Chapitre 9

Alice est soucieuse. Elle observe le bâtiment en se demandant si elle a bien fait. Elle a sauté dans le premier train du matin sur un coup de tête. Enfin un coup de tête...pas vraiment. La pensée de faire ça la tenue éveillée une très grande partie de la nuit. Au matin sa décision était prise. Au diable Amsterdam elle allait voir Louis. Il lui manque énormément alors que ça fait à peine 3 jours qu'ils ne se sont pas vu. 

Alice a quitté l'appartement tôt le dimanche matin pour prendre le train direction la Belgique. En trois jours elle a enchainé les interviews, les rendez vous interminable avec sa maison d'édition et toutes les entrevues professionnelles qu'elle avait à faire. Avec le temps et la renommé elle aurait pu opté pour une maison d'édition française, ça lui aurait évité certains déplacements. Mais comme c'est en Belgique qu'elle a signé son premier contrat et qu'elle est du genre fidèle, elle n'a jamais pensé à changer. 

Alice n'a pas pensé non plus à prévenir Louis de son voyage. Ce dernier l'a appelé le dimanche aux alentours de midi, s'inquiétant de son absence. Et depuis ils sont constamment entrain de parler, par message ou par appel. Alice doit bien avoué qu'il lui a manqué. Avant que Katell ne lui fasse remarqué les regards de Louis en vers elle ou même le fait qu'il la touchait dès qu'il en avait une occasion, elle n'y avait pas fait attention. Et là en deux jours Alice était en manque de ses yeux bleus, de ses mains qui effleurent son dos ou encore des simples bisous de bonjour auquel elle a le droit le matin. 

En temps normal après s'être occupé de ses obligations en Belgique, elle prend toujours entre deux et trois jours à Amsterdam. Elle ne sait pas pourquoi, mais cette ville l'a toujours inspiré. Elle a depuis longtemps eu un coup de cœur pour les bar en bord de canal et le café qui semble être beaucoup plus savoureux dans cette ville. 

La veille Alice l'a annoncé à Louis alors qu'ils faisaient un face time. Elle a clairement vu ses yeux s'assombrir ainsi que son air peiné. Surtout que juste avant Louis lui a fait par du calvaire du mercredi. Il ne travaille que la matinée mais pourtant au vu des deux heures avec les troisièmes C il a l'impression d'y être une journée complète. 

Alice a donc décidé, de mettre de côté son escapade à Amsterdam et de rentrer à la maison pour surprendre Louis. Ils ont mis en place pour la semaine d'après normalement, une intervention d'Alice dans sa classe redoutée pour leur expliquer son métier et proposer un atelier comme elle l'a fait dans la clinique ou travaille Harry. Elle a eu l'idée, vu que tout est près de toute façon, d'arriver une semaine plus tôt. Elle s'est dit qu'une surprise pourrait plaire à Louis. 

Seulement maintenant que l'écrivaine est devant l'établissement elle a un doute. Si ça se trouve en venant elle va foutre en l'air son programme. Ou alors peut-être qu'il ne sera pas content de la voir. Alice, elle a hâte de revoir ses yeux bleus et son magnifique sourire. A travers un écran c'est bien mais en vrai c'est mieux. 

Nerveuse, elle écrase sa deuxième cigarette dans le cendrier le plus proche. Cette idée n'était pas bonne. Elle ne sait même pas dans quelle classe il enseigne. Ni même les heures de pause. Si ça se trouve elle va arriver en plein milieu d'un cour. Ou pire, elle ne pourra peut-être même pas rentrer dans l'établissement. 

-Alice ?

Elle se retourne, surprise que quelqu'un l'appelle et est contente de voir Zayn se diriger vers elle. 

-Qu'est-ce que tu fais là ? Je te croyais à Amsterdam. 

-J'ai voulu faire une surprise à Louis. Elle répond rapidement à l'étreinte de son ami. Mais je ne sais pas si c'est une bonne idée.

