Partie 1 : 11 - Briser les règles.

Point de vue : Mélissa.

Quand je me réveille, Darren n'est plus là. Il était sûrement parti pendant que je dormais, ayant autre chose à faire que de me surveiller. Néanmoins, je n'étais pas seule. James se tenait dos à moi, le regard tourné vers la porte. Je ne pouvais nier que ses cheveux ébènes, tout comme ses yeux bleus perçants et le reste de son corps étaient d'une perfection rare. C'était comme si tout m'attirait chez lui. Tout appelait à l'admiration et à la tentation. J'étais sûre qu'il avait fait tomber un grand nombre de femme sous son charme pour ensuite les détruire de l'intérieur. Ce mode de vie était propre aux vampires en quête de leur âme-sœur. Ils cherchent leurs destinés en essayant toutes les prétendantes au titre pour ensuite se rendre compte que ce n'est pas la bonne personne et les abandonner.

Je grimaçai rien qu'en pensant à toutes ces pauvres filles, tombées dans les filets de nos habiles prédateurs. La plupart du temps, c'était grâce à ces femmes qui, souhaitant se venger, nous aidaient à retrouver les assassins de leur cœur. Donc, quelque part, James était pire que son frère. C'était celui qui, dans un sens, était le plus redoutable.

Pourtant, c'était le Allister dont on entendait parler le moins. Celui qui était le plus mystérieux de la fratrie. On ignorait même qu'il avait eu une descendance, vampiriquement parlant. Darren m'en a fait part la veille.

D'ailleurs, en parlant de lui, je l'avais découvert sous un autre jour. Nous avions presque sympathisé si je peux dire. Comment ? Il a commencé me parler de mon mari, m'a même amener des nouvelles pendant que moi, je lui disais comment allait Astrid avant mon départ, pour ne pas dire enlèvement. Nous avions été d'une sincérité étonnante entre nous, nous avions même été blessé à entendre ce que devenait nos amours respectifs. Nous avions pleuré, nous avions ri, nous avions souri aussi. Une complicité étrange s'était immiscé entre nous, pour le malheur de chacun. Nous ne devions pas sympathiser, selon nos règles. Chasseurs et vampires doivent se détester, se haïr même.

Quoique, je n'aurais jamais pensé un jour que Darren et moi ayons des points communs, et encore moins que ce dernier en aurait avec mon mari.

Daniel. Il avait couché avec une autre femme que moi et le savoir me faisait du mal. Même si cela n'était pas voulu, une partie de moi s'était détruite. Mais au moins, je savais qu'il allait bien. C'était le principal. Je suis même étonnée que nous soyons encore tous les deux en vie car je sais que si les rôles auraient été inversés, les Allister seraient déjà de l'histoire ancienne.

Je m'étais rapidement endormie après une autorisation de douche et de nourriture par Darren, pour que le bébé ne manque de rien il me disait. Je supposais qu'il l'avait fait à cause de l'odeur que je devais dégagé : une semaine sans me laver et dans une petite pièce assez humide ne devait pas être bénéfiques pour une bonne hygiène corporelle si vous voulez mon avis. En ce qui concerne la nourriture, j'avais tout juste eu le droit à de la soupe ces derniers temps. La veille, j'avais bénéficié de viande rouge.

Puis James se retourna vers ma direction et remarqua que j'étais réveillée et perdue dans mes pensées. Il me fixa pendant un long moment sans rien dire, plissant les yeux comme s'il cherchait à me sonder. Comme si je l'intriguais autant qu'il m'intrigue, lui. D'ailleurs, je me rends compte que je le fixe aussi.

Il s'approche de moi et s'agenouille afin de se retrouver à ma hauteur. Il me regarde, ferme les yeux et place son visage entre ses mains. Je n'aurais jamais pensé les vampires aussi... humains. Hier Darren puis aujourd'hui James. Décidément, il faut croire que les Chasseurs ne connaissent que le négatif par rapport à ces créatures. Surtout qu'actuellement, nous parlons des plus craints. Des plus connus, surtout.

D'un geste qui se veut rassurant, je dépose maladroitement ma main libre sur l'épaule du sang-froid qui me fait face ce qui eut le don de le faire sursauter.

— Ne me touche pas, murmure-t-il.

Ne comprenant pas pourquoi il me dit cela, je reste plusieurs secondes à la dévisager, sans avoir enlever ma main.

— Ne me touche plus jamais, hurle-t-il avant de se lever et de reculer le plus possible de moi, sans pour autant me quitter du regard.

Ses yeux commencent à devenir d'un bleu plus profond qu'avant et ses iris se dilater. Soit il est en manque de sang, soit il ressent une émotion si fortement que l'animal qui sommeille en lui se réveille. Dans tous les cas, c'est mauvais signe pour moi.

Je ressens une vague de vent sur mon visage et entends un claquement de porte. Darren se tient entre James et moi et aborde une expression calme. Trop calme.

— James, écoute-moi attentivement. Tu vas sortir de cette pièce tout doucement sans te brusquer et tu vas m'attendre dans la salon jusqu'à mon retour.

J'assiste à un combat de regard entre les deux frères et c'est assez étrange. Ordinairement, les Chasseurs pensent que c'est James le plus calme. La scène qui se passe devant moi changerait la donne dans nos recherches et dans tout ce qui concernerait les deux Allister.

Je ne dois pas perdre le nord. Surtout pas. Je suis une Chasseuse réputée et je ne veux pas perdre mon travail. Tout comme je suis mariée à un Chasseur encore plus influant que moi. Je suis chanceuse d'avoir la vie que j'ai, surtout que je suis enceinte maintenant. Je dois avoir une vie stable pendant quelques temps. Pour le bien de mon enfant.

