Tome 2 - Chapitre 27 - Partie 1

Orphélia

C'est quand... La vérité fait mal !

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Avec le Doc et le grand-père de Tristan, nous sommes installés, tous les trois à la cafétéria. Je bois mon café avec eux, je les entends parler, mais je n'arrive pas à suivre la discussion. Alors, après m'être excusée, je rejoins le banc que Tristan aime tant.

C'est une fois assise sur les lattes de bois, enfin seule, que je comprends mieux, pourquoi il vient ici pour faire le vide. L'endroit est calme, apaisé, égayé par des parterres de fleurs butinés par quelques abeilles.

Mais c'est surtout, un magnifique bosquet adossé à un des pans de mur qui a ma faveur. Ces hortensias, me rappellent tant, ceux qui se trouvent à la Lavandine. Je retrouve la même sérénité que j'éprouve quand je suis chez moi. Certes, je suis trop loin de la plage pour entendre le bruit des vagues, mais il me suffit de fermer les yeux, pour nous revoir se promenant sur le sable humide ou nous aimant dans le cabanon.

Tristan a su aménager cette vieille cabane en un nid douillet. Il sait être tellement romantique et attentionné avec moi, que j'en oublie souvent son caractère tempétueux.

Il faut dire que cette journée a été éprouvante.

Entre, nos retrouvailles toujours aussi merveilleuses, sa révélation sur le viol qu'il a en partie subi, sa décision de sortir du centre approuvé par le Doc, ma crise d'angoisse que je n'ai pas su gérer, et la découverte que ses grands-parents sont toujours vivants. J'ai l'impression qu'on a vécu plusieurs jours en un, et que cette journée est interminable. Comme si elle désirait, encore et encore, nous garder ici.

En parlant de ses grands-parents, ils sont vraiment adorables et je suis ravie pour Tristan, qu'ils fassent maintenant partie de sa vie. Et je reste persuadé que le Doc a bien fait d'attendre avant de faire les présentations, sinon, ça aurait gâché d'émouvantes retrouvailles. Alors que là, Tristan a appris à connaître sa grand-mère au travers de cette statue, et une fois la surprise dépassée, il était vraiment ému et tellement heureux de les voir, même s'il a tenté de le cacher.

Granny pendant notre embrassade m'a demandé si je pouvais la laisser parler avec Tristan en tête à tête. Elle veut essayer d'évoquer la jeunesse de son père, lui démontrer qu'il n'est peut-être pas aussi horrible que Tristan le pense. Je sais bien que son intention n'est pas de minimiser ce que son père lui a fait, mais j'appréhende la réaction de Tristan quant à la teneur de cette discussion.

Il en veut énormément à ses « géniteurs » comme il les nomme, et je ne sais pas si en parler ne va pas gâcher leur toute nouvelle complicité.

Les jambes remontées sur ma poitrine, le bas de ma robe glisser sous mes cuisses pour cacher mon intimité, je laisse mon menton prendre appui dans l'interstice de mes genoux et je fixe la porte de la chapelle avec l'envie irrépressible de rejoindre Tristan.

Une bouffée d'angoisse monte. J'aurais préféré être avec Tristan pour le tempérer, pour l'aider, pour lui apporter mon soutien...

— Ne t'en fais pas Orphélia.

Je sursaute et mes pieds retombent au sol lourdement.

— Excuse-moi, je ne voulais pas te faire peur, se marre-t-il.

— Eh bien, c'est raté ! Je ne vous avais pas entendu arriver.

— Orphélia ! me reprend-il, en secouant la tête. Tu pourrais me tutoyer, non ?

— Heu... Oui, bien sûr.

— Allez, dis-moi qu'est-ce qui te tracasse.

— Vous savez...

Il me jette un regard en coin accompagné d'un petit sourire. Je replace le bas de ma robe, plus bas encore sur mes genoux, et je fixe les parterres de fleurs, avant de reprendre.

— Tu sais que Granny lui parle de son père, tu ne crains pas qu'il s'emporte ? Ou que ça gâche leurs retrouvailles ?