-Oh si. Il l'attrape par le bras et l'attire à lui pour qu'elle le suive. Il est imbuvable depuis lundi. ça va être bien que tu soit là. Viens avec moi. 

-Mais qu'est-ce que tu faisais là toi ?

-J'ai été chercher des cafés au Starbucks, celui de la salle des profs est imbuvable.

Zayn la fait entrer dans l'établissement et la guide à travers les bâtiments. Il en profite pour la questionner sur Katell et ses goûts. Soudain il s'arrête et lui fait signe d'être silencieuse. Sans frapper il rentre dans une pièce. Alice sourit en voyant Louis assis à son bureau au bout de la salle. Il semble concentré sur les copies qu'il a devant lui. 

-Enfin ! T'es parti les chercher en Colombie ou quoi tes grains de café ! S'exclame l'enseignant sans quitter son travail du regard en entendant les pas de Zayn dans la pièce. 

-Non à Amsterdam.

-Haha ! Très drôle ça ! Répond son ami avec sarcasme. Tu devrais la noté ça fera peut-être rire Katell.

-Lève ta tête ducon. 

-Pour voir ta sale gueule, non merci. 

-Je ne suis pas sûre de le prendre bien. Ne peut pas s'empêcher d'intervenir Alice.

Louis relève la tête tellement vite que l'écrivaine est persuadée d'entendre ses cervicales craquer. 

-T'es là ? S'exclame-t-il en de levant et s'approchant de sa colocataire.
-Je crois oui. Elle répond avec un sourire. Bonjour Louis.

Alice ne sait pas trop à quoi s'attendre, elle est donc surprise lorsque l'enseignant la prend dans ses bras. Elle répond maladroitement à l'étreinte.

-Tu m'as manqué. Chuchote Louis à son oreille.
-Je vais vous laisser moi. Vous avez cinq minutes avant le début du cours ! Déclare Zayn en quittant la classe.

Ni Louis ni Alice ne prennent le temps de lui répondre ou de tourner la tête. Ils sont là front contre front, les bras d'Alice autour du cou de Louis, ceux de Louis encerclant les hanches d'Alice. Ils ne bougent pas. Profitent de ces quelques minutes l'un avec l'autre. Alice est bien tenté d'en profiter pour l'embrasser mais elle n'ose pas. Faire deux heures de route pour le retrouver c'est sans problème mais faire deux cm pour l'embrasser c'est trop. Elle décide donc de juste profiter de l'instant. 
Malheureusement ce moment volé au temps n'est que de courte durée. La sonnerie les sorts tout les deux de leur bulle en même temps.

-Et Amsterdam ? Questionne Louis, semblant reprendre conscience de la réalité. Il se détache d'Alice et retourne vers son bureau.
-J'ai échangé mon billet. On y va se week-end.
-On?
-Oui. Toi et moi. Enfin sauf si tu as autre chose de prévu.

Louis répond par la négative d'un mouvement de tête. Ça non plus ça n'étais pas prévu. Alice vient juste de le décider. Et vu le sourire qui lui fait face elle ne regrette pas le moins du monde.

-Tes élèves vont t'attendre.
-c'est les 3C. Ils n'arrivent jamais avant la deuxième sonnerie. Et puis si tu es là c'est que ce sont tes élèves pour les deux heures à venir.
-ok. Alors range ton bazar si c'est ma classe je veux de la place sur mon bureau.
-Moi c'est toi que je veux sur mon bureau. Marmonne Louis si bas qu'Alice n'est pas certaine d'avoir compris.

