Chapitre 17.2
Bonsoir ! J'espère que vous allez bien !
Avant toute chose, j'aimerais remercier tous ceux et celles qui m'ont apporté leur soutien. C'était une période assez compliquée pour moi. Ça l'est toujours, mon proche aura très certainement des séquelles à vie, mais me sentir soutenu dans cette épreuve m'a fait énormément de bien. Je ne pourrais jamais assez vous remercier ❤
En ce qui concerne la suite, elle est déjà en cours d'écriture. De même, pour une durée indéterminée, mes correctrices ne pourront malheureusement pas corriger la suite. Donc il se peut qu'il y ait des fautes, et j'en suis désolée.
Néanmoins, j'espère que ce chapitre vous plaira. Bonne lecture !
PS : Très bonne année à tous ! Plein de joie, plein de bonheur, et j'espère qu'elle vous réussira.
Des bisouus !
Elena
_ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _
Nous n'avions mis que quelques mètres avant de la rattraper. Depuis, nous marchions côte à côte, silencieusement. Parfois, elle s'arrêtait devant un bâtiment, une structure, ou un monument. Elle prenait le temps de nous le présenter, de nous expliquer leur histoire et leur importance actuelle, puis elle repartait. Simplement.
Elie déambulait dans les rues, sans se soucier de quoi que ce soit. Elle était calme, sereine, si bien que mon loup avait doucement reflué, se contentant de suivre ses paroles à travers moi.
Elle était dans son monde, savait ce qu'elle disait, et pourquoi elle me présentait toutes ces structures. C'était important pour elle que je connaisse cet endroit. Parce que ce territoire allait être à elle et qui lui importait de me le présenter ? Peut-être. Peut-être pas. Je n'en savais rien. Mais parce que c'était important, j'écoutais et apprenais. Posais des questions, m'intéressais sincèrement à son histoire et à celle de son village.
C'était instructif. Mais ce qui avait le plus attiré mon attention, c'était elle. Elle et ses effleurements. Je sentais parfois sa main frôler la mienne, ou son épaule frotter légèrement contre mon bras. C'était léger. Mais c'était là, entre nous. Comme un secret inavouable.
Et ça me plaisait. Beaucoup trop d'ailleurs.
Depuis que j'avais commencé en tant que traqueur, jamais je n'avais eu envie de me lier d'amitié avec qui que ce soit, jamais je n'avais eu envie de connaître quelqu'un. Tout ça était nouveau pour moi, étranger. Et je ne savais pas comment le gérer. Ça me paraissait compliqué, presque insurmontable.
Je savais tuer mieux que quiconque, et pourtant, nouer une amitié me semblait être une énigme impossible à résoudre. Ironique n'est-ce pas ? J'aurai pu rire de la situation si...
Danger.
Je me retournai immédiatement, juste à temps pour voir Elisabeth trébucher et tomber droit vers le sol. Mes mains agirent d'elles-mêmes et se précipitèrent à sa rencontre, lui empêchant de rencontrer le bitume. Dans le mouvement, mon corps était venu instinctivement faire barrage entre elle et la menace. À moitié dans mes bras, à moitié sur le sol, Elisabeth semblait complètement désorientée. Je ne réfléchis plus. Je la levai d'un coup, et me tournais de trois quarts pour faire face à celui qui l'avait bousculé.
À quelques pas de nous, un grand, blond à l'air mauvais nous toisait. Seul un rictus défigurait sa face, seul signe qu'il avait bel et bien atteint son but. Il puait la haine et la rancœur.
Danger, répéta mon loup.
Je fronçai les sourcils en sentant la folie, douce meurtrière, qui commençait à s'installer en lui. Son aura, bien que très faible, était vindicative. Elle allait et venait, fonçait dans le tas sans se soucier de quoi que ce soit. Tranchante, elle essayait de franchir nos remparts, de s'emparer de nos êtres. Il n'y arriverait pas.