— Il va sûrement râler, ça c'est sûr, mais c'est Tristan on ne va pas le refaire. Mais je connais assez Naty pour savoir qu'elle saura lui tenir tête.

— Je peux... Te poser une question ?

— Bien sûr !

— Comment tu savais pour ses grands-parents ?

Il sourit, entrecroise ses doigts et fait claquer les paumes de ses mains entre elles.

— Ce n'était pas bien compliqué. Quand j'ai commencé à bosser ici, moi aussi je suis tombé sous le charme de cette chapelle. J'ai voulu en savoir plus sur son histoire et j'ai lu le dossier des travaux la concernant. Dans les renseignements, il était notifié le nom du maître d'œuvre : Rousseau Victor. J'ai juste fait le rapprochement, après que Tristan ait été admis. Du coup, j'ai téléphoné à ses grands-parents pour savoir s'il y avait un lien familial entre eux. Tu vois, c'est tout simple, C'est juste... Une coïncidence...

Je lève les yeux vers lui, et le regarde pour voir s'il me dit vraiment tout.

— Juste une coïncidence ?

— Oui.

— Rien de plus Doc ? insisté-je.

Cette fois-ci, c'est lui qui pivote vers moi, qui me sonde, et cherche à savoir ce que j'ai en tête.

— Tu penses à quoi, Orphélia ?

— Je ne sais pas, mais je trouve ça bien trop simple, même pour une coïncidence.

— Qu'est ce qui te paraît si simple ?

— Tu lis un nom dans un dossier et par pur hasard, c'est le grand-père de ton nouveau patient...

— Et tu n'y crois pas ?

— Si, ça se peut, je ne suis pas en train de dire que tu mens, mais je ne sais pas, il manque une info...

Le Doc fuit mon regard. Souffle plusieurs fois avant de me dire :

— Tu as vu juste, Orphélia. En effet, je connaissais les grands-parents de Tristan. Du coup, quand il a atterri ici, j'ai demandé à m'occuper de lui.

— Fiston, tu penses qu'ils ont fini ? demande le grand-père de Tristan qui vient de se planter devant nous.

À l'entente de ce petit nom, mon regard se tourne aussitôt vers le Doc.

— Fiston ?

— Victor ! le reprend-il, en secouant la tête.

— Je n'avais pas vu, que vous étiez encore en train de parler, s'excuse-t-il. Je vais vous laisser.

Et le grand-père Victor disparaît comme il était arrivé, sans bruit.

— Je suppose que je te dois une explication...

— Non, Doc, pas à moi, mais à Tristan, ça c'est sûr.

— Je ne suis pas sûr que Tristan me pardonne...

— Que je te pardonne quoi Doc ?

— Tristan ! dis-je surprise.

— Qu'est-ce qui se passe, Orphélia ?

— Ça s'est bien passé avec ta grand-mère ? demandé-je, pour changer de sujet.

Mais Tristan a bien senti que quelque chose clochait. Et le regard qui lance au Doc, puis à sa grand-mère, ne va pas le décourager, au contraire. Il vient tout de même s'asseoir sur le banc à côté de moi, avant de passer son bras autour de ma taille. Il m'embrasse dans le cou en me disant :

— Oui, ça va, ne t'inquiète pas ma Princesse.

Ses bras se resserrent, et je me laisse aller contre son torse. Je sens qu'il va avoir besoin de moi, je ne sais pas pourquoi, mais là révélation du Doc m'inquiète, enfin c'est comme ça que je le ressens. Tristan respire mon parfum et sans relever la tête, il le questionne :

— Doc, tu me réponds ?

Le regard que se lance Granny et Patrice est douloureux, et il me fait craindre le pire. Tristan doit sentir la réticence et le mal-être que sa question a soulevé, car il continue de respirer dans mon cou, comme si j'étais sa bouteille d'oxygène.

— Pitchoun, si Patrice ne t'a rien dit, c'est parce qu'on le lui a demandé.

