Chapitre 5

Mallo se délectait sans scrupule de ce massage. Et de haut en bas, elle caressait lentement, d'une prise ferme pourtant, le vit saillant d'Octavio, tachant d'appliquer au nœud quelques pressions savantes, douces et précises ; elle avait planté ses prunelles mauves dans les yeux éperdus de plaisir du jeune homme.

Et elle rapprocha son visage de la verge pulsatile, soufflant à la base de la chair son haleine tiède et humide. Elle lui souriait presque, refusant de lui donner encore tout le désir qu'elle attisait ; elle montrait quelques dents seulement, quand sa langue, si rouge, et si luisante déjà, caressait seulement ses lèvres à elle.

Elle se redressa un petit peu et baissa le regard vers ce qu'elle tenait d'une main – signe qu'elle allait enfin lui donner ce qu'il voulait ; quelques franges de sa chevelure churent sur le bas-ventre dénudé de l'ancien artilleur ; elle les glissa derrière son oreille, d'un geste lent, pour que ce rideau ne tombe pas de nouveau sur cette scène qu'elle avait si bien préparée.

Elle aligna ses lèvres, entrouvertes, au sommet de ce membre viril qui, par sa petite fente, pleurait une goutte transparente de son nectar de vie. Mallo laissa alors échapper de sa bouche un long filet de salive, fluide et tiède, qu'elle répandit, toujours dans son massage perpétuel, le long de la chair tendue ; et Octavio, très-solide et très-humidifié, ne pouvait plus contenir le râle qu'il bloquait tant bien que mal au fond de sa gorge.

Mallo, étant très-satisfaite de son jeu, se permit enfin de goûter à cette pine tant désirée ; faussement timide d'abord, elle commença par des coups de langue hésitants, visitant la moindre parcelle de peau, et n'hésitant pas à revenir à certains endroits intéressant. Elle semblait papillonner et donner le plaisir au compte-gouttes, pour le plus grand malheur d'Octavio. Cependant, ce dernier, se sentant un peu plus à l'aise, s'était permis de passer ses mains dans les cheveux lisses de la serveuse, accompagnant par moments le rythme et les mouvements de sa tête.

Puis, Mallo, sans qu'Ocravio fût préparé – lui qui attendait tant ça – enfonça le bout de cette verge entre ses lèvres, le fit glisser sur la langue, appliquant une agréable succion tout autour, presque divine tant elle était expérimentée.

Et elle suça longuement le nœud fiévreux de désir de l'ancien artilleur, le caressant de sa langue agile, et tout en l'enfonçant plus profondément à chacun de ses mouvements, jusqu'à l'avoir tout entière en elle ; et toute sa bouche fut pleine de cet autre cœur d'amour, de cette solide passion. Il perlait à l'orée de ses lèvres sa salive abondante, blanchie par le mouvement répétitif et bestial. Le silence candide, où chuchotaient seulement les bruissements timides de la soie, était rapidement baillé par les sons gutturaux que provoquait cette bite dans sa bouche.

Octavio ne tenait plus, et se lâcha carrément ; il avait saisi le visage de Mallo entre ses mains vigoureuses et commença à pilonner gentiment cette fine bouche, cette fine bouche si perverse et si belle à la fois. C'était lui maintenant qui se délectait de la situation.

Et cet intense préliminaire dura quelques coups de reins, assez pour qu'Octavio, que Mallo avait trait jusqu'à l'extase, tombe sous le coup d'une petite mort ; et par trois jets ardents de sa mixture blanchâtre, les joues de la jeune serveuse se gonflèrent vivement. Mais elle n'en démordait pas, car dans le même mouvement, par conscience professionnelle, mais par gourmandise avant tout, elle avait avalé – par autant de gorgées que de jets – tout le jus que le jeune homme lui avait offert abondamment.

L'ancien artilleur, qui avait relâché tous ses muscles, souffla longuement par les narines pendant que des frissons épars et chaotiques traversèrent son corps de loin en loin. Mallo se releva lentement, et ses lèvres en collier serré autour du vit – étonnement solide toujours – récoltèrent jusqu'à la dernière goutte avant de le libérer. Et elle sourit en voyant la fatigue et l'apaisement d'Octavio ; il était là, allongé nonchalamment, tout débraillé, les bras ballants, le membre viril luisant de salive.

– Vous m'avez tant donné, commença-t-elle en s'essuyant les lèvres, est-ce déjà la fin ?

Octavio ne répondit pas, mais se redressa seulement, replaça sa mèche, et enfin, avec un souffle haletant :

– Seulement si vous le souhaitez, et comme vous le voyez, je suis encore tout à fait opérationnelle.

Puis, avec un sourire narquois emplie d'une arrogante désinvolture, il continua :

– Je vous ai dit que je pourrai vous surprendre...

Mallo fronça quelques peu ses sourcils, et ses ailes battirent d'un coup sec :

– Arrêtez de le dire, souffla-t-elle sur le même ton, et prouvez-le moi !

Octavio se releva vivement et prit la jeune femme dans ses bras gaillards ; cette dernière se précipita tant bien que mal pour enlever les derniers remparts de cotons de son amant. Et dans cette précipitation des chairs, le jeune homme n'hésita pas à l'embrasser goulûment, à pleine bouche et sans retenue, donnant des coups de langue généreux. Et une fois Octavio enfin torse-nu, renversé sur Mallo, il se dévêtit de son pantalon à moitié baissé.

