[chapitre 11 ]

La soirée s'était écoulée dans une tranquillité douce. Après une journée de rangement dans leur nouvel appartement, une musique en fond, quelques rires maladroits, et des plats à moitié brûlés — tout éparpillé sur la table du salon — Harry s'était senti bien. Ils étaient enfin là, ensemble, après tout ce qu'ils avaient traversé. Un petit coin de bonheur tout neuf, et, pour un moment, Harry s’était senti léger, serein.

Drago était assis à ses côtés sur le canapé, la tête contre son épaule. Harry caressait distraitement ses cheveux. Ils n'avaient pas beaucoup parlé, mais leurs silences étaient confortables, complices. La tendresse dans l’air était palpable.

— On n’est pas mal, hein ? murmura Drago, une étincelle d'humour dans la voix.

Harry sourit, un sourire qui en disait long. Ils avaient traversé tant de choses ensemble. Il ne répondit pas tout de suite, préférant profiter de l’instant. Puis, il lui glissa un regard, sans mot dire.

— Non. On est bien.

Drago ferma les yeux, s'enfonçant un peu plus dans l’étreinte.

Le calme s’étendait dans la pièce, l’air chaleureux et doux. L’odeur du curry, des épices qui flottaient encore dans l’air, se mêlait à la chaleur des couvertures sous lesquelles ils s’étaient blottis. Harry se laissa aller à la paresse d’une soirée tranquille, ne se doutant pas que tout allait bientôt basculer.

Mais plus tard dans la nuit, un bruit le réveilla en sursaut.

Il se redressa, le cœur battant. D'abord léger, puis insistant, un bruit discret résonnait dans l’appartement. Un toc. Un toc faible, mais qui se faisait entendre à travers le silence de la nuit. Un toc de hibou.

Harry se leva lentement, les pieds heurtant le parquet froid. Il s'approcha de la fenêtre, encore engourdi par le sommeil. Un hibou noir se tenait là, perché sur le rebord. Un rouleau de parchemin était attaché à sa patte.

Un pressentiment étrange naquit dans son ventre.

Il ouvrit la fenêtre sans un mot, et l’oiseau entra dans la pièce d’un battement d’ailes. Il se posa sur le coin de la table basse, et Harry récupéra le rouleau de parchemin, encore un peu groggy.

Le hibou attendait patiemment, son regard brillant.

Harry déroula la lettre, un malaise grandissant en lui, se demandant pourquoi on lui envoyait une missive à une heure aussi tardive.

Ce qu’il lut le frappa comme un coup de poing.

Les mots étaient simples, presque froids, mais chaque phrase semblait résonner comme un choc dans son esprit. Il reconnut le nom de Sainte-Mangouste en haut de la feuille et son regard se fixa sur les lignes suivantes.

"Nous avons le regret de vous informer qu'un enfant de votre paternité a ete déclaré. La mère, Ginny Weasley, a malheureusement décédé lors de l’accouchement, laissant l’enfant sans protection. Des mesures ont été prises pour assurer son suivi médical. Nous vous demandons de bien vouloir vous présenter à Sainte-Mangouste pour connaître les étapes suivantes."

Les mots "enfant de votre paternité" tournoyaient dans son esprit, mais il n'arrivait pas à saisir pleinement leur sens.

Il sentit ses jambes fléchir sous lui. Ses mains étaient froides, la lettre tremblait dans ses doigts. Il fixa la page, comme si la force de sa volonté pouvait la faire disparaître. Mais elle restait là, bien réelle, dans ses mains tremblantes.

Un enfant. Son enfant.

Il se sentit complètement paralysé. Tout se brouillait autour de lui. La pièce, l'air, même son propre souffle… Tout semblait s’effondrer d’un coup.

Le hibou, fidèle, attendait toujours. Fixant Harry de ses yeux perçants.

Mais Harry ne réagissait pas. Il était figé, incapable de faire face à cette nouvelle réalité.

Ses yeux se tournèrent vers Drago. Il était toujours là, à côté de lui, endormi paisiblement. Son souffle régulier, calme, contrastait avec la tourmente qui faisait rage dans l’esprit d’Harry.

Harry regarda encore un instant l'homme qu'il aimait, toujours profondément endormi, totalement inconscient de ce qui venait de se passer. Il déglutit difficilement.

Le cœur lourd, il se tourna vers la porte. Il ne savait pas comment affronter tout ça, mais il savait une chose : il devait y aller.

Il devait partir.

L’hôpital. Sainte-Mangouste.

Il ne pouvait pas attendre.

Ses pas étaient lourds lorsqu’il traversa la pièce, s’emparant de sa veste au passage. Le hibou, toujours silencieux, attendait patiemment. Harry se détourna, glissant la lettre dans sa poche sans un mot.

Et il sortit dans la nuit.

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