— Doc, qu'est-ce que tu ne m'as pas dit ? réitère-t-il.

Son nez est toujours collé à ma nuque, et je n'ose pas bouger, je respire le plus calmement possible afin que Tristan se calque à elle. Et j'attends tout comme lui, la réponse.

— Je connais bien tes grands-parents...

— Laisse Patrice, c'est à nous de lui expliquer, intervient Victor d'une voix posée et assurée.

Tristan relève légèrement la tête afin de regarder son grand-père. J'enserre ses doigts avec les miens avant qu'on lui apporte la réponse qu'il demande tant. Qu'est-ce qu'ils ont bien pu lui cacher ?

— Les parents de Patrice étaient nos voisins. Lui et ton père ont grandi ensemble.

Les mains de Tristan se resserrent en entendant ces mots.

— Tristan, comprends-moi...

— Tu vas encore me sortir le : « Si je te l'avais dit avant... ». En effet, j'aurais mal réagit. Je te le confirme... Vous vous êtes bien foutus de ma gueule avec vos secrets. Et dire que toi, le mec en qui j'avais le plus confiance, tu savais tout sur moi. Je t'ai raconté jusqu'à ma plus grande blessure et toi pendant ce temps, tu me mentais. Tous les jours, tu es venu me voir, me parler, m'analyser, alors que tu savais presque tout. Et donc, si Orphélia n'avait rien soupçonné, tu m'aurais laissé partir du centre, sans rien me dire ?

Le Doc reste la tête baissée et fixe ses mains crispées entre elles. Une chape de plomb vient de nous tomber dessus, et ce silence est étouffant.

— J'avais fait une promesse à Naty et Victor. Ils m'ont élevé comme si j'étais leur fils. Alors oui, je les connaissais, oui, ton père était mon meilleur ami, mais ça ne change rien...

— Oh si, Doc, ça change beaucoup de choses. Viens Orphélia, on y va, me dit-il calmement en se levant.

— Pitchoun, tu ne peux pas partir comme ça. Pas maintenant, ajoute sa grand-mère en pleurs.

— Je suis désolé Granny, mais là c'en est trop. Je dois réfléchir. Je t'appelle, lui souffle-t-il en l'embrassant sur le front.

Il me tire par la main et je le suis jusqu'à l'entrée. Il signe les papiers que lui tend la secrétaire, récupère ses affaires, et m'informe :

— On peut y aller.

— Tu es sur Tristan ?

— Je ne passerais pas cinq minutes de plus ici.

— Très bien, alors allons-y mon amour.

Il m'embrasse, d'abord douloureusement, puis son étreinte se fait plus douce, plus aimante, plus cajoleuse.

Il lance un dernier regard vers le centre, et nous passons la grille main dans la main. Il me sourit et je suis heureuse de savoir qu'enfin on va pouvoir commencer notre vie, et laisser le passé là où il est...

La voiture est garée sur le parking et quand nous nous en approchons, la portière côté conducteur s'ouvre.

Tristan se stoppe, serre ma main, et me regarde d'un air interrogateur. Je devance sa question, afin de lui présenter qui est venu me chercher.

— Tristan, c'est...

Je n'ai pas le temps de finir ma phrase que sa main quitte la mienne, que son sac termine par terre, et qu'il fait rapidement les quelques pas nous séparant de la voiture.

— Qu'est-ce que tu fous là ?


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Coucou mes T & O-LOVE 💖

Une discussion entre Orphélia et le Doc qui va tout chambouler...

Comprenez-vous que le Doc est gardé le silence ?

Ou bien pensez-vous qu'il aurait dû faire confiance à Tristan ?

Tristan est fâché, paumé, déçu... A-t-il bien réagi ?

Avez-vous trouvé qui est venu chercher Orphélia ?

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La 2 ème partie de ce chapitre arrive dans la soirée si je trouve l'énergie de le corriger ou sinon je vous le posterai demain, avec cette fois-ci le PDV de Tristan 📍

Gros bisous mes Loulous d'amour 😘

Kty. Auteure 🌸

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