– Prenez-moi, comme si vous reveniez de guerre, murmura-t-elle chaudement à son oreille, les ongles quelque peu enfoncés dans le dos du jeune homme.

La voix sensuelle de Mallo attisa davantage toute la fougue entre ses jambes ; mais ce n'était pas son genre, d'autant plus qu'il gardait des mauvais souvenirs de cette période sombre de sa vie, mais ce jeu de rôle l'amusa un peu. La soif d'exotisme – et de danger peut-être – des gens de la ville était une chose qui lui semblait si futile et si contemporaine. Lui-même d'ailleurs ne savait ce qu'elle demandait par là. Sûrement qu'elle ne veut pas que je me retienne, se disait-il ; ça, c'était une chose qu'il pouvait faire.

– Si c'est ce que vous voulez, répondit-il d'un seul souffle.

Alors, Octavio se releva ; et Mallo, ne voulant pas le laisser partir, le retint entre ses jambes, qu'elle avait croisées sur le dos du jeune homme. Il était rentré dans son rôle, et gardait un visage grave, sous le regard pétillant de joie de la serveuse ; il se libéra facilement de cette entrave, ses mains ayant écarté d'une facilité déconcertante les cuisses charnues qui le tenaient. Il l'avait ensuite retourné sur le ventre, en la prenant par les épaules, sans ménagement, ni délicatesse ; et elle exalta un souffle d'impatience, le visage enfoncé dans la soie de son lit.

La bouche grande ouverte, les cuisses de même, elle avait aisément deviné les desseins scabreux de l'ancien artilleur ; et se cambra, lui présentant ses deux rondeurs, encore séparées par la fine culotte transparente en dentelle.

Et Octavio, dans un balancement de hanche maîtrisé, passa sa verge à fleur de la rosette éclose, qui bavait pas son trou de joie, toute une mouille sirupeuse ; il récolta ce lubrifiant naturel en séparant les lèvres de Mallo de son membre viril, et massa par la même occasion le nerf d'amour de la jeune femme ; et cette dernière tut à plusieurs reprises des gémissements plaintifs entre ses lèvres serrées.

– Cesse donc de me provoquer ! grogna-t-elle à mi-voix. Et montre moi ce que tu sais faire...

Et Octavio la culeta enfin. D'une lenteur exquise d'abord, il s'enfonça jusqu'à ses bourses, s'agrippant à pleines mains sur les fesses rebondies de Mallo ; il les écarta quelque peu pour libérer ce chemin trivial ; mais ce dernier était si bien moulé – et pourtant si serré – que son vit y glissa tout naturellement. Il la prit alors par les hanches, se pencha au-dessus de son dos et commença, vigoureusement, à la baiser, sans retenue aucune.

S'ensuivit ensuite un concerto de bruit animal, de claquement des chairs, d'écoulement des fluides, des râles et des gémissements passionnés, de souffles gras et d'haleines haletantes. Et Mallo s'aidait de ses doigts pendant qu'Octavio la pénétrait allégrement ; les muscles tendus, les sens à vif, les deux jeunes gens s'abandonnèrent à l'autre sans gêne, dans une passion explosive et sonore.

Mais c'était la serveuse, dans un ultime râle, long et béat, la langue carrément sortie de sa bouche, bavant même sur l'étoffe luxueux de son lit, commençait à finir ; et prise d'un strabisme discret – que le jeune homme trouvait fort existant –, provoqué par ce trop-plein d'émotions, et ne contrôlant plus le moindre de ses muscles, elle jouissait jusqu'à défaire ses draps.

Et un va-et-vient plus tard, l'ancien artilleur, pris d'assaut par les spasmes charnels de Mallo, jouissait à son tour, déchargeant sans scrupule tout le foutre qu'il lui restait dans ses bourses.

Quand Octavio s'extirpa enfin de cet antre de luxure, l'élixir de vie déborda quelque peu du trou détendu. Il s'affala auprès de la jeune femme, le souffle court, et les cheveux décoiffés ; elle se tourna vers lui, posa sa tête sur son épaule :

– Je dois vous l'avouer, dit-elle après un instant, c'est bien la première fois depuis longtemps, que je n'avais pas simulé...

Le jeune homme souffla et lui sourit simplement. Il se mit ensuite à la recherche de ses vêtements, fouilla les poches de son veston, une fois sous sa main, et se tourna vers Mallo, en lui tendant les billets de banque que son camarade lui avait prêté.

Elle avait une fine cigarette à la bouche et venait de l'allumer quand elle vit l'argent. Elle pencha la tête de côté, et lui sourit tendrement. Et après avoir soufflé un long panache de fumée blanc, toujours avec son ravissement de femme comblée, elle lui dit :

– Gardez votre argent mon ami, c'est moi qui vous remercie, pour ce soir.

– Très bien, rétorqua-t-il, étonnement perturbé.

Il les remit alors dans sa poche, et avant de s'habiller, elle lui dit, dans un murmure :

– Restez avec moi ce soir, c'est tout ce que je vous demande.

Octavio, après une courte réflexion, acquiesça et revint s'installer dans le lit. Pour une fois, se disait-il, je ne vais pas passer la nuit seul et sur un matelas miteux.

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