Louis range les copies qu'il était entrain de corriger et libère le plus de place possible sur le bureau. Alice lui sourit et dépose sa sacoche ainsi que son sac sur le porte manteau qui est à côté du tableau. Elle sort sa tablette et ouvre le document sur lequel ils ont travaillé ensemble la veille. La deuxième sonnerie retentit. Alice se tord légèrement les mains d'anxiété. Même si elle a déjà fait un atelier elle est stressée. Et elle s'en veut. En prenant le train elle s'est promis de prendre les choses en mains. Et là un fois sur place elle joue à la plante verte. Elle n'a rêvé toute la nuit que de l'embrasser et là elle fait la timide comme une adolescente. 
Et des adolescents là elle en voit. Louis a ouvert la porte de sa classe. Elle est surprise que ses élèves qu'il décrit comme indisciplinés soient aussi silencieux. Ils rentrent un par un en disant bonjour à leur enseignant puis à Alice quand ils l'aperçoivent dans la classe. Ils s'installent à leurs bureau et là, l'écrivaine la remarque, Anastasia. Une lectrice qu'elle a déjà croisé 3 fois en salon littéraire. Et au sourire que lui fait l'adolescente elle aussi l'a reconnue. Alice se dit qu'elle est maudite. Les probabilités sont contre elle. Quel était le pourcentage de chance que sa plus jeune fan soit dans la classe redouté de Louis. Alice fait signe à l'adolescente en mettant son index sur sa bouche, lui demandant ainsi de se taire. Anastasia répond en levant le pouce. 

 Une fois tout les élèves à leur place, Louis demande le silence. Il est surpris de l'obtenir rapidement. La présence de son invitée intrigue surement les adolescents, ce qui pour lui explique leur attitude. Il laisse l'espace au tableau à Alice et pars s'installé avec une chaise sur le côté de la classe, il est assez en retrait pour observer Alice et ses élèves en même temps.

L'écrivaine se présente et écrit son nom au tableau. Un peu stressée elle joue au début avec la craie tout en parlant, mais petit à petit alors qu'elle croise le sourire de celle qui l'admire parmi les adolescents elle se détend. Après tout elle a déjà fait des conventions devant des centaines de personnes ce n'est pas une vingtaine d'élève qui va lui faire peur.  Alors qu'elle parle du travail de scénariste de jeu vidéo tout en donnant quelques exemples des jeux pour lesquels elle a écrit, une mélodie résonne dans la classe.

-Pas de téléphone ! Intervient rapidement Louis en se levant. 

Il fait face à ses élève, cherchant le responsable. Un léger toussotement le fait se retourner.

-Je suis désolée Lou. C'est le mien. Je dois décrocher. 

Alice sort presque en courant de la classe. Elle a attendu l'appel de son agent toute la journée de la veille et toute la matinée et il a fallu qu'il l'appelle maintenant.

-Dépêche toi, je suis en cours je n'ai pas beaucoup de temps. Dit-elle en décrochant.

-On a le contrat.

-Pardon?

-Netflix signe ! Je t'envoie tout par mail. Tu m'appelles si tu as besoin. 

L'agent raccroche aussitôt. C'est toujours comme ça quand ils sont au téléphone. ça ne dur jamais longtemps. L'essentiel le plus rapidement possible. C'est ce qu'ils ont convenu ensemble. Mais là Alice a du mal à réalisé. ça fait deux ans qu'elle court après Netflix avec un scénario qu'ils lui ont fait corriger un nombre incalculable de fois. Et cette fois ci c'est la bonne. Elle s'apprête à retourner dans la classe quand elle surprend la conversation à l'intérieur.

-Vous êtes un chaud en vrai monsieur Tomlinson. 

-Je te demande pardon Vren?

-Vous aimez pas qu'on lise ses livres mais c'est parce que vous avez peur qu'on vous reconnaisse dans ses personnages.

-De quoi est-ce que tu parles?

-Moi je pense que vous êtes Ethan.

-ça va pas ou quoi ? C'est Willy ! Je te rappelle que Willy a le fessier bombé

-Mais non ! C'est Dylan ! 

-Ashton !Ashton est enseignant.

