Cher Milo

Je t'écris pour te dire une chose très importante, Milo. Une chose, un fait, qui me tourmente depuis un moment, et que je ne peux pas garder pour moi plus longtemps.
Voilà: il faut que je te quitte.
Il faut que je m'éloigne de toi, pour on contre mon grès, c'est comme ça.
J'ai mis du temps à l'admettre, à le comprendre. Mais maintenant je suis sûre de moi.
Laisses-moi t'expliquer, je sais que tu risque de m'en vouloir, je sais que tu as toujours été rancunier.
Je me rappelle d'ailleurs tous ces moments passés avec toi, à critiquer les gens que nous n'aimions pas, que l'on trouvait trop ceci, ou trop cela. À critiquer les gens qui m'avaient fait du mal, et qui a travers moi, t'avaient fait du mal à toi aussi.
Car nous avons toujours eu les mêmes goûts, les mêmes avis sur tout.
Sauf qu'aujourd'hui, j'ai compris.
Je sais ce qui est bien ou mal, ce qui est juste ou pas.
Et je regrette ces instants, qui pourtant m'on rempli d'une grande joie, et qui restent de bon souvenirs.
Mais ce n'est pas parce que les choses restent gravées en nous comme de bons souvenirs qu'elles ne sont pas, au final, irréfléchies ou immatures.
Je ne regrette pas tous ces moments de joie passés avec toi, on ne regrette pas les moments de joie.
Quand j'étais seule, tu me tenais compagnie. Quand je pensais être au fond du gouffre, tu me relevais, quoi qu'il arrive. Tu étais toujours là, tu étais un véritable ami, peut-être même mon seul véritable ami.
Mais aujourd'hui, j'en ai d'autres. Aujourd'hui, nous ne sommes plus pareil.
La différence qui nous sépare désormais? C'est que... j'ai grandi. Il m'a fallu du temps pour l'admettre, ça n'a pas été facile.
Mais maintenant, j'en suis sure est certaine: malgré tous les petits bonheurs et les grandes joies que m'ont apporté cette relation, il faut que je te quitte. Il faut que je t'enfuisse au plus profond de ma mémoire. Tu vas peut-être pleurer, je le verrai, là, dans ma tête, comme une image obsédante.
Mais pas moi. Je suis sûre de ce que je fait.
Au revoir, Milo, tu m'as été d'un grand soutien.
Dommage que tout cela doive se finir si tôt.
Dommage que tu n'aie jamais vraiment existé, ou plutôt que tu n'aie existé que pour moi.

Bạn đang đọc truyện trên: AzTruyen.Top