HERMIONE se réveilla, un mal de crâne faisant son apparition derrière ses yeux. Elle avait été mise au courant que le maque d’obscurité pouvait faire mal à la tête, mais pas que l’inverse était possible. Ne pas voir la lumière du jour commençait à la rendre folle.
Ou peut-être était-ce la fatigue.
Ou bien la douleur qui venait de se réveiller dans chaque partie de son corps.
Le sortilège Doloris n’était pas une partie de plaisir, ce qu’elle savait déjà. Mais peut-être la situation rendait le tout encore pire.
Cette fois-ci, Harry ne viendrait pas pour la sauver. Pas d’Harry, pas de Ron.
Pas dans cette vie là.
L’obscurité et la douleur n’étaient peut-être pas ce qui la rendrait folle en premier.
L’ignorance le ferait probablement.
Qu’est-ce qu’il se passe, là dehors ?
*. *. *
Le bruit des pas, puis le bruit d’une porte qui claque.
Le bruit des pas, puis le bruit d’une porte qui claque.
Encore et encore.
Écouter était la seule solution pour ne pas être prise par surprise et pour essayer de comprendre ce qu’il se passait dans cette demeure.
La jeune femme en était venue à reconnaître des voix. Celle de Narcissa Malfoy, notamment. Elle accompagnait parfois son mari à certaines réunions, apparemment.
Bellatrix était très reconnaissable également. Il fallait écouter, mais elle portait toujours des chaussures à hauts talons qui produisaient un bruit mat sur le sol carrelé. Et puis son rire… démentiel n’était pas très dur à identifier.
Pourtant, une chose était sûre: jamais Voldemort n’avait pénétré ces murs. Sa présence aurait été facilement identifiable, et le branle bas de combat qui aurait précédé sa venue aurait sûrement prouvé l’apparition d’un évènement inattendu et particulier.
Personne n’était venu la retrouver dans ces cachots insalubres. Personne de l’Ordre, du moins.
La question est: pourquoi ne me tuent-ils pas ?
Ils voulaient quelque chose: c’était plus qu’évident. La question était quoi. Lucius Malfoy devait probablement se souvenir d’elle depuis l’attaque de Trafalgar Square. Ils savaient donc qu’elle faisait partie de l’Ordre.
Mais quand ils venaient, ils ne demandaient rien. Ils lui faisaient du mal: rien d’autre. Pas un seul mot n’était échangé, mis à part certaines insultes qui donnaient à Hermione une grande envie de mettre son poing dans la face d’un ou deux d’entre eux.
Ils ne voulaient donc pas d’informations, du moins pas pour le moment.
C’est étrange comme démarche, tout de même.
On ne kidnappe pas quelqu’un si l’on ne veut rien obtenir d’eux, non ?
*. *. *
Hermione dormait d’un sommeil semi-paisible lorsqu’elle se réveilla brusquement, tout cela pour ne comprendre qu’une chose: on la tirait par les cheveux.
La poigne qui tenait ses mèches brunes était une poigne masculine. La Gryffondor s’en rendit vite compte lorsqu’elle se releva d’elle même, tentant de faire lâcher prise à la personne qui se trouvait là.
Ce matin ou cette nuit-là, quelque chose était différent.
Tout d’abord, parce que même si le réveil n’était jamais vraiment agréable, jamais personne n’était venue la chercher de cette façon.
Ensuite, parce que l’atmosphère était différente. Quelque chose à propos de cette journée était particulier.
Hermione le comprit rapidement en entendant le remue ménage qui se déroulait autour d’elle.
Enfin, autour d’elle, tout était relatif. Elle se trouvait toujours dans la même pièce -si on pouvait même lui donner ce qualificatif. Quelqu’un d'autre s'y trouvait.
Quelqu’un d’autre que la personne qui la tirait par les cheveux.
- Lâche-là, Evan.
La personne dans le coin était la fameuse Narcissa Malfoy.
*. *. *
Elle était dans la même année que les maraudeurs, à Poudlard, mais elle était… comment l’expliquer. Insignifiante ? Ce n’était pas le mot. Effacée convenait mieux, sans aucun doute.
- Qu’est-ce qu’il se passe ? Demanda la voyageuse du temps, encore à moitié endormie après ce réveil brutal.
Pas de réponse.
La vérité était peut-être que la réponse était déjà connue.
L’être humain ressent le besoin constant de se rassurer lorsqu’il pense au pire du pire.
Sauf que ce besoin de se rassurer cachait souvent une inquiétude réelle, une vérité qui s’imposait,rampante et sous-jacente, qui jaillissait pour vous transpercer et vous laisser sans voix, à bout de souffle et avec quelques cicatrices en plus.
La vérité n’était pas toujours bonne à connaître.
Parfois, mieux vaut se voiler la face.
- Tiens.
Narcissa lui tendit une éponge imbibée d’eau et de savon et se retourna sans un mot de plus, posant un paquet de vêtements sur le tabouret où elle s’était tenue quelques instants plus tôt.
- Fais-vite, lança t-elle avant de partir.
Hermione se lava en quatrième vitesse, redécouvrant son propre corps qu’elle n’avait pas pris la peine de regarder ces dernières semaines.
Ca n’aurait servi à rien. Pourquoi observer un corps qui vous décevra systématiquement ? Un corps, c’était fait pour fonctionner correctement, être quelque chose de beau et servir à quelque chose d’utile.
Je n’ai aucune envie de me faire encore plus de mal que je ne me le fais déjà. C’est ce qu’ils veulent.
Elle souleva lentement les vêtements qui se trouvaient à sa disposition.
Il s’agissait d’une robe de sorcière qui sortait manifestement tout droit du placard de Bellatrix. Longue, avec trois boutons sur côté.
Noire, aussi.
La jeune femme enfila ce paquet de tissu, juste à temps pour que Narcissa revienne et ne la voit pas à moitié habillée parce qu’elle avait perdu du temps à tergiverser.
Narcissa lui fit signe de la suivre, d’un signe de tête, tout cela pour qu’elle se retrouve auprès de son mari, Lucius Malfoy.
Le seul et l’unique.
Ce gars est le père de Draco Malfoy… Ça doit être lourd à porter au quotidien. Et puis pourquoi est-ce que je me soucie de ça maintenant, moi ?
- Fais bien attention espèce de traître à ton sang et ouvre grand les deux oreilles, d’accord ? Persifla cet homme absolument exécrable.
On se demandait bien à qui il pouvait inspirer de la sympathie.
- Tu t’apprêtes à rencontrer notre cher Seigneur de Ténèbres.
La réalisation de ce qu’il était en train de lui arriver prit soudainement possession d’elle. Techniquement, elle s’était déjà retrouvée dans une situation telle qu’elle plusieurs fois au cours de sa vie. Mais ce n’était pas tout à fait pareil.
La dernière fois, il a gagné.
C’était peut-être la première fois qu’il avait l’avantage, mais il ne lui avait fallu que ça.
Et puis… Hermione était seule.
Et elle se surprit à penser assez égoïstement qu’elle aurait adoré que quelqu’un soit avec elle.
- Tu vas te tenir correctement, d’accord ? Pas de réponses au Maître. Pas de colère dirigée contre lui. Il est plus fort que toi et il peut te tuer en un seul claquement de doigt, que ce soit bien clair.
Ce qui était bien, c’était le fait que ce discours soit vraiment engageant et rassurant.
Malfoy se rapprocha encore plus près.
- Je ne veux pas entendre une seul mot sortir de ta bouche à part si il te le demande.
On aurait presque dit qu’il essayait de voir la peur se peindre sur son visage. Il voulait qu’elle arrive dans la pièce avec un air effrayé.
Il le fait… exprès ?
Pas que Malfoy soit quelqu’un de sympathique, loin de là, mais on aurait presque dit qu’il se forçait à lui parler de Voldemort.
Peut-être que son fanatisme le contraignait à faire ça.
C’était plutôt plausible. Il se voyait peut-être comme obligé de convaincre Hermione de la puissance de son Maître.
Ou alors, on lui a donné cette mission.
Ce n’était dans tous les cas pas très efficace: considérant les sept années qu’elle avait passées avec Harry James Potter en personne, recevoir des menaces relevait de la sinécure. Un jeudi normal, en somme.
On était jeudi, selon ses suppositions.
Une main la poussa dans le dos, et la voyageuse du temps revint brusquement à la réalité.
- Fais bien attention à toi, Farrington. Il n’y aura pas de seconde chance cette fois-ci.
Et la porte s’ouvrit sur une assemblée de mangemorts divers et variés, qui l’observèrent avec curiosité et dégoût.
Bienvenue dans l’arêne.
*. *. *
- Ma chère… Je vous attendais.
Dire, dans ce cas particulier, que la voix de Lucius Malfoy avait quelque chose de sifflant était un bel euphémisme, lorsque l’on entendait la voix de Voldemort.
Il avait tout du serpent.
L’apparence, la voix, la maison et l’attitude.
La stratégie, aussi.
- Voyez-vous, on m’a conté un bon nombre de choses à votre sujet, et j’ai décidé de voir par mes propores yeux si ce que l’on m’avait dit à votre propos était réel.
Tom Jedusor venait de la jauger du regard, déplaçant son regard de bas en haut sur son corps amaigri.
- Je dirais que votre apparence est… décevante.
Des rires gras emplirent la salle.
Il y avait peu de mots qui pouvaient rendre compte du point auquel elle les haïssait tous.
- Pour ce qui est de vos qualités morales, nous verrons.
Si il voulait savoir quoi que ce soit de ses qualités morales, il n’avait qu’à lui poser une question, et elle se ferait une joie d’y répondre en faisant preuve de ses meilleures qualités au niveau de la répartie.
- Pensez-vous correspondre à ce que j’appellerais une bonne personne, Hermione ?
Il s’attendait à voir la surprise prendre possession de ses traits, mais la Gryffondor décida de répondre calmement.
- Tout dépend de si vous vous considérez comme telle.
Long silence de l’assemblée.
Puis un rire absolument inhumain et ignoble secoua Voldemort, jusqu’à ce qu’il ait la tête renversée en arrière, laissant tout ce qui brûlait en lui le consumer.
Il est totalement malade.
C’était la première fois que cela lui semblait si apparent.
- On ne m’avait pas menti sur vos qualités en terme de répartie, donc. Mais, voyez-vous, j’ai envie de mener un examen plus approfondi de la façon dont vous pensez.
Comment-ça, un examen plus approfondi ?
- J’aimerais savoir de quoi vous vous souvenez, plus particulièrement. Et le voir.
Le silence qui s’écoula à ce moment précis fut plus qu’équivoque. Il voulait tout dire.
L’occlumencie a intérêt à servir, pour le coup.
Elle bloqua le plus possible sa mémoire, en fit une forteresse impénétrable et érigea des barrières d’une hauteur inimaginable autour d’elle.
Elle construisait des digues dans l’unique but de se préparer à une vague dévastatrice.
Tout ça, ce fut avant que Tom Jedusor n’essaie vraiment de pénétrer dans son esprit.
Et que le chaos ne commence.
*. *. *
"I won't let pain turn my heart into something ugly. I will show you that surviving can be beautiful."
-Christy Ann Martine
"Je ne laisserai pas la douleur faire de mon coeur une chose laide. Je te montrerai que survivre peut être beau."
-Christy Ann Martine
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