L'étau se resserre (partie 1)


ALESSIA

Une fois seule avec Cristiano et Arturo, je décide de leur montrer la dernière pièce du puzzle initiée par Alfredo. J'avais trop peur de la montrer à Parker, donc le fait qu'il ait décidé de rejoindre Dante me laisse quelques minutes.

Lorsque j'ai récupéré mes affaires au Pentagone, j'ai pris soin de vérifier que la clé USB transmise par Alfredo était toujours dans la doublure de mon sac à main. Sous les regards inquisiteurs de mes deux frères, je la sors de sa cachette et la brandis devant eux.

— Arturo, j'ai besoin que tu lises ça sur un de tes ordinateurs. C'est Alfredo qui me l'a transmise.

Sans protester, notre aîné me prend la clé des mains et l'insère dans le MacBook qui trône sur son immense bureau. Cristiano et moi regardons au-dessus de son épaule, conscients que ce que nous allons voir ne sera sûrement pas une partie de plaisir.

Le temps paraît suspendu pendant que les dossiers contenus sur la clé s'ouvrent avec lenteur. Mon cœur cesse de battre lorsque les premières photos s'affichent à l'écran.

Alfredo n'a effectivement jamais cessé de me surveiller. Cristiano et moi à l'aéroport, ma voiture de location, mes premiers échanges avec Maddie, la maison de Nana, Lily et Parker, tout est intégré dans le dossier. Une envie de vomir m'assaille et je me sens défaillir sous les regards ahuris de mes deux frères.

Arturo parcourt les différentes photographies avec attention pendant que Cristiano longe la pièce en se frottant le visage. Sous le coup d'une angoisse foudroyante, je m'assois sur l'un des fauteuils qui fait face au bureau d'Arturo. Mes mains tremblent et la température de mon corps semble descendre dans les négatifs.

Comme si la tension n'était déjà pas suffisante, le coup de téléphone que je reçois la pousse à son paroxysme. Tout le monde se fige en attendant que je décroche. Quand enfin je me décide, je ne suis pas prête à entendre les nouvelles menaces d'Alfredo.

— La famille est-elle au grand complet ?

— Cesse de jouer Alfredo, tu dois le savoir, sinon tu ne m'appellerais pas.

Ma voix se veut froide et menaçante mais cela ressemble plus à une plainte émise par un petit chaton. Je suis tellement pathétique.

— Je voulais juste m'assurer que tu n'allais pas me mentir.

— Quel serait mon intérêt ?

— J'ai toujours su que tu étais intelligente.

— Abrège, Alfredo. Où tu veux en venir ?

« Avez-vous choisi, Monsieur ? ».

Mon sang se glace. Cette voix, celle que j'entends en fond dans le combiné du téléphone, je la reconnaîtrais entre mille. Je manque de m'effondrer sous le coup de l'émotion. Alfredo va s'en prendre, par ma faute, à des gens innocents qui n'ont rien demandé à personne. La seule chose dont ils soient coupables, c'est de m'avoir rencontrée et offert leur amitié.

« Je prendrai la dégustation de tortillas s'il vous plaît, mademoiselle ».

« Tout de suite !»

— Ne leur fait pas de mal.

— Ah je vois que tu as enfin regardé ma petite clé USB !

— Tu es un monstre !

— Ne sois pas mesquine, Alessia. Cette jolie Maddie est en sécurité pour le moment. Je n'ai aucune raison de lui trancher la gorge maintenant. En plus, cette chère Nana et sa petite fille Lily sont en train de déguster un merveilleux repas. Je ne vais pas les déranger dans leur réunion familiale.

— Qu'est-ce que tu attends de moi !?

Malgré moi, j'entends mon hurlement de désespoir écorcher mes cordes vocales déjà mises à rude épreuve ces derniers jours.

— N'est-ce pas évident, Amor Mio ? Je te veux toi, Arturo, Dante, Cristiano, et ma vengeance.

— Ta vengeance ?! Mais de quoi veux-tu te venger !? Tu m'as déjà tout pris !

— Tout a toujours été évident pour les De La Rivera... Un destin tracé, un avenir prospère, des parents aimants et chaleureux... Quand j'ai cru avoir enfin un accès au sein de cette famille, je me suis rendu compte que ton père essayait de me flouer. La trahison est impardonnable dans ma famille, je l'ai appris à mes dépends sous les coups de mon cher paternel. 

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