Saison 2 - Épisode 2 : Amour sincère ?

  Un jour s'était écoulé depuis l'arrivée de Harry à la Vallées des Fées, au Pays Imaginaire. Tout semblait aller pour le mieux. Les fées tentaient vaguement d'oublier le tragique accident qui s'était déroulé il n'y a pas si longtemps. Lorsque les fées étaient au boulot ou en train de discuter lors de leurs heures planifiées de repos, il y'en avait toujours une qui évoquait le « massacre depuis l'Autre Monde » qu'avait causé Harry et une autre pour le faire taire et tuer la discussion. Il était flagrant que les fées l'avaient en travers de la gorge, mais, sous les conseils avisés de la Reine Clarion, toute s'étaient conformés à taire les opinions divergentes.

  Il était environ dix-huit heures lorsque Noa venait tout juste de finir d'aider un rouge-gorge à construire son nid. C'était son job de Fée des Animaux, après tout. Noa était quelqu'un de très consciencieuse dans son travail, elle aimait profondément les animaux et parlait toutes leurs langues, comprenant ainsi chacune de ces bestioles. Pourtant, aujourd'hui, elle avait la tête ailleurs, son corps faisait machinalement le travail afin de s'occuper des animaux de la Vallée, mais l'esprit n'y était pas et c'était ainsi durant toute la journée. Elle qui avait l'habitude d'être enjouée d'enthousiasme et de passion lorsqu'il s'agissait de travailler.

  Comme chaque soir, après avoir effectué sa dernière tache, Noa se mit à voler en direction de la maison de Ondine. Arrivée là-bas, elle retrouva Rosélia, Ondine et Iridessa dans une mini-piscine faite à partir de bois rempli d'eau faite sur mesure. Leurs maillots de bains deux pièces se mariaient à leurs silhouettes de guêpes. Du thé à la camomille était posé juste à côté de la piscine, il suffisait simplement de tendre son bras au-dehors de la structure pour y piocher une tasse.

  — Qui pourrait avoir envie de se baigner dans une piscine à une heure si tardive à part vous trois ? ricana Noa.

  — Rooh, tais-toi et enfile ton maillot ! sourit Rosélia.

  Noa enfila un push-up marron fait à partir de feuille d'automne ainsi qu'un bas de bikini de la même couleur particulièrement fin noué sur les côtés avant de tremper le gros orteil dans la piscine. Elle attrapa une tasse de thé par la même occasion.

  — Alors, tu as des nouvelles de Harry ? demanda Rosélia.

  — Pas vraiment non. Je l'ai aperçu avec Vidia, tout à l'heure.

  — C'est super, alors ! sourit Ondine.

  — Si on veut... soupira Noa en regardant la vapeur de son thé s'évaporer sous son nez.

  Rosélia se rapprocha de son amie et posa sa main sur son épaule.

  — Oh, je sais que tu es déçue qu'il ne soit pas une Fée des Animaux, mon ange. Mais il ne faut pas déprimer pour ça, tu sais ? Et puis, c'est pas comme si tu ne pouvais plus passer du temps avec lui. Il ne travaille pas vingt-quatre heures sur vingt-quatre, non plus, assigna Rosélia en faisant à Noa un léger clin d'œil.

  — Qu'est-ce que tu veux dire par là ?

  — Roooh, Noa ! Arrêtons de tourner autour du pot, nous ne sommes plus des enfants... Tu l'aimes bien, non ?

  Ondine et Iridessa observaient Noa boire son thé, elle qui avait préféré se préparer à répondre à la question.

  — Et bien... je le trouve plutôt mignon.

  — Hmmmm... développe, gloussaient les filles avec des ricanements niais.

  — Comparé à sa forme humaine, je ne vais pas mentir, il est vraiment...

  Noa n'arrivait plus à parler tellement elle était rouge. Le fait de décrire et de penser au physique de Harry lui donnait des frissons dans tout le corps. Rosélia se leva de la piscine et pointa son doigt sur le bout du nez de Noa.

  — Ceci dit, ma jolie, il ne faut pas confondre amour et attirance ! sourit-elle.

  — Oui, oui ! J'en suis consciente Rosélia...

