[chapitre 17 ]
Il aurait pu le confronter.
Le soir même, ou le lendemain. Il aurait pu hurler, pleurer, exiger. Poser les questions qui lui brûlaient les lèvres, celles qu’il retournait en boucle dans sa tête. Mais il ne le fit pas.
Il voulait lui laisser une chance.
Une vraie.
Pas un piège.
Alors il attendit.
Trois jours.
Trois jours d’un silence épais, mais jamais hostile. Trois jours où Drago l’observa plus qu’il ne le regarda, notant les absences, les gestes trop calmes, les sourires un peu vides.
Harry s’éloignait.
Ou bien il se noyait.
Et Drago, lui, attendait qu’il tende la main. Qu’il dise : « j’ai besoin de toi », ou au moins « je ne sais pas comment le dire ». Mais rien ne vint.
Alors, le quatrième matin, il se leva plus tôt que lui. Il prétexta un dossier à rendre à l’université magique de Londres. Il l’embrassa même sur la tempe.
Et le soir venu, quand Harry enfila sa veste pour « sortir prendre l’air », Drago n’attendit plus.
Il le suivit.
Sous sa cape de désillusion, les pas légers, le cœur en vrac, il le suivit jusque dans les ruelles calmes menant à l’aile réservée des visites tardives de Sainte-Mangouste.
Harry ne regardait pas autour de lui. Il avançait vite, les épaules basses, le regard fuyant, comme s’il tentait d’échapper à quelque chose qui lui collait à la peau.
Drago le vit passer la sécurité sans même donner son nom — un sort, sûrement. Il attendit qu’il ait disparu dans les escaliers avant d’entrer à son tour.
Chambre 417.
Il la retrouva sans peine.
Et cette fois, il s'approcha sans hésiter.
Il entendit d'abord la voix d’Harry.
Douce. Inhabituellement douce.
— Voilà. Tu vois ? Je suis revenu. Je suis là, petit bonhomme.
Et un rire. Léger. Brisé aussi.
Drago ferma les yeux.
Il aurait pu ouvrir la porte. Il aurait pu faire éclater la vérité, là, tout de suite.
Mais à la place, il recula.
Une dernière fois.
Il laissa Harry dans cette pièce, avec cet enfant dont il n’avait jamais parlé. Il descendit les marches, les mains dans les poches, la gorge nouée.
Il lui avait laissé une chance.
Il ne la saisirait pas.
Alors la prochaine fois, il ne resterait plus dehors.
La prochaine fois, il entrerait.
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