L'heure des aveux (partie 2)




— Laisse Alessia. Ne t'inquiète pas, ton frère et moi sommes des gentlemen. On ne va pas se taper dessus comme des animaux. N'est-ce pas ?

Je me tourne vers Dante en haussant les sourcils pour qu'il acquiesce à mes dires.

— Tout dépend de toi Cow-Boy.

Décidément, il allait me donner du fil à retordre ! Il ne pouvait pas juste simplement arrêter son petit numéro ! Je suppose que ce serait trop lui demander de mettre son égo de côté et de se comporter comme un homme, un vrai, et pas une espèce de bête impulsive prête à vous foncer dessus si elle n'est pas d'accord avec vous !

Alessia soupire mais se décide à rejoindre la maison, nous laissant seuls.

— Alors ? Ça fait combien de temps que tu es tombé sous le charme de ma sœur ?

— Quoi ?

Je ne suis pas "sous le charme" d'Alessia. C'est différent. Je dirais que c'est comme si tout mon univers s'était métamorphosé à son arrivée. Il y a le "avant" Alessia et le "après" Alessia.

Je ne crois pas au destin ni à toutes les théories selon lesquelles on est amené dans sa vie à rencontrer son âme sœur, celle qui nous complète et fait de nous quelqu'un de meilleure. Cette jolie blonde est bien plus qu'une pièce sur l'échiquier de la vie, c'est une énigme à résoudre, un puzzle dont il manque plusieurs pièces, une toile où les peintures se mélangent pour créer une œuvre impossible à interpréter.

— Hé ho ! Je t'ai posé une question le bouseux.

Il commence sérieusement à me taper sur le système mais il faut que je garde mon calme. Mes yeux rencontrent ceux de Dante et je décide de lui déballer absolument tout ce que j'ai sur le cœur. Je n'ai plus rien à perdre si ce n'est ma dignité.

— Ta sœur est quelqu'un d'exceptionnel. Je n'avais jamais rencontré de personne aussi compréhensive et douce. Elle a su approcher ma fille qui a des graves problèmes de santé, et elle a acquis sa confiance. Tout en elle respire la bonté, c'est comme si un ange avait décidé de débarquer à Chugwater. Toute cette histoire de mafia, de crimes organisés, jamais je n'aurais pu penser qu'elle faisait partie d'une famille aussi...

— Attention à ce que tu dis.

— Non je ne veux pas "faire attention". Je suis quelqu'un d'honnête et je peux t'assurer que ce que je pense des membres de la mafia ne va pas te plaire. Vous êtes des criminels, des gens qui pensent qu'ils peuvent avec toute la simplicité du monde, passer au-dessus des lois ! Vous gagnez de l'argent en répandant la mort et la tristesse autour de vous. La seule chose qui vous intéresse c'est le profit !

Dante se met à rire. Il est plié en deux pendant que je déballe tout ce qui me vrille l'estomac depuis ce matin.

— Tu penses que l'on a payé les études d'Alessia comment ? Pourquoi est-ce que tu crois qu'elle est aussi intelligente et innocente ? Parce que notre famille, les "mafieux" comme tu nous appelles, chacun d'entre nous l'avons protégé ! Alors oui, Alessia est quelqu'un d'exceptionnel et elle est d'une bonté rare, mais ce qui fait d'elle quelqu'un d'encore meilleur, c'est qu'elle refuse de juger les autres sans les connaître. Je suis loin d'être un enfant de chœur, mais je sais que ma sœur n'abandonnera jamais les gens qu'elle aime tout ça parce qu'ils ne correspondent pas à l'idéal qu'elle s'est construit dans sa tête !

Je ne sais pas quoi répondre. Je suis complètement déboussolé par ses paroles. Il est vrai qu'Alessia ne m'a jamais posé de questions sur ma vie, elle m'a fait confiance alors que je cache moi aussi pas mal de démons. Je comprends ce que Dante essaye de faire. Il tente de m'aider à apercevoir la face cachée du miroir, celle que l'on ne raconte pas aux enfants, celle qui nous fait grandir pour affronter le monde qui nous entoure, celle qui exècre les règles manichéennes. 

— Ne crois-pas que tu pourras changer qui elle est réellement, et je te demande de ne pas lui reprocher d'être une De La Rivera. C'est son histoire, sa famille, son cœur et son âme. Si tu n'es pas capable de l'accepter, si tu veux la dompter à ta convenance, alors tu me trouveras sur ton chemin. Je ne laisserai personne la corrompre, faire d'elle un simple pantin que l'on manipule à sa guise. Je sais qu'elle souffre et qu'elle est sûrement traumatisée, alors je ne pense pas que des leçons sur la morale humaine lui soient d'un grand intérêt.

— Pourquoi tu me dis tout ça ?

Dante arrête d'arborer son sourire narquois et redevient sérieux. Il se passe les mains dans ses cheveux de jais et soupire.

— Parce que je n'ai jamais vu ma sœur regarder un homme comme elle te regarde. Crois-moi, celui qui l'a blessé était loin d'être l'homme idéal, et il l'a détruite. Je ne sais pas si tu es capable de l'aider à recoller les morceaux de son cœur, mais je veux que tu me promettes de ne pas lui faire du mal. Elle ne sera pas capable d'encaisser.

— Je pense qu'elle est bien plus forte qu'elle en a l'air.

Je suis obligé de reprendre Dante sur cet aspect d'Alessia, surtout quand j'ai vu la manière dont elle s'est occupée de Lily, la patience dont elle a fait preuve, mais aussi tout le travail qu'elle a accompli dans mon bureau. Ce n'est pas un petit oisillon tombé du nid, elle a su se relever et affronter sa nouvelle vie sans se plaindre.

— Au fait, tu m'as dit qu'elle avait fait des études ?

— Ouais... Avant que papa décide de la marier avec un connard, elle voulait devenir pédopsychiatre.

Tout s'explique. Attendez.... Mariée ! Elle est mariée !

Dante s'esclaffe devant mon expression ahurie.

— Je crois que tu as pas mal de choses à lui demander à ce que je vois !

Il ne croit pas si bien dire. Si je veux qu'Alessia fasse partie de ma vie, il va falloir que j'obtienne un certain nombre de réponses. Mais, pour le moment, j'allai la laisser tranquille, le temps qu'elle retrouve confiance en moi et qu'elle se sente plus en sécurité.

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