[ chapitre 21 ]

Hermione resta longtemps silencieuse, accroupie dans le froid de la ruelle, la main toujours posée sur le bras de Drago. Elle n’était pas du genre à pleurer facilement, mais là… il y avait dans les yeux de Drago une détresse si nue, si violente, qu’elle en avait la gorge nouée.

Elle ne savait pas si elle aurait su encaisser ça, elle. Une telle trahison. Un tel silence.

Au bout de quelques minutes, des pas pressés résonnèrent derrière elle. Elle ne se retourna même pas. Elle savait.

— Hermione ?

Ron, essoufflé, apparut à l’entrée de la ruelle. Il tenait leur manteau sur le bras et une écharpe dans l’autre. Lorsqu’il aperçut Drago, en sanglots, recroquevillé, il s’arrêta net.

Ils ne s’étaient jamais vraiment aimés. Ils avaient fait des efforts. Pour Hermione, pour Harry. Mais là, il n’y avait plus d’anciens ennemis, plus de rancunes. Il n’y avait qu’un homme effondré, et un autre qui comprenait que ça aurait pu être lui.

Ron s’approcha lentement, tendit la main sans un mot, et déposa l’écharpe sur les épaules de Drago. Celui-ci tressaillit, releva la tête, surpris. Mais il ne repoussa pas le geste.

Hermione échangea un regard avec Ron. Un regard plein d’années partagées, de fidélité, de douleur contenue.

— Tu veux qu’on t’emmène chez nous ? demanda-t-elle à voix basse.

Drago ne répondit pas. Mais il ne dit pas non.

Alors ils l’aidèrent à se relever, doucement. Comme on relèverait un frère blessé.

Et dans la nuit tombante, au milieu du vacarme londonien, ils partirent à trois. Vers un lieu temporaire. Un abri. Pas une solution, pas encore. Mais un endroit pour poser la peine.

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