[chapitre 34 ]

La pluie battait doucement contre les vitres, remplissant la maison d’un bruit sourd et apaisant. Le feu dans l’âtre crépitait, projetant des ombres sur les murs.

Drago était assis au bord du canapé, les épaules voûtées, la couverture glissée autour de lui. Ses yeux cernés fixaient les flammes, mais il ne voyait rien.

Hermione entra discrètement, un plateau dans les mains. Du thé, quelques biscuits. Elle posa le tout sur la table basse sans un mot, puis s’assit à côté de lui, à une distance respectueuse.

Un long silence s’étira.

— Tu devrais essayer de manger un peu, dit-elle doucement.

— Je n’ai pas faim, répondit-il, la voix rauque.

Hermione acquiesça. Elle ne le força pas. Elle savait qu’il fallait de la patience.

— Tu veux… parler ?

Drago serra la couverture entre ses doigts, le tissu froissé. Ses lèvres tremblaient presque.
— Il m’a menti, Hermione. Pendant tout ce temps. Il a… il a eu un enfant avec elle. Et il me l’a caché. Comment… comment je pourrais lui pardonner ça ?

Hermione inspira doucement. Elle posa sa main sur le dossier du canapé, un geste calme, presque neutre, mais qui portait une chaleur discrète.
— Ce qu’il t’a dit… tu crois qu’il l’a fait pour te blesser ?

Drago releva enfin les yeux vers elle, brillants d’une colère mêlée de douleur.
— Non. Mais il l’a fait quand même.

Hermione hocha la tête, respectant sa réponse.
— Tu as le droit d’être en colère. Tu as le droit d’avoir mal. Mais… je crois aussi que Harry est perdu, Drago. Perdu comme toi. Et que, malgré tout, il t’aime toujours.

Un silence tendu. Le souffle de Drago se fit plus court.

— Tu crois qu’on peut aimer quelqu’un et lui cacher quelque chose d’aussi énorme ? demanda-t-il d’une voix brisée.

Hermione prit une inspiration tremblée.
— Oui. Quand on a peur. Quand on pense qu’on ne sera pas assez. Quand on croit qu’on va tout perdre si on dit la vérité.

Drago baissa les yeux, sa gorge serrée. Ces mots faisaient trop écho à ses propres peurs.

— J’ai l’impression… que tout s’effondre. Que je ne compte pas. Que je n’ai jamais compté.

Hermione s’approcha un peu plus, posant doucement sa main sur la sienne.
— Tu comptes. Plus que tu ne l’imagines. Pour Ron. Pour moi. Pour lui.

Drago ne répondit pas. Ses yeux s’embuèrent, il détourna la tête, honteux de laisser paraître ses larmes.

Hermione ne dit rien de plus. Elle resta simplement là, silencieuse, une présence stable à côté de lui.

Et, pour la première fois depuis des jours, Drago laissa ses épaules se relâcher, juste un peu.

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