deѕ aιleѕ envoléeѕ
Ne te brûle pas les ailes. C'est ce qu'on m'a toujours dit. Voler haut, voler loin, mais sans tomber. J'en ai conclu qu'il ne fallait pas s'approcher du soleil, alors. Ainsi, pas de brûlures. Pas de marques rouges, pas de blessures.
J'ai suivi la lune. Je me suis laissée porter par les vents de minuit, j'ai écouté la voix des étoiles. J'avais les yeux tournés vers l'obscurité, je me protégeais de l'aveuglement de la lumière. J'ai laissé les ombres me rassurer. Je les ai laissées entrer dans ma tête, dans mon cœur, je les ai accueillies comme des amies. J'ai souri à la mort, pensant alors qu'elle était moins dangereuse que la vie.
Puis un jour je me suis rendue compte que non, c'était l'inverse. La mort apparaissait comme une lumière, une libération, face aux douleurs que l'on pouvait ressentir. La vie est alors devenue mon refuge. Froide, sombre, protectrice. Elle ne me brûlerait pas les ailes, puisqu'elle n'était que noire.
Alors j'ai vécu. J'ai rencontré des gens, j'ai appris à rire, à aimer, j'ai laissé la chaleur de l'être humain prendre la place du silence de l'obscurité. J'ai arrêté de me protéger. Du moins, c'était ce que je pensais.
La lumière, finalement, le jour, le soleil, ils ne m'ont pas brûlé les ailes. Ils les ont renforcées. Ils les collaient à ma peau transpirante, et cela m'offrait une couverture lorsque la nuit arrivait. Enveloppée de leurs plumes, je volais vers la moindre petite source de clarté, pour me réconforter. J'avais peur du noir. Peur de ce que le froid pourrait faire à mes ailes. Les geler, par exemple. Je serais alors restée immobile, à ne plus suivre les mouvements du monde. Il aurait continué à tourner autour de moi, les gens à marcher, mais moi... moi, j'aurais été invisible. Morte.
J'ai appris à aimer la joie, à me protéger derrière l'amour. Mes yeux aspiraient la lumière et la faisaient ressortir tout autour de moi. J'ai commencé à sourire, à marcher légèrement, à flotter dans le bonheur. La vie était belle.
Puis un jour, j'ai perdu mes amis. Les humains me tournaient le dos, lentement, une... lueur brûlante de reproches dans le regard. La lumière dans leurs yeux était agressive, elle me marquait au fer rouge. Elle creusait des blessures dans mon cœur bouillant. Ils m'ont brûlé les ailes.
Enfin, c'était ce que je croyais.
Jusqu'à ce que je réalise... j'avais été trop lumineuse. Trop solaire. J'éblouissais tout le monde. Mes amis ont eu le sentiment que je brûlais les leurs. Alors ils m'ont tourné le dos, se sont tournés vers la lune. J'avais brûlé mes amis. Mais je ne l'ai compris que trop tard...
Désolée, Maman, Papa. Désolée. J'ai trop été le soleil. Je me suis brûlé les ailes. Et maintenant j'ai trop chaud pour parler. Je suis desséchée, je n'arrive pas à appeler le silence de l'obscurité.
Elle doit avoir trop peur de se brûler aussi.
J'aurais dû rester la nuit.
À trop goûter le soleil, j'ai oublié l'essentiel. Et je me suis brûlé les ailes.
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