C'est Claude
- Moi c'est Claude, j'ai 50 ans. Je suis célibataire et sans enfant. Je suis employé de bureau dans la comptabilité. On peu dire que je suis un homme d'une banalité affligeante. Mais il y a quelque chose dans ma vie qui m'empêche d'être moi-même. Un truc qui est la raison de mon célibat, qui me sert la gorge à chaque fois que j'y pense. C'est un peu de ma faute si ça m'arrive, mais c'est dure au quotidien. Je suis ce qu'on appelle une victime.
Je m'explique : presque tous les gens qui me connaissent m'accusent à leur place quand ils font quelque chose de mal. La phrase que j'ai le plus entendu dans ma vie c'est « C'est pas moi, c'est Claude ». Ça peu être pour tout genre de larcins : une fenêtre cassée, un SMS étrange envoyer, des problèmes informatiques... Ça à même été jusqu'à l'accusation de vol.
Comme je suis peureux, pas très charismatique et timide, je ne dit rien. Parfois, la vérité finit par éclaté et je suis innocenté, comme pour l'histoire de vol, mais très souvent, c'est moi qui prends. Ça me coûte de l'argent, des regard mauvais, des rires moqueur et j'en passe.
Ça à commencé très tôt, quand j'étais en primaire. Je suis le dernier de ma famille et je suis plutôt sage. Ma mère avait tendance à me surprotéger et à ne pas trop me gronder. Un jour mon grand frère à casser un de ses colliers et m'a accusé sous prétexte qu'elle me gronderai moins. Malheureusement pour moi, ça à marcher. Elle m'a juste dit qu'elle était déçus et est passé à autre chose.
La technique ayant marché, mon frère à recommencé, et recommencé, jusqu'à devenir un automatisme. Ma mère ne me regardait plus de la même façon, elle devenait plus dure avec moi. De mon côté, je ne disais rien, je subissais en silence. Puis mes camarades de classe s'y sont mis et je suis devenu l'enfant le plus turbulent de l'école selon les dires de tous. C'est quelque chose qui a ruiné mon collège et gâché mon lycée.
À l'âge adulte, les accusations au quotidien ont diminué, mais je suis devenu le bouc émissaire de mon boulot. Mon supérieur faisait passer toutes ces boulettes pour les miennes et mes collègues m'évitaient dans les couloirs. Je m'isolais de plus en plus du monde. Heureusement qu'il y avait mon frère. À la fac, il est parti 1 an en Angleterre pour ces études. Quand il est revenu, il avait complètement changé et on est devenu très proche. Au fils des années, c'est lui qui m'a présenté les personnes qui sont aujourd'hui mes amis les plus proches. Des gens qui ne se moque pas de moi et qui me respectent.
Un été, alors que j'étais chez l'un d'eux, il s'est passé quelque chose qui à changer m'a vie. Cet été-là j'ai mal ouvert un paquet de gâteaux. Dis comme ça parait banal.
Quand mon ami a demander énervé, qui avait mal ouvert le paquet en pensant que c'était son fils, ce dernier à simplement répondu, « C'est Claude ». Cette phrase que j'avais entendue toute ma vie, a eu à ce moment, une toute autre résonance. Pour une fois, c'était vrai. J'ai étrangement aimé ce sentiment d'être responsable de ceux dont on m'accusait.
Alors j'ai commencé à faire n'importe quoi histoire qu'on m'accuse de chose que j'avais vraiment fait. Je piquais des fournitures de bureau, mentais à mon patron, vidais l'encre de l'imprimante... Rien de fou, mais c'était pour moi une façon d'exister. Les accusations à mon encontre ne faisaient qu'augmenter. J'ai rapidement compris que ce n'était pas la bonne solution.
Depuis, j'ai arrêté les bêtises.
Alors maintenant quand on me tient pour responsable à tort, je me défends. Faire n'importe quoi m'a quand même donné assez de confiance en moi pour que je commence enfin à prendre ma défense.
J'ai arrêté d'être une victime, moi, c'est Claude.
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