Jamais, tant que je serai là.
Attention, m'avertit mon alter ego.
Une seconde avant. Une seconde avant que son aura n'explose, causant une sorte de déflagration dans l'air. Mais il était faible. Trop faible pour espérer nous atteindre.
Frustré, le blond crispa son visage et cracha à nos pieds, l'air assassin.
-T'aurais dû laisser cette chienne au sol !
Je me figeai à cette remarque, sidéré. Comment... Comment osait-il ? Black commença s'agiter, hors de lui. Son grognement, quoique imperceptible pour le moment, roula le long de ma gorge, menaçant. Qu'il recommence seulement et il en ferait de la charpie.
- Après tout, c'est bien là qu'est sa place, ricana-t-il.
J'allais m'avancer, prêt à en découdre, quand la main d'Elie me retint. Je mis quelques secondes avant de réaliser avec effarement qu'elle ne comptait pas répondre. Qu'elle allait le laisser faire.
Le blond, ayant vu Elisabeth me retenir, en profita pour avancer. Sûr de lui, il me contourna, en faisant bien attention à ne pas me toucher, et se retrouva face à la fille de David Jones. Il s'abaissa pour lui faire face, frôlant son nez du sien.
Je ne réagis pas, voulant voir ce qu'elle comptait faire. Parce qu'elle avait bel et bien un plan pour le laisser faire ainsi.
N'est-ce pas ?
-Hein Elisabeth ? Cracha-t-il.
Elle ne dit rien. Pire, elle se recroquevilla sur elle-même, les yeux fixés au sol, la tête basse et le dos voûté.
Soumise.
Voilà ce qu'elle était à cet instant. Elle qui était si puissante se rabaissait face au plus insignifiant des gammas. Je serrai les poings, à m'en faire blanchir les phalanges. Ma mâchoire se contracta, mes yeux se plissèrent, et mes jambes s'ancrèrent plus profondément.
Mon corps se révulsait face à la faiblesse d'Elisabeth. Je détestai ça. Je détestai le fait qu'elle se laisse marcher dessus alors qu'elle pourrait le remettre à sa place si facilement.
Ma respiration s'emballa quand je le vis se redresser, satisfait, commencer à partir avant de se retourner vers Elie et d'ajouter :
-Quand on fait la pute avec des alphas, faut s'attendre à des conséquences.
Figé, je restai figé pendant un temps infini... Je ne me repris que lorsqu'il partit, sans même craindre pour sa vie. Il aurait dû. Il aurait tellement dû être inquiété par ses paroles...
Et bon sang, de quoi parlait-il ? Qu'est-ce que c'était que cette histoire ? J'allais demander des comptes à Elisabeth lorsque je la vis. Faible, tremblante face à ce minable. Mon estomac se retourna. Elle était alpha.
Elle était alpha bon sang !!!
Mes poings se serrèrent convulsivement. Je tournai la tête et mémorisai tous les détails que je pouvais sur ce blondinet. De son dos maigrichon, à ses jambes squelettiques, en passant par ses cheveux sales et désordonnées. Je reviendrai pour lui. Je reviendrai lui donner la leçon. Pour lui faire passer l'envie de recommencer. Mais avant ça...
Avant ça, je devais faire réagir Elisabeth. Il n'était pas question qu'elle continue de se laisser marcher sur les pieds. Elle avait ses propres combats à mener. Celui-ci allait être le premier d'une longue série à venir. Je m'en faisais la promesse.
-Pourquoi n'as-tu rien dit ? Tu es le prochain chef de meute. Ils te doivent le respect.
Ma voix était neutre, dénuée d'intonation. Je voulais comprendre. Avant de lui remettre les pendules à l'heure, je voulais savoir si elle pouvait justifier ce qui venait de se passer. Au lieu de cela, Elisabeth détourna le regard, les yeux fixés au sol.
-C'est compliqué, me souffla-t-elle, résignée.