  — Parle-lui un peu plus souvent.

  — Je ne peux pas vraiment... bégayait Noa. J'ai l'impression que Vidia le déteste et lui fait vivre un calvaire. Ça doit être difficile à gérer, je ne veux pas l'embêter plus que ça...

  — Bah, raison de plus pour lui faire passer du bon temps avec lui, tu ne crois pas ?

  Noa ne put s'empêcher de sourire.

  — Mais qu'est-ce qui te fais dire qu'il vit un calvaire ? acquiesça Ondine.

  — Lorsque je les ai vu travailler, Vidia lui lançait de la poussière dans les yeux à chaque fois qu'il ratait quelque chose.

  — Comment tu as fait pour remarquer autant de détail si tu ne faisais que passer... humm ? sourit Rosélia.

   — Noa...

  — Bon d'accord ! J'avoue, je l'ai un peu espionné...

***

  Tout n'était pas aussi rose pour Harry. Hier soir, le garçon avait dormi à la belle étoile ou plutôt dans le froid cafardeux, juste devant la porte de chez Vidia. Celui-ci l'avait supplié mainte et mainte fois de l'héberger mais elle fit la sourde oreille. La chose la plus généreuse qu'elle lui avait donnée était une grande feuille assez longue pour couvrir tout son corps excepté ses pieds. L'apprenti était complètement perdu, lui qui ne connaissait pas du tout la Vallée des Fées, et par conséquent, il ne savait pas où habitait Noa. Le garçon avait eu l'idée d'aller chez elle au milieu de la nuit.

  Le matin, il avala rapidement quelques restes de fromage laissé par Vidia sur la table et partit avec elle. Vidia entrainait Harry à extraire du pollen des fleurs grâce à la poussière de fée, mais aussi à faire tomber tout un feuillage sur un arbre d'automne ou encore à provoquer des tornades toujours plus impressionnantes les unes que les autres.

  Après avoir passé toute sa journée à perfectionner ses talents de Fée Voltigeuse, Harry était à bout de souffle. Il commençait même à regretter son pouvoir, Vidia n'était pas une fée à prendre à la légère, elle avait un enseignement strict. Cela se ressentait sur le physique du garçon : il avait de la poussière à chaque coin d'yeux, ses ongles crasseux et noirs gardait de la crasse par dessous et il dégageait une forte odeur de sueur.

  — Vidia...

  — Bien joué ! Je vais te faire ça jusqu'à ce que tu te décides à quitter la Vallée des Fées...

  — Je-je t'en supplie, Vidia ! hurla Harry à bout de forces. Aide-moi...

  — Vidia le regarda dans le blanc des yeux d'un air méprisant.

  — Et qu'est-ce que je pourrais faire pour un type comme toi ? ricana cette dernière.

  — Comment je fais pour...

  — Pour ? Parle plus fort crétin, je n'entends rien !

  Le souci que Harry avait était due à Vidia. Elle l'avait tellement martyrisé en une seule journée qu'il se mettait à la craindre et n'osait pas dire ce qu'il voulait vraiment, là maintenant.

  — Je... je veux avoir ma propre maison !

  — Ohhh, mais ouiii ! sourit-elle, d'un ton niais et ironique. J'avais complètement oublié de te déclarer et de te commander une maison sur mesure. Après tout, pourquoi je mettrais les pauvres Fées Bricoleuses à contribution d'un type comme toi ? Vois-tu, dès qu'une fée vient au monde, nous nous devons de lui trouver sa propre maison avant même qu'elle ne soit apparue dans la Vallée. Mais toi tu n'es pas une véritable fée... et puis je ne pensais pas que j'aurais servi de tutrice à un incapable de ton espèce !

  — Je t'en supplie, Vidia... qu'est-ce que je dois faire ?

  — Tu dois aller voir les Fées Bricoleuses, espèce d'abruti ! Tu dois leur déclarer ta date de naissance et ton talent. En fonction de ça, ils vont construire ta jolie petite maison... n'est-ce pas magnifique ?!

  Harry hocha rapidement de la tête.

  — Mais... je donne ma date de naissance humaine ou...

