[ chapitre 36]
Tw: grosse dose de mignonitude
La clé tourna dans la serrure. Hermione sursauta, un léger frisson parcourant son dos, et releva la tête. La porte s’ouvrit et Ron entra, son manteau sur l’épaule, l’air un peu fatigué. Il ne vit d’abord rien d’inhabituel, puis son regard balaya la pièce et se posa sur Drago, assis en face d’Hermione, les mains posées sur la chaise à côté de lui.
Hermione sentit son cœur s’emballer. Oh non… qu’est-ce qu’il va penser ? pensa-t-elle en une fraction de seconde. Ses mains se crispèrent sur le plan de travail, et elle inspira profondément, cherchant le courage.
Drago, de son côté, avait compris. Le regard qu’Hermione lui lança, presque suppliant, le fit sourire doucement. Il savait que ce moment devait être le leur, le vrai, sans sa présence.
— Je vais sortir marcher un peu, souffla-t-il doucement, à la fois pour qu’Hermione entende et que Ron le remarque.
Elle hocha la tête, reconnaissante. Son regard lui renvoya un message clair : c’est ton moment, dis-le-lui.
Drago se leva, ramassa son manteau et posa une main rapide mais rassurante sur son épaule.
— Je reviens dans un moment.
Sans attendre de réponse, il passa près de Ron et sortit, refermant doucement la porte derrière lui. Le silence retomba, presque palpable.
Hermione inspira profondément, comme si elle venait enfin de relâcher une partie de la tension accumulée. Ses doigts tremblaient légèrement sur le rebord du plan de travail. Ron, lui, la fixait avec un mélange de curiosité, d’inquiétude et d’impatience.
— Hermione… qu’est-ce qui se passe ? demanda-t-il doucement, mais avec insistance.
Elle sentit son cœur battre trop fort. Elle voulait parler, mais la peur l’étouffait presque. Il va me juger… il va me trouver égoïste… il va me haïr… pensa-t-elle.
— Ron… je… murmura-t-elle, la voix tremblante.
Ron fit un pas en avant, ses mains venant se poser doucement sur ses épaules. Son regard cherchait le sien, plein de sollicitude et de détermination.
— Hermione… dis-moi. Je veux comprendre.
Hermione sentit ses yeux se remplir de larmes. Elle inspira, laissant sa voix se frayer un chemin :
— Je suis… je suis enceinte.
Le temps sembla se suspendre. Hermione retenait son souffle, observant le visage de Ron avec anxiété. Elle s’attendait à la peur, à la colère, à la confusion. Mais ce qu’elle vit la bouleversa : ses yeux s’illuminèrent soudain de joie pure, ses lèvres s’étirèrent en un sourire immense, incontrôlable.
— Quoi ? murmura-t-il, incrédule. — Tu… tu es sérieuse ?
Hermione hocha la tête, incapable de parler. Ses mains tremblaient. Un petit rire nerveux s’échappa d’elle. Il va me rejeter… non, il sourit… il est heureux… pensa-t-elle, confuse devant l’intensité de sa joie.
Avant qu’elle n’ait pu protester, Ron la saisit par la taille et la serra contre lui, la faisant vaciller légèrement.
— Par tous les trolls en tutu ! Je vais être papa ?! cria-t-il, la voix vibrante d’excitation.
Hermione éclata de rire, les larmes roulant sur ses joues, partagée entre soulagement et vertige. Elle essaya de se dégager, mais il la fit tourner doucement sur elle-même, maladroit mais tellement heureux, riant comme un gamin.
— Papa ! répéta-t-il, essoufflé, le sourire illuminant tout son visage. Papa ! Par Merlin, je vais vraiment être papa !
Hermione sentit son cœur fondre. Toutes ses craintes s’évanouissaient face à cette réaction brute, instinctive, pleine de joie et de fierté. Il… il ne me juge pas… il est juste… heureux…
Quand enfin il la reposa, elle se blottit contre lui, les mains sur sa poitrine, le front collé au sien. Ron, incapable de s’arrêter, la serra encore plus fort, son rire se mélangeant à ses murmures :
— Tu sais quoi ? Peu importe le reste. Peu importe tout. On va y arriver. Toi et moi… et ce petit bout.
Hermione ferma les yeux, relâchant enfin toute la tension. Elle se sentait en sécurité, protégée, et pour la première fois depuis des semaines, elle pouvait respirer sans crainte.
Puis la question tomba, simple mais directe :
— Hermione… pourquoi tu ne m’as rien dit avant ?
Elle baissa les yeux, ses doigts jouant nerveusement avec ses manches. Son cœur se serrait à nouveau, mais elle savait qu’elle devait tout lui dire.
— J’avais peur… murmura-t-elle. Peur que ce soit trop… pour toi, pour nous. Avec tout ce qui se passe… le bébé de Harry, Drago… tout ce chaos… je ne savais pas comment le dire sans que tout explose.
Ron fronça les sourcils, surpris, ses pensées tournoyant entre inquiétude et émerveillement.
— Tu pensais que je ne pourrais pas gérer ? répéta-t-il, incrédule. — Hermione… mais regarde-moi ! Je vais être papa ! Tu n’avais pas à porter ça seule !
Hermione sentit un frisson la traverser. Les larmes lui montèrent aux yeux, mais cette fois, c’était un mélange de soulagement et de reconnaissance.
— Je sais… je sais maintenant… mais j’avais peur. Peur que tu associes tout ça au moment… à Harry…
Ron secoua la tête avec un petit rire, tendrement exaspéré.
— Tu m’as complètement sous-estimé, Hermione. Tu penses toujours trop, hein ? Je suis ton Ron. Peu importe le reste. On va y arriver. Tout ce qui compte, c’est toi et moi… et ce bébé.
Hermione leva enfin les yeux vers lui, et pour la première fois depuis des jours, elle sentit qu’elle pouvait tout lui dire.
— Tu es sûr ? murmura-t-elle, presque timide. — Même avec le bébé de Harry…
Ron hocha vigoureusement la tête, un sourire immense illuminant son visage.
— Oui. Même avec ça. On fera face. Ensemble. Toujours.
Hermione se blottit contre lui, laissant enfin tomber toute la fatigue et la peur accumulées, savourant la chaleur rassurante de ses bras.
— Je t’aime, murmura-t-elle.
— Moi aussi, mione … et je vais être papa ! répéta-t-il, encore émerveillé, comme s’il n’arrivait pas à croire que ce bonheur était réel.
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