Je pris une brusque inspiration et sentis mon alter ego s'agiter au fond de moi. Lui non plus n'aimait pas ça. Il n'aimait pas la voir aussi faible, aussi soumise. Elle avait joué avec nous, avait menacé notre virilité parce qu'on ne l'avait pas appelé par le prénom désiré. Et elle se laissait si facilement marcher sur les pieds ? Par un loup aussi peu puissant ?
Comprendre. Elle devait comprendre qu'elle était sa place.
-Il n'y a rien de compliqué, Elisabeth ! Claquai-je, hors de moi. Nous sommes des loups. Vas-tu sérieusement laisser un gamma te parler de cette façon ? Assois ta domination, ou tu te feras bouffer, si ce n'est pas déjà le cas.
Ma voix s'était durcie. Elle était plus sèche, plus incisive. Mais bon sang, nous voulions qu'elle réagisse. Qu'elle redevienne la femme forte qu'elle était. Pourtant, elle ne répondit pas.
-Alors ? Tu vas vraiment le laisser faire ?
Toujours rien... Bon sang, cette femme était aussi têtue qu'une mule ! Nous allions devoir passer à la vitesse supérieure.
Je me mis alors à ricaner, l'air mauvais. Comme le blond, je me penchai pour être à sa hauteur, à un cheveu de son visage.
-Regarde-toi. Incapable de remettre correctement le plus soumis de la meute à sa place. Et tu es censé être le prochain alpha ? C'est pitoyable.
Je la sentis retenir sa respiration. Mais ce n'était pas assez. Pas encore.
-Tu. Es. Pitoyable, martelai-je, après un silence.
Elisabeth s'immobilisa un instant avant de se tourner vers nous, des éclairs pleins les yeux.
-De quoi tu te mêles ? Je ne t'ai jamais demandé ton avis Damian, alors ne me dis pas ce que je dois faire !
-Oh, vraiment ? Pourtant tu dois en avoir besoin pour avoir oublié une règle aussi élémentaire !
J'évitais sa gifle de justesse. Fulminante, Elisabeth me faisait face, hors d'elle. J'évitais habilement sa jambe, puis son second poing et l'amenais dans la ruelle juste derrière nous. Très ombragée, elle nous mettrait à l'abri des regards.
-Lâche-moi !!
Elisabeth frappait, se débattait, s'acharnait pour que je lui libère ses poings. Elle était donc bien capable de répondre. Elle ne le voulait simplement pas. Pourtant, c'était instinctif. Un alpha ne se laissait pas marcher sur les pieds. Il ne le supportait pas. Qu'est-ce qui aurait donc bien pu pousser sa louve à s'effacer ? À accepter un tel manque de respect ?
Je reculais ma tête, juste assez pour éviter celle d'Elisabeth Jones.
Bordel, elle était déchaînée.
Ses pieds s'élancèrent à son tour, frôlant mes jambes, mes côtés. Mais je ne fus pas assez rapide pour empêcher la prochaine attaque.
Je me pliais immédiatement en deux, sous l'effet d'une douleur toute masculine. Oh bon sang... Ça faisait un mal de chien ! À genoux, les mains sur mon service trois pièces, j'essayai de ne pas geindre comme une fillette. Bon sang... Elle ne m'avait pas loupé cette garce.
Trop pris par la douleur, je ne fis plus attention à la fille de David Jones. Grave Erreur. La seconde suivante, je me retrouvais sur le dos, la furie sur mes hanches en train d'armer ses poings.
J'écarquillais les yeux et bougeai ma tête de justesse. Son poing s'écrasa contre le sol, à quelques millimètres seulement. Son regard me cloua sur place avant qu'elle n'arme son second poing, prête à réitérer.
Et je pris conscience seulement à cet instant qu'elle comptait salement m'amocher.