  — Ou quoi d'autre ?! gronda Vidia tout en grinçant des dents. Tu n'es pas né d'un rire d'enfant, tu n'es rien d'autre qu'un imposteur !

  Harry n'essayait même pas de riposter, il avait compris qu'avec Vidia c'était peine perdue. Le garçon se contentait uniquement de prendre les informations qu'elle lui assignait.

  Peu de temps après avoir essuyé des énièmes remarques haineuses de la part de Vidia, Harry se dirigea au refuge des Fées Bricoleuses. Selon Vidia, il y trouverait ce qu'il cherchait.

  Après y avoir posé les pieds, Harry en conclut qu'il n'aimait pas du tout cet endroit. Il y avait des feuilles vertes qui cachaient toute la lumière du jour, laissant alors place à une pénombre permanente. Il n'entendait que le bruit des charrues dirigées par des souris. Puis, l'espace était occupé sans cesse par des fées trimballant avec elles des énormes matériaux sur ce sol marron. Dépourvue de plantes aux belles couleurs vives et assorties ou bien encore de végétation. Seule une rivière, séparant les différentes habitations, donnait un côté un peu plus chaleureux à cet endroit lugubre.

  Mais ce n'était pas le cadet de ses soucis. À chaque fois que Harry tentait de s'approcher de l'une d'entre elles, celles-ci l'ignoraient naturellement, comme s'il n'était qu'un vulgaire fantôme. Les Fées Bricoleuses étaient sans doute beaucoup trop occupées à travailler pour s'occuper d'une Fée Voltigeuse en plein territoire inconnu.

  — C'est n'est pas possible ! s'énerva Harry.

  Pris par la colère il tira un caillou qui traînait sur le sol. D'après le cri qui suivit, la petite pierre tapa sur une fée.

  — Aïe ! gémissait une voix. Qui est l'imbécile qui a balancé ça sur ma jambe ?!

  Harry s'avança vers l'endroit d'où provenait cette voix et tomba nez à nez avec une belle blondinette aux yeux bleus.

  — Mince ! s'exclama Harry. Excusez-moi, je vous ai fait mal ? Je ne voulais vraiment pas...

  La Fée Bricoleuse saisit Harry par les bras et le plaqua contre un gros rocher posé à côté d'eux. Le garçon commençait à paniquer lorsqu'il remarqua que le visage de la fée en question devenait de plus en plus rouge.

  — Kyle, je t'ai cherché toute la journée !!! grogna la fée.

  Le cerveau de Harry se retourna instantanément. La fée le regardait droit dans les yeux, donc il comprit que c'était à lui qu'elle s'adressait. Pourtant, il y'avait un petit problème.

  — Pardon... mais je ne m'appelle pas Kyle, mademoiselle. sourit-il.

  — Arrête de faire l'idiot ! J'ai du faire une livraison de roues supplémentaires à cause de toi ! Et bien sûr, Clark et Gabble étaient trop occupés pour m'aider !

  — Mais je vous assure que vous vous trompez de...

  — Et pourquoi tu portes des vêtements violets ?! Tu t'es pris pour quoi ? Une Fée Voltigeuse ? pouffa-t-elle. Tu ne sais même pas fabriquer une théière, ce n'est pas des tornades que tu arriverais à faire, espèce de fainéant !

  La fée asséna une violente claque à Harry tout en l'envoyant au sol. Le garçon, devant cette très belle fée, essayait tant bien que mal de garder sa fierté en se retenant de pleurer de douleur.

  — Kyle, ce n'est pas parce que nous sommes amis que tu es autorisé à faire des bêtises...

  — Argh...

  — Allez, viens, on va chez moi ! Tu vas pouvoir m'aider à avancer dans la livraison de demain, toi qui n'as visiblement rien fait depuis aujourd'hui ! sourit-elle.

  — Oui...

  — Oui qui ? grogna-t-elle.

  — Euhh...

  Harry, qui gisait déjà sur le sol, se ramassa un violent coup de ballerine dans les dents.

  — On dit « oui, Clochette » ! Décidément, on ne t'a pas appris les bonnes manières, hein, Kyle ?!

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