[chapitre 2 ]
Le matin était gris, londonien à souhait, mais Draco s'en fichait. Le café était chaud, Harry encore endormi, et dans la cuisine en désordre, il y avait une vie à deux qui prenait forme.
Il y avait des tasses dépareillées, une pile de journaux moldus que Harry ramenait du kiosque, une plante que Neville leur avait offerte qui menaçait déjà de mourir... et des chaussettes traînant un peu partout. Rien n'était parfait, mais rien ne l'avait jamais autant comblé.
Draco portait la chemise d'Harry - trop large, les manches tombant sur ses mains - et jetait des sorts paresseux pour ranger ce qu'il pouvait. Il chantonnait. Lui. Draco Malefoy. Il chantonnait. S'il s'était vu, quelques années plus tôt...
Harry apparut dans l'encadrement de la porte, les cheveux en bataille, encore en pyjama, les yeux mi-clos.
- Tu fais fuir les voisins avec ta voix, marmonna-t-il.
Draco haussa un sourcil, faussement outré.
- Mon chant est angélique.
- Ton chant est un crime contre la paix publique.
Il s'approcha, déposa un baiser distrait sur sa tempe, puis attrapa une tartine sans cérémonie.
- On devrait fêter ça, dit-il entre deux bouchées.
- Fêter quoi ?
- Notre premier jour de vie commune sans que tu me menaces d'un sortilège de rangement.
Draco roula des yeux.
- Ce n'est pas de ma faute si tu vis comme un troll.
Harry lui lança un regard brillant.
- Tu savais dans quoi tu t'engageais.
- Hélas, oui.
Ils rirent tous les deux. Un de ces rires légers, sincères, qui s'accrochent au cœur. Puis le silence revint, mais ce n'était pas un silence gênant. C'était un silence familier. Apaisé.
Harry s'assit sur le plan de travail et observa Draco longuement. Son regard glissa sur ses cheveux blond platine, son profil concentré alors qu'il versait le café, ses poignets fins dépassant de la chemise froissée. Puis il sourit.
- T'es beau quand t'es heureux.
Draco se figea, surpris. Touché.
- Je suis toujours beau.
- Oui, mais là... t'es beau différemment.
Ils restèrent là, un moment, à se regarder comme deux idiots épris. Et dans cette cuisine encore bancale, c'était tout ce dont ils avaient besoin.
Un jour, Draco se rappellerait ce matin-là.
Il se rappellerait la lumière douce.
Les miettes sur le carrelage.
La chemise volée.
Le regard d'Harry.
Et il se rappellerait que ce jour-là, il n'avait rien vu venir.
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