Un bruit, comme si Louis avait tapé sur le bureau résonne interrompant les jeunes filles en plein  dans leur débat. 

-Que quelqu'un m'explique tout de suite ! Réclame le professeur.

-Votre Alice là, c'est Noony Gallagher, l'écrivaine que vous ne voulez pas qu'on lise. Et elle vous a appelé Lou, donc vous êtes surement plus que des amis et elle a dit tout à l'heure qu'elle s'inspire de son entourage donc on se demande qui vous êtes dans ses écrits.

-Alice ? C'est Noony? 

Dans le couloir Alice ferme les yeux. Et voilà, son secret est dévoilé. Il va la détester et la virer de son appartement. 

-Vous ne saviez pas ?

-La question est plutôt de savoir comment vous, vous le savez ?

-Je l'ai vu une fois en live.

-Moi en convention.

-Il y a sa photo qui circule partout en ce moment car elle est en négociation avec Netflix pour une série.

-Les négociations sont finies. Annonce Alice, après avoir décidé de rentrer dans la pièce. Et je peux vous annoncer en exclusivité que j'ai décroché le contrat. Donc je peux rajouter à cette liste. 

Alice s'approche du tableau et à coté d'écrivaine elle écrit son pseudonyme d'auteur puis à côté de scénariste de jeu vidéo elle ajoute scénariste de série. 

-Et pour votre information votre enseignant ignorait quel roman j'ai écrit, nous avons plus discuté de mon travail sur les jeux vidéos. Laissez moi également vous dire que je ne l'ai rencontré que depuis peu et que tout mes livres étaient déjà édité. Il ne m'a donc pas servi d'inspiration.

-Est-ce que c'est vrai que tu travailles sur la suite de tes livres ?

-Oui.

-Donc Louis aura un personnage ? 

-On verra bien. Revenons sur l'exercice d'écriture dont nous parlions avant d'être interrompu par mon téléphone. Je l'ai mis en silencieux. Ajoute Alice à l'intention de Louis. 

L'enseignant ne la quitte pas des yeux. Il est pensif, Alice le vois bien. Même si il a retrouvé sa place sur la chaise contre le mur, il ne détourne pas une seule fois la tête vers ses élèves. Alice est gênée de le sentir la détailler ainsi mais elle continue toute fois le cour. Louis ne bouge toujours pas lorsque la sonnerie retenti et que ses élèves quittent la classe après qu'Alice leur ai donné un petit devoir d'écriture à réaliser. 

Alice a presque oublié sa présence. Elle efface le tableau tout en réfléchissant. Et si son prochain personnage principal état enseignant, ça lui permettrait d'interagir avec des adolescents et surtout d'avoir des réactions aussi brut que celles qu'elle a pu avoir aujourd'hui avec les collégiens de Louis. 

-Tu t'es bien foutu de ma gueule.

Alice sursaute et en lâche presque l'éponge du tableau. 

-Pardon ? Demande-t-elle en se retournant. 

Louis est toujours assis sur la chaise, les coudes sur les genoux, les mains jointes la fixant en faisant cette moue adorable qu'elle l'a déjà vu faire lorsqu'il regardait un film. Concentré, mais à la limite du sourire et de la contrariété. 

-Ouais, tu peux demander pardon. J'ai vraiment eu l'air d'un con. 

-Je pensais pas qu'ils te le diraient.

-Quoi ? Il se lève d'un coup. Tu savais qu'ils savaient ?

-J'ai reconnu certains que j'avais déjà vu en convention. 

-Je vois. 

-Je suis désolée Lou. J'aurai du t'en parler avant de venir.

-Tu aurais du oui. Ce n'est pas comme si on s'était eu au téléphone pendant presque six heures lors des deux derniers jours. Ou comme si on vivait dans le même appartement. 

-Tu as raison. J'aurais du. Mais j'avais peur de ta réaction surtout que t'aimes pas vraiment mes livres. 