D'un coup de hanche, je la renversais à son tour sur le dos avant de lui prendre une de ses mains, de me lever, et de la lui retourner au milieu de ses omoplates. Obligé de pivoter, Elisabeth se retrouva face contre terre, fulminante, et crachant des insanités.
-Pourquoi n'as-tu pas agi, louve ?
Car il s'agissait bien d'elle. Elisabeth avait laissé la place à son alter ego pendant le combat, comme c'était si souvent le cas. Moi-même avais laissé Black sortir et prendre le contrôle de mes membres. Les loups étaient plus rapides, plus instinctifs et plus forts que nous. Leur laisser notre place ne révélait que de la logique.
Celle-ci grogna avant de se contorsionner pour essayer de se libérer. J'affermis alors ma prise, bloquant totalement son bras et assis davantage ma position, faisait peser tout mon poids sur elle. Incapable de bouger, la louve vociféra avant de répondre :
-Pour ne pas perdre l'humaine, siffla-t-elle, mauvaise.
Elle grogna de nouveau et essaya de bouger, ce qui n'eut pour effet que de la faire gémir de douleur.
Merde. Merde !
Je ne réfléchis pas plus et desserrai légèrement ma prise, sans toutefois la lâcher. Je réfléchirai à ses paroles plus tard. Pour le moment... Eh bien, je me devais de faire réagir la fille de David Jones face à son comportement de tout à l'heure. Mais je devais tout d'abord la calmer.
Ma deuxième main agit d'elle-même et vint se positionner dans le creux de ses reins. Les louves se figea entre mes jambes, et je me mis à commencer de longs mouvements circulaires. Black n'attendit pas plus et prit le contrôle de ma voix seulement, désirant lui parler.
-Être alpha est compliqué, souffla-t-il. Tu dois protéger et punir. Aimer mais imposer. La dualité est complexe, dure à obtenir. Rares sont les bons alphas. Mais tu n'auras le soutien des tiens que lorsque cette dualité sera parfaitement contrebalancée. Que lorsque l'équilibre sera trouvé. Tu ne peux pas ne pas punir, ou l'animal ne te suivra pas. Tout comme tu ne peux pas simplement soumettre, ou l'humain ne t'offrira pas son allégeance.
Il fit une pause. Regarda son corps. Chercha les signes d'écoute. Les trouva et continua :
-Mais avant ça, tu n'arriveras à rien tant que tu ne te seras pas accepté en tant qu'alpha. Assume-toi, prends tes responsabilités et grandis. Pour toi. Pour eux. Pour ta meute. Ne te renie pas, fille de David Jones. La folie te guette, ne lui laisse pas une chance de s'emparer de toi.
Il se tut, conscient qu'elle devait méditer sur mes paroles. La Folie... Il était si facile pour elle de venir nous prendre. Il suffisait simplement que l'on ne soit pas en équilibre avec son alter ego. Renier son loup, nier une partie de soi, l'enfouir sans autre forme de procès constituait un déséquilibre majeur chez une personne. Il était même étonnant qu'elle soit toujours là, qu'elle soit toujours saine.
-On m'a destitué, m'avoua Elie dans un souffle.
La louve était partie, laissant la place à l'humaine pour qu'elle comprenne et assume ses responsabilités. Pour autant, Black ne me laissa pas sa place. Il voulait continuer à lui parler, à lui apprendre, peu importe qu'il ait l'humaine ou la louve en face de lui.
-L'humain t'a destitué, pas le loup. Soumet-le tant qu'il est encore temps, et occupe-toi de l'humain ensuite. Choisis tes batailles, Elisabeth Jones. Où tu perdras la guerre et erreras à la manière des loups solitaires. Dans le pire des cas, la Folie te gagnera. Souviens-t'en et fais le nécessaire.
Sur ces dernières paroles, mon alter ego s'envola, me laissant tout le loisir de gérer Elie.
Et autant dire que je sentais la gifle arriver.
Bạn đang đọc truyện trên: AzTruyen.Top