Halloween...

Le 31 octobre après mon cours d'escrime...

L'atmosphère d'Halloween se répandait peu à peu dans les rues de Paris. Je me souviens encore des anciens Halloween où Marion, Lucie, Dominique, Marco et moi nous nous déguisions en sorciers, fantômes, loups-garous et autres bêtes et monstres fantastiques et nous parcourrions les rues à la recherche de friandises. 

Je me souviens des guirlandes de squelettes, des lanternes de citrouilles avec des bougies de cire à l'intérieur, des petites farces qu'on faisait aux plus jeunes en imitant les bruits de fantômes. Ensuite, vers minuit, nous montions tous ensembles chez la famille de Marion et regardions un film d'horreur bien choisi par la fan de films d'horreur que je suis. 

Tous ces moments d'angoisses, de rires et de blagues étaient pour moi d'inoubliables moments précieux car nous étions ensemble. 

Mais pour cet Halloween là, une atmosphère de terreur nous hantait tous, et même de la tristesse. C'était notre premier Halloween sans Louise mais ce n'est pas tout, il y a pire :

TOUS LES PARISIENS ONT DÉCIDÉ DE DÉCORER LEURS MAISONS  ET LEURS JARDINS, NON PAS PAR DES CITROUILLES MAIS PAR DES TÊTES DE VAMPIRES !!!!

Merci vraiment, ça nous suffisait pas la menace qui pesait sur nous ! 

Mais pour moi c'est pire pire pire !!! C'est que je viens de découvrir les deux suspectes qui sont forcément elles les vampires. Je n'ai pas pu découvrir QUI exactement à cause de ça : 

MON FICHU COURS D'ESCRIME. Comme j'avais escrime avant la fin du cours de sport, je devais filer filer filer prendre un taxi pour m'y rendre le plus rapidement possible. Après avoir découvert cette vérité terrifiante dans la languette en cuir (le pétale de rose), je suis restée pétrifiée (comme toujours) mais je me suis un peu remuée pour vite me changer et courir chercher un taxi hors de l'école. Sinon j'aurais pu rester dans le vestiaire et découvrir la propriétaire des sandales qui contenaient la pétale de rose...

Une fois mon cours d'escrime terminé, je suis rentrée chez moi la mort dans l'âme et la peur dans les os. Je n'ai rien dit à mes parents ni à mon frère et mes sœurs (car je vous rappelle que la dernière fois que j'ai mis quelqu'un dans la confidence, la personne en question n'a pas du tout fait preuve de discrétion - vous savez de qui je parle). 

En rentrant, je savais que Marion allait m'envoyer une tonne de messages pour que je lui explique mon silence à la cantine et aussi pour que j'aille chez elle pour fêter Halloween. Sauf que ce Halloween, je ne le fêterai pas. Trop de tourments, trop d'horreur et de terreur pour m'en rajouter. Alors c'est décidé, je resterai chez moi et blottie dans mon lit à regarder des vidéos drôles et rassurantes sur mon ordinateur en grignotant des chips ou des pop-corn's. Et quand j'en aurai marre j'irai dormir (avant minuit). 

Et si quelqu'un se tape l'incruste dans ma chambre avec un masque de sorcier ou de monstre de je-ne-sais quelle film d'horreur, c'est tout simple : je le tue (pas littéralement!). Je veux dire qu'il va passer un mauvais quart d'heure. 

A la maison, tout le monde était prêt pour Halloween : ma mère préparait des friandises pour les voisins et pour se rendre chez les Richter ( la famille de Marion qui habite le même quartier que nous), mon père emportait le maquillage et les films d'horreur, mon frère était déguisé en Star Wars (c'est vrai que ça fait très peur !), Lucie était déguisée en monstre des mers et ma petite Keith était trop mignonne dans son costume de vampire Draculaura.  Franchement, ça me fichait la trouille à cause de l'histoire du vampire meurtrier mais elle était quand même trop belle. 

Quant à ma mère, elle était déguisée en citrouille (c'était juste trop drôle) et mon père était déguisé en...RIEN! C'est ce qu'il y a de mieux : son survêt gris et son polo Lee Cooper bleu marine avec ses baskets de sports. Ma mère à levé un sourcil en me demandant :

- Tu ne te déguises pas ma chérie? 

- Pourquoi est-ce que je devrais me déguiser? ai-je répondu. 

- C'est Halloween p'tite cervelle ! intervint Lucie. 

- La tienne n'est pas tellement plus grande, lui dit Dominique. 

- Vous vous taisez oui? cria mon père. 

- Je ne vais pas chez Marion ce soir, je ne fêterai plus Halloween, ai-je ajouté calmement. 

- QUOI? hurla mon frère.

- Tu as très bien entendu. 

- C'est pas nourmal ! C'est pas nourmal du tout. T'adores Halloween, qu'est-ce que t'as Julia? 

- T'es relou à tout le temps dire "nourmal", grimaça Lucie. 

- Je te demande pas ton avis !!

- TAISEZ-VOUS, crièrent mes parents en choeur (à croire qu'ils font des cours de chorales). 

- Mais c'est bon allez-y vous, m'écriai-je. Moi j'y vais pas, fin de l'histoire ! J'ai eu trop d'émotions fortes aujourd'hui donc Halloween ne sera pas du tout amusant pour moi. 

- Ah ouais à la cantine c'était trop drôle, se moqua Dominique. 

- Domino tu te tais ! ai-je crié. 

- ARRÊTEZ LES DISPUTES OU ON ANNULE TOUT !! a hurlé papa. 

Mon père a littéralement "explosé". Il en avait assez de nos disputes fraternelles (c'est vrai qu'en même temps, Lucie, Dominique et moi on ne fait que se clasher). Sourcils froncés et regard meurtrier, il demanda à ma mère, mes sœurs et mon frère de l'attendre dans le jardin le temps qu'il s'explique avec moi. 

- Qu'est-ce qui t'arrive Julia? m'interrogea-t-il. Cette histoire de cantine? Et aussi, tu es dans les vapes depuis quelques jours. Quelque chose ne va pas? 

J'ai hésité à répondre, mais c'est tout de même mon père. Je n'avais pas le courage de lui mentir ni de lui cacher la vérité maintenant qu'il savait que quelque chose clochait. 

- J'ai...peur, ai-je avoué. Peur de cet événement spécial qu'est Halloween, peur de ce qui pourrait arriver en cette nuit sans que personne ne s'en rende compte à cause de l'agitation et de l'atmosphère festive, peur que quelqu'un ne meurt une deuxième fois, et que nous arrivions trop tard pour le sauver...

Mon père comprit mon effroi, il n'insista pas pour que je les accompagne à la fête. Il me prit dans ses bras, caressa longuement mes cheveux châtains, déposa un baiser sur ma tête et me souhaita de passer une bonne soirée (seule) après avoir tenté de me rassurer à propos d'Halloween (en vain).

Je revins à ma chambre, un peu plus calme, et m'allongeai péniblement sur mon lit, fixant le plafond, pensive.

Je ne cessais de penser à Zia...son attitude instable, malicieuse, agitée, contrastant avec le calme, la froideur et le silence de Patricia.

L'une des deux est forcément le vampire. Mais je suis confuse :

Zia se comporte avec malice mais n'a pas de canines longues, quant à Patricia, on ne sait pas si elle possède des canines longues en raison de son mouchoir mais elle semble ne rien avoir à se reprocher et est extrêmement calme.

Néanmoins, maintenant que j'y pense, je commence à douter qu'il s'agisse de Patricia. La plus étrange, c'est Zia. 

Après tout, elle s'est peut-être débrouillée pour camoufler ses canines et donc faire taire les soupçons de tous. 

Mais pas les miens.

Oui...je crois que le vampire est Zia...

Mes pensées furent interrompues par une subite douleur à la tempe droite.

L'insécurité et les idées noires qui me traversaient l'esprit finirent par me provoquer d'atroces maux de tête, et mes paupières devenaient progressivement lourdes

J'étais fatiguée. Fatiguée de penser, de craindre, de me méfier sans arrêt.

Et sans m'en rendre compte, mes yeux se fermèrent et je sombrai dans un délicieux sommeil.

Je ne sais combien de temps je suis restée cloîtrée dans ce sommeil surimposé, mais je sais que j'en ai été réveillée par d'assourdissants cris stridents et récidivants.

Pitié...que se passe-t-il encore?

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