-C'est pas que j'aime pas juste que...

-Je sais Louis. T'as pas besoin de répéter ce que tu leur reproche. Je l'ai déjà entendu assez souvent. 

Alice se mord la lèvre. C'est pas sorti comme elle le pense. Là elle a l'air amer alors qu'en réalité elle ne l'est pas. Elle comprend qu'on ne peut pas plaire à tout le monde et que Louis n'aime pas se livres. Elle ne lui reproche pas. Au contraire, c'est plutôt bien d'avoir dans son entourage quelqu'un de critique. 

-Pardon. C'est pas ce que je voulais dire, enfin si, mais pas comme ça. Bref. Alice ferme son sac. On va manger ? 

-Oui bien sur. Louis secoue la tête, comme pour reprendre ses esprits. C'est moi qui invite. 

-Et en quelle honneur ? 

-Pour toutes les vacheries que j'ai dit sur tes livres. J'te dois au moins un mois de repas. 

-Ou autre chose ? 

-Tu proposes...oh putain  !

-Quoi ?

-T'as bien du te foutre de ma gueule quand on a corrigé les copies et que tu m'as dit avoir vaguement lu le livre. C'est toi qui l'a écrit. 

-J'ai été choqué que tu me grilles pas à ce moment. Comment quelqu'un qui n'a que vaguement lu un livre pourrait te dire la couleur de la jupe de la protagoniste lors du premier baiser et à partir de quel chapitre ils se tiennent la main ?

-J'ai même pas fait attention. Je crois que j'étais tellement content que tu m'aides que j'ai pas fait attention à ça. J'avais vraiment pas envie de lire...

-Mon livre. Ouais je sais j'ai cru comprendre. Alice sourit .

Louis se sent encore plus con. Il aurait mieux fait de se taire. Maintenant il se rend compte qu'il a complétement démonté ses romans devant elle. 

-J'ai quand même dit que le style était bon.

-Oui, c'est juste le scénario qui est creux et les scènes érotiques trop présentes. Je paraphrase mais je pense avoir cerné ton point de vue. 

-Je suis désolé.

-Tu n'as pas à l'être. Chacun son point de vue. Et puis j'avais qu'à te dire que c'était mes livres. Donc c'est à moi d'être désolée. Et à moi de payer le repas. 

-On en reparlera quand on y sera.

Louis lui fait un sourire auquel Alice répond sans problème. Ils sortent de la salle et leur conversation bifurque sur Amsterdam et le voyage du week-end. Alice est soulagée. Ils parlent comme la veille, comme si cet énorme secret qu'elle gardait n'avait pas éclaté quelques instants plus tôt. Il a l'air d'avoir totalement intégré le fait qu'elle soit Noony. Il semble plus désolé d'avoir critiqué son travail, qu'énervé de son secret. Elle le regarde alors qu'ils marchent et se dit que peut-être, pour une fois elle est tombée enfin sur quelqu'un de bien. Et peut-être qu'après tout il faudrait qu'elle tente le tout pour le tout

-Lou. Intervient-elle un peu sérieusement en posant un bras sur celui de l'enseignant.

Louis s'arrête et la regarde. Alice ne veut laisser ni le moment ni son courage s'envoler. Elle attrape rapidement la tête en posant ses mains sur ses deux joues et sans réfléchir dépose ses lèvres sur les siennes. Louis réagit presque aussi rapidement, comme s'il attendait ça depuis un moment. Un de ses bras se glisse dans le bas du dos d'Alice et rapproche leurs corps l'un de l'autre, pendant que son autre main attrape celle de sa colocataire qui est posé sur sa joue. Il répond tendrement au baiser. Alice sent qu'elle pourrait s'évanouir de soulagement qu'il ne l'ai pas repoussé. Elle répond donc naturellement lorsqu'il tente d'approfondir le baisé. Peut-être que pour une fois l'héroïne du livre ça pourrait être elle. 

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