Je dois me reprendre en mains. Et vite. Qu'importe les conséquences et les mises en jeux, je ne dois plus montrer mes moments de faiblesses mais les affronter.


Point de vue : Daniel.

Je me tiens tranquille depuis que James est parti. Ce n'est pas la première fois que je me retrouve face à lui mais j'ai l'impression que quelque chose à changer chez lui.

Et je le déteste d'autant plus.

Le vampire Parrish est entré dans la pièce, sans la louve. J'ai cru comprendre qu'ils étaient plus ou moins ensemble et que l'espèce de mission à mon égard à semer le trouble entre eux. Je ne m'en veux pas, du moins pas pour le vampire. Mais pour Keïra, je culpabilise. Même si je n'y suis pour rien, que j'ai été en quelque sorte forcé, moi aussi. J'en souffre également. Comment va réagir Mélissa quand elle va l'apprendre ? Rien qu'à l'imaginer, j'ai envie de frapper tous ces vampires qui ont semé le désarroi. Je sais très bien que lorsqu'on sortira de cette épreuve, car oui on s'en sortira, rien ne sera plus comme avant.

La grossesse que ma femme ne m'a pas annoncée va aussi jouer pour beaucoup. Car oui, elle était au courant. Chacun a fait des erreurs et nous allons devoir apprendre de nos erreurs respectives et avancer. Pour notre enfant, pour notre vie familiale.

J'espère que ces monstres n'ont pas oser la toucher, qu'ils n'ont pas mis la vie de ma progéniture en danger. Sinon, lors de leur jugement, je choisirais le plus horrible des châtiments à leur égard.

Le jeune vampire me foudroie du regard lorsque je m'assoie correctement contre le mur malgré les chaines qui me retiennent.

— Tu n'as pas intérêt à ouvrir ta sale gueule, Black. Tu m'as déjà assez pourri la vie.

— Contrairement à ta louve, j'étais inconscient de ce que je faisais. Tu ...

Je reçu un coup si violent à la mâchoire que je ne pus retenir un cri de surprise, ainsi que de douleur. La force vampirique était si forte que je manquai de tomber dans les pommes. Heureusement que j'étais entraîné à ce genre de chose sinon je ne vous dis pas la crédibilité que j'aurais face à ce novice dans le milieu.

Je mis ma main sur la plaie béante de ma joue ensanglantée. Mon dieu, que j'avais mal ! Le petit avait la mâchoire contractée de colère et son regard était d'un marron-vert profond. Il perdait le contrôle.

N'importe qui aurait eu peur. Pas moi.

— Eh bien, c'est tout ce que tu as dans le ventre ?

Il serra ses poings et détourna le regard pendant une brève seconde.

— Ne me provoque pas, Black. Tu n'es pas en position de te défendre face à un vampire.

J'arborai un sourire arrogant avant de changer de sujet.

— Que devient donc ma femme ? demandais-je.

Sa réaction fut étonnante car il me souleva du sol par le cou, m'étranglant presque. Ses yeux étaient redevenus normaux, étonnamment et ce fut son tour de me sourire hypocritement. Je respirais difficilement mais j'avais l'impression que Parrish l'avait fait exprès seulement pour me montrer qui dominait ici. Pas pour me tuer.

— C'est de ta faute si elle se retrouve dans cette condition, et je ne peux rien faire. Je suis impuissant. Si cela ne concernait que moi, tu peux être sûr que vous n'auriez jamais été ensemble. Elle n'aurait jamais été Chasseuse non plus.

Il relâcha sa poigne, me laissant reprendre petit à petit une respiration normale.

- J'espère que j'ai été clair, continua-t-il avant prendre le journal au sol et de me lire les actualités.

« Cela fait maintenant plusieurs jours que Daniel Black et sa femme ont disparus. D'après les rumeurs, ils seraient retenus prisonniers par les plus célèbres vampires de ce temps : les Allister. Le plus vieux des Chasseurs Black, Gaspard, travaille activement avec l'aide de Matthew Davis et d'une socière, Berenice Stowen. Celle-ci serait une serveuse dans un bar et serait sans doute la dernière personne à avoir aperçu Daniel. Le Ministère ainsi que les Forces de l'Ordre pensent à la recruter grâce sa manière de procéder et de résonner. Celle-ci aurait résolu un grand nombre de dossier en parallèle avec ses recherches sur les Ombres Amoureuses. Tous concernent seulement les délits humains, ayant refusé tout ce qui concernait le Surnaturel.»

— Je te passe les autres idées farfelus de certaines personnes mais maintenant tu sais que ta femme n'est plus à l'abri des journalistes maintenant qu'ils connaissent son visage, me dit-il l'air grave, tout comme Astrid ne l'est plus également.

«Désormais, l'identité de la femme Black n'est plus un mystère tout comme la femme Allister et leur ressemblance est sans appel. Certains iraient même à dire qu'elles auraient un lien de parenté. Étonnant, non ? »

Ce que je venais d'apprendre ne m'affola pas plus que cela, ma femme saurait faire face aux paparazzis. Elle fait bien face à des créatures tous les jours, les journalistes ne seront pas un problème.

Mais ce qui attira mon attention fut la manière dont ce vampire parlait de Mélissa. Qui était-il par rapport à elle ?

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Le chapitre 11 est enfin posté ! J'espère qu'il vous aura plus ;).

Bisous à tous :).

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