[chapitre 20]

Il avait marché. Longtemps. Sans savoir où il allait.

Les rues de Londres défilaient autour de lui, mais il ne les voyait pas. Il n’y avait plus de direction, plus de logique. Juste ce vide, immense, insondable, dans sa poitrine.

Il s’était effondré dans une ruelle de Soho, les genoux repliés contre sa poitrine, le visage caché dans ses bras. Tremblant. Gelé. Le monde entier tournait trop vite, et lui… lui n’était plus qu’un souffle cassé.

Il avait cru qu’aimer suffirait.

Mais aimer ne réparait pas les secrets. Et ce qu’Harry lui avait révélé – ou n’avait pas su lui révéler – l’avait écartelé de l’intérieur. Il voulait le haïr. Il voulait hurler, tout casser, disparaître. Mais à la place, il pleurait.

Et il en avait honte.

C’est là qu’Hermione le trouva.

Elle avait suivi un instinct, pas un sort. Juste cette impression diffuse qu’elle le trouverait là où personne ne chercherait. Et en le voyant recroquevillé, fragile, brisé dans cette ruelle, elle oublia tout le reste.

— Drago... murmura-t-elle, doucement.

Il leva les yeux, surpris. Son visage était ravagé. Il tenta un sourire, un rictus moqueur, mais sa lèvre trembla.

— T’es venue pour me faire la morale ?

Hermione s’agenouilla devant lui, sans hésiter. Elle posa une main sur son bras.

— Non. Je suis venue parce que tu avais besoin que quelqu’un te voie.

Il détourna les yeux, secoua la tête.

— Tu savais, toi aussi ?

— Pas tout. Juste… assez.

Il serra les dents, une larme roulant sur sa joue malgré lui.

— Il aurait dû me le dire. Il m’a laissé rêver d’une vie qu’il savait déjà impossible.

— Il ne savait pas comment faire. Et je ne dis pas ça pour le défendre, dit Hermione. C’est juste… parfois, on s’enferme dans le silence parce qu’on a peur que la vérité détruise ce qu’on aime.

— Et il a eu raison, murmura Drago. Parce que c’est exactement ce qui est en train de se passer.

Hermione ne répondit pas tout de suite. Elle resta là, près de lui, dans cette ruelle grise, à partager son silence sans le combler.

Puis, doucement :

— Ce que tu ressens est légitime. Tu as le droit d’être en colère, blessé, perdu. Mais ne te perds pas toi-même en chemin, Drago.

Il hocha la tête, les yeux toujours rouges, la voix brisée :

— Je ne sais pas quoi faire. Je l’aime… mais je ne peux pas respirer, là, maintenant. Pas avec ce qu’il m’a fait.

Hermione serra doucement son bras.

— Alors respire ailleurs. Autant que tu veux. Mais ne ferme pas la porte. Pas tout de suite.

Et elle resta là. À ses côtés. Jusqu’à ce que ses sanglots cessent.

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