprise » par manque d'argent. Il put aussi m'expliquer pourquoi j'étais ici. La disparition du corps de Kang-Min paraissait étrange, ils avaient donc tenté de le retrouver. Comme il n'était répertorié nulle part en tant que mort, ils en conclurent qu'il était en vie. Ils le localisèrent et s'attaquèrent à lui le soir de notre arrivée à la plage. Et comme je me trouvais sur les lieux, ils m'embarquèrent avec lui, offrant un élément de pression pour le manipuler. Mon amnésie partielle venait de la chute engendrée par le poison qu'ils m'avaient donné pour que je m'évanouisse. J'avais été blessée à l'arrière du crâne.
J'observais Young-Soo pendant qu'il me parlait. Ses cheveux teints en rouge foncé, sa peau pâle, ses yeux noirs dans lesquels brillaient une lueur sauvage, son corps musclé qui apparaissait sous son t-shirt moulant, sa fossette quand il souriait, tout en lui me plaisait, et il m'inspirait confiance. Cette confiance qui m'avait peu à peu désertée, à mesure que le temps passait. Il me soutenait, me disant que j'allais sortir de là, que je vivrais. Nous discutions ainsi, comme tous les jours, assis l'un à côté de l'autre, dos au mur en face de la porte de notre prison, lorsqu'ils revinrent. Kang-Min et la fille étaient avec eux, bras-dessus, bras-dessous. Cette vision me fit souffrir, mais je n'en montrai rien et détournai le regard.
- Bon... ! Bah voilà, c'est le grand jour ! Kang-Min (Le chef se tourna vers lui), ton choix est fait ?
- Je ne vois pas pourquoi je me donnerais cette peine...
Le patron le fusilla du regard.
- Tu y as échappé une fois, mais le prochain coup je te tire une balle dans le crâne ! (Il se retourna vers Young-Soo) Cet après-midi, la fille est à toi. Profitez-en bien, parce que ce soir, l'un de vous va mourir. Ma puce, viens avec moi. Kang-Min, tu restes avec eux le temps de faire ton choix et de leur annoncer qui devra mourir, puis tu pourras partir. Mais n'essaye pas de t'enfuir.
Je les regardais partir. Seuls Kang-Min et la fille restèrent. Cette dernière se tourna à moitié vers moi de sorte que je ne perde pas une miette de ce qu'elle allait dire, et s'adressa à Kang Min.
- Tu sais, ça m'avait manqué, ces moments intimes avec toi... Merci encore pour le si bon moment que j'ai passé, grâce à toi...
« Retiens-toi ! Ne te jettes pas sur elle pour l'étriper ! ». La main de Young-Soo sur mon bras m'intimait de garder mon calme. Je me débattais de toutes mes forces, mais je sentais que je n'allais pas tenir bien longtemps. Après une dernière caresse au torse de Kang-Min, elle partit. Kang-Min la suivit du regard, puis reporta son attention sur moi. Je le foudroyais du regard, puis me détournai, cherchant du réconfort auprès de l'autre condamné. J'avais beau tout faire pour ignorer sa présence, je sentais pourtant le regard de Kang-Min posé sur moi. Il s'approcha de nous et s'agenouilla.
- Marie, je... (Il prit mon visage dans ses mains) Regarde-moi, s'il te plait.
Je fermai les yeux et détournai la tête, l'obligeant à me lâcher. Malgré moi, je ne pus cacher ma colère et ma déception dans ce mouvement de recul. Il murmura à mon oreille.
- S'il te plait, il faut que tu me fasses encore confiance...
Je ne répondis pas. Il resta immobile à mes côtés quelques instants, puis soupira et se redressa.
- Il va falloir que t'assumes un peu, mec... Soit tu envoies la fille du taré se faire voir et tu aides Marie à sortir de là, soit tu la laisses tranquille.
- Je t'ai pas demandé ton avis. Et je te préviens... si j'apprends que tu l'as touchée, je te bute.
- Je suis pas comme toi, je saute pas sur tout ce qui bouge.
J'entendis un bruit mat. Kang-Min avait frappé Young-Soo. J'eus un sursaut, mais mon compagnon de cellule m'ordonna de ne pas bouger, ce que je fis. Les yeux toujours clos, j'entendis les bruits des pas de l'homme que j'aimais s'éloigner. Mon cœur partit avec lui. Une fois la porte refermée, je m'effondrais sur le sol, cherchant désespérément mon souffle. Young-Soo posa une main protectrice sur mon épaule.
- Tu finiras par sortir d'ici. Je te le promets. Et Kang-Min finira par se rendre compte de son erreur.
Je le regardai à travers mes larmes. Il me souriait. Je ne voulais pas que seulement l'un de nous survive.
***
Le soir vint vite... Trop vite. Kang-Min et sa chère et tendre « princesse » étaient de retour. Elle souriait, l'air réellement ravie. Young-Soo et moi nous levâmes à leur entrée. Nous étions toujours adossés au mur du fond, main dans la main pour tenter de nous donner du courage. Il passa son bras autour de mes épaules et redressa la tête. La pouf applaudit.
- Vous êtes si mignons ensemble ! C'est quand même tragique de se dire que l'un de vous doit mourir...
Ses yeux trahissaient son excitation. Je la foudroyai du regard.
- Je préfère mourir plutôt que devoir supporter la vision d'horreur que tu es.
A ces paroles, elle redressa la tête et s'approcha lentement de moi. Elle murmura à mon oreille.
- De toute façon, tu vas crever ici, que tu le veuilles ou non... Peu importe le choix qu'il fera, je te tuerais moi-même s'il le faut. Et puis... c'est pas comme si tu allais manquer à qui que ce soit.
Elle posa sa main sur ma joue droite, plia les doigts... Et me griffa le visage. Je crus sentir du sang couler des blessures, mais je ne levai pas la main pour vérifier. Kang-Min s'approcha, prit la main de la fille et repartit avec elle, sans même me jeter un regard. En voyant son dos, la douleur de ma joue disparut pour laisser place au cri de souffrance de mon cœur.
- Bien... Ton choix est fait, Kang-Min ?
- Oui.
La froideur de son ton me fit frissonner. Je le vis attraper le pistolet qu'on lui tendait. Il s'approcha de nous d'un pas déterminé, s'arrêta à moins de deux mètres, et leva l'arme. Je fermai les yeux, le bras de Young-Soo se resserra autour de moi. Je ressentais toute la pression de son corps, comme s'il s'apprêtait à me pousser à terre à la moindre occasion. Quoi qu'il puisse arriver, il voulait mourir. Il voulait me laisser en vie. Un silence de mort régnait, rendant l'atmosphère encore plus lourde qu'elle ne l'était déjà. Des minutes passèrent, longues, interminables. Alors que je croyais que Kang-Min ne tirerait plus, le coup de feu raisonna dans le silence. Il fut suivi, pour une raison que j'ignorais, par des cris et des bruits de pas. J'ouvris les yeux pour voir un affolement général. Des personnes en uniforme étaient arrivées, entourant nos agresseurs, des cris étrangement assourdis retentissaient. Je n'arrivais pas à comprendre ce qu'il se passait, jusqu'au moment où je vis Kang-Min agenouillé par terre, les mains sur la tête, un pistolet braqué sur l'arrière du crâne. Il se tenait face à moi, et me souriait. J'ouvris des yeux ahuris, et voulu hurler, mais aucun son ne sortit de ma bouche. Ses yeux plongés dans les miens, je crus le voir articuler :
- Je t'aime.
Je m'effondrai, puis tentai de toutes mes forces de me relever. Je voulais courir vers lui, mais mon corps ne me répondait plus. Les larmes coulèrent le long de mes joues, réveillant la douleur de la griffure, cependant je n'y prêtais pas attention. Je ne voyais que les menottes que l'on passait autour des poignets de Kang-Min. Je ne le quittais pas du regard, ignorant le policier qui me relevait. Mais, une fois sur mes pieds, je repris le contrôle de mon corps. D'un brusque mouvement, je me dégageai de l'étreinte de mon sauveur pour me précipiter vers celui que j'aimais de tout mon cœur. L'agent qui l'avait menotté fit mine de me retenir, puis se ravisa. Je le pris dans mes bras et posai ma tête contre son cou. Il murmura :
- Je suis désolé... J'aurais voulu t'aider plus tôt, mais j'aurais juste risqué ta vie inutilement. Prends soin de toi.
Il déposa un baiser sur ma joue et se leva. Je le vis partir, derrière les autres criminels, et tous entourés par des policiers. Posant les mains sur mes oreilles, je laissai libre cours à mes larmes. La pression était trop grande. Je hurlai à m'en briser la voix. Young-Soo s'approcha de moi et me prit dans ses bras. Je crus entendre un homme me poser une question, mais je ne la compris pas. Des bras m'aidèrent à me lever. Je chancelai, mais restai debout. Le reste passa dans un brouillard. Je ne vivais plus les événements, je les subissais. Je fus transportée à l'hôpital avec Young-Soo, où nous passâmes toutes sortes d'examens.
Il me fallut attendre deux jours plus tard pour reprendre mes esprits. J'étais tombée de fatigue après avoir passé les examens, mais je n'avais que peu dormi, des cauchemars venant me hanter dès que j'avais les yeux fermés. Je partageais ma chambre avec Young-Soo, qui tentait tant bien que mal de me consoler. Il était assis au bord de mon lit lorsque les policiers qui nous avaient sauvés vinrent nous voir. Je tentai de prendre des nouvelles de Kang-Min et plaider en sa faveur.
- Il... Il n'a rien fait, il voulait juste m'aider ! S'il vous plait, je...
Il fallait que je lui parle, que je comprenne. Pourquoi avait-il fait ça ? M'aimait-il réellement, comme il l'avait dit, ou bien était-ce une stratégie ?
- Je veux le voir.
Le policier face à moi ne répondit pas tout de suite. Il se contenta de me regarder pendant plusieurs minutes, avant de prendre la parole.
- D'abord, j'ai besoin que vous me décriviez précisément ce qu'il s'est passé pendant votre emprisonnement.
Je lui racontai. Je lui expliquai vaguement la soirée à la plage, en récupérant les informations fournies par Young-Soo, mon amnésie, puis l'enfermement, Kang-Min forcé de tuer l'un d'entre nous pour rester en vie,... A la fin de mon récit, je me rendis compte que je pleurais. D'épuisement, d'un trop-plein d'émotions. Mon compagnon de chambre passa son bras autour de mon épaule pour que je me calme. Après de longues minutes, je retrouvai un semblant de sang-froid. L'agent écoutait calmement, sans m'interrompre. Puis elle vint, la question qui me brûlait les lèvres et qui hantait mes pensées.
- Que va-t-il lui arriver ?
L'agent cligna des yeux et soupira.
- Ecoutez mademoiselle... Kang-Min a commis plusieurs crimes, et il tenait une arme quand nous sommes intervenus. Il-
- Vous ne pouvez pas ! (Je hurlai de toutes mes forces) Vous ne pouvez pas le retirer à sa famille ! Il a tout fait sous la menace !
Young-Soo me retenait comme il le pouvait.
- Calmez-vous, mademoiselle. Il sera jugé après une enquête minutieuse. Mais pour ça, pour que la conclusion finale soit juste, nous avons besoin de toutes les informations que vous avez. C'est vraiment important.
Je respirai lentement pour garder les idées claires, et répondis du mieux que je pouvais aux dernières questions que me posa l'agent. Peu importait comment, je trouverais un moyen pour aider Kang-Min.
***
Salut salut !! :3
Merci à tous ceux qui lisent, votent, et commentent ma fiction ! Ca me fait vraiment plaisir :3 Continuez comme ça ! ;)
Et, je suis vraiment désolée, avec les cours, j'ai un peu de mal à poster régulièrement... mais je vais essayer d'arranger ça ! ;)
Bisous ! ♥
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