[chapitre 30 ]
Pour ne pas vous suprendre je tiens a signaler que les pov de ce chapitre alterne entre les pensées de Drago et celles d' Harry.
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Le feu crépitait dans l’âtre, mais il ne réchauffait rien. Pas ses mains tremblantes, pas le vide dans sa poitrine.
Assis sur le canapé chez les Weasley-Granger, il fixait ses genoux, ses doigts crispés laissant des marques rouges sur ses paumes. Hermione lui avait posé une couverture sur les épaules, et elle parlait doucement, des mots qu’il percevait à peine, comme filtrés à travers une vitre.
Il avait l’impression que tout ce qu’il avait construit s’était effondré. Comme si Harry l’avait arraché à lui-même et à tout ce qu’il connaissait. Il avait envie de hurler, mais aucun son ne sortait.
L’appartement était trop silencieux. Chaque pièce lui hurlait l’absence.
Il tournait en rond, tirant sur ses cheveux, griffant presque ses propres doigts. Ses yeux s’arrêtaient sur tout ce qui avait un lien avec Drago : le canapé où il riait, la tasse encore posée sur la table, son manteau qui n’était plus accroché à l’entrée.
Il essayait de respirer, mais chaque inspiration se coinçait dans sa gorge.
Et puis il revoyait tout. La lettre. Le berceau. Le bébé. La couleur rose. Ce rire aigu, faux, qui s’était imprimé dans son crâne comme une torture répétée.
— Bois un peu, dit Ron, en lui tendant une tasse de thé.
Drago leva à peine les yeux. Ses cils étaient encore humides, et il ne chercha même pas à le cacher.
— Je ne comprends pas… murmura-t-il. Pourquoi ? Pourquoi il m’a fait ça ?
Hermione serra sa main, fermement.
— Tu n’as rien fait de mal.
Mais Drago n’y croyait pas. L’image de Harry, ses yeux pleins de secrets, revenait sans cesse, le déchirant de l’intérieur.
Il posa ses mains contre le mur de la chambre, les jambes pliées sous lui.
Je ne voulais pas.
La phrase se cognait dans son crâne comme une incantation inutile.
Je ne voulais pas. Je ne savais pas.
Les souvenirs brouillés éclataient en flashs : le parfum écœurant, le rire aigu, la chaleur lourde d’une pièce qui n’était pas la sienne. Et toujours ce rose, comme une tache qui recouvrait tout.
Puis… noir.
Il serra ses tempes, espérant pouvoir effacer cette boucle qui recommençait sans fin.
Il céda enfin à la fatigue. La tête contre le dossier, la couverture serrée autour de ses épaules, il se laissa sombrer. Même dans le sommeil, les cauchemars ne le lâchaient pas. Le visage d’Harry revenait, la trahison, le silence, les secrets… tout cela le hantait.
Il s’effondra au sol, à genoux, les mains couvrant son visage. Pour la première fois depuis longtemps, il pleura sans bruit, comme si sa gorge refusait même le droit de crier.
Drago… je suis désolé.
Le nom de Drago tournait dans sa tête, comme un fil auquel il pouvait s’accrocher dans ce chaos. Mais l’absence était cruelle. Drago n’était pas là, et lui, seul, n’était plus rien.
Dans le salon silencieux, la lumière du feu dansait sur ses traits tirés. Même au milieu des Weasley-Granger, il se sentait seul. Son cœur battait à tout rompre, mais il n’y avait personne pour entendre. Il respirait à peine, attendant que le sommeil l’engloutisse pour un instant, juste un instant, de répit.
Tout revenait. Chaque scène, chaque geste, chaque odeur. Les images se chevauchaient dans un tourbillon qui lui arrachait le souffle. Et pourtant, dans un coin de son esprit, un petit fragment de lumière : Drago. Peut-être, juste peut-être, qu’il pouvait revenir. Que tout ne serait pas perdu.
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