Chapitre neuf : Libre
Je me retrouve devant une scène abominable. La fille en arrière-plan ne bouge pas, ou plutôt, convertit toute sa puissance physique en un spasme incontrôlable. Elle me regarde, et regarde son maitre au sol, me regarde, ainsi de suite, sans dire un mot. Et moi, comme un con, la seule réaction que j'ai en la voyant est de rougir à la vue de son corps nu. Heureusement, mon instinct reprend le dessus, et mes habilités aussi. Je rentre le corps du maitre dans la maison, et je referme la porte. Je regarde par la fenêtre, voir un mouvement suspect. Au bout d'un moment, je me retourne, et je vois que la peur lui fait croire sans doute à des températures plus basse. Je quitte un instant mon poste pour trouver des habits chauds dans ce foutoir. Il fait noir, et mon odorat compensant la perte de vision me renvoie des odeurs désagréables. Je trouve ainsi un accès au cave, avec des objets de tortures accrochés au mur à droite, et en face, un accès à une autre pièce avec à côté de la porte une vitre bizarre. J'en ai vu quelqu'une de ces vitres, dans les anciens lieux de détentions pour les criminels. Elle a un coté où on peut voir la pièce sans problème, et de l'autre côté, on y voit qu'un miroir, et pas de vue sur la pièce adjacente. Je ne trouve rien dans cette cave, je remonte alors, et trouve enfin un pull et un pantalon de chasse du maitre, que je lui tends.
« Habilles-toi, rentres-toi dans les couvertures, tu as peur, et tu te refroidis à cause d'elle. »
Je reprends mon poste, observant les alentours. J'entends derrière moi qu'elle exécute sans discuter mes ordres, comme si j'étais son nouveau maitre. En pensant cela, je lui précise d'un ton grave :
« Ton maitre est mort, tu es libre. »
Je n'entends rien de plus, peut-être des larmes couler dans le silence. Je savais que ce que j'avais fait était grave, et qu'il me serait difficile de continuer dans cette ville maintenant. J'avais tout perdu en une soirée, mais bizarrement, je me sens heureux. Pour une fois, ma conscience est soulagée. Mais la nuit s'annonce longue...
Le soleil commence à se lever quand je me décide à partir. Je me retourne, constatant que la peur a fait son effet de fatiguant, et que la petite dort maintenant. La petite, c'est vite dit, elle est déjà grande, dans sa majorité sexuelle peut-être, même si elle a dû connaître le sexe depuis des années déjà. Je la réveille doucement.
« Eh, il faut se lever. »
Elle ouvre soudainement les yeux, se lève d'un bond, et se plaque contre le mur. Je m'attendais à cette réaction, à sa place, j'aurai sans doute fait la même chose.
« Nous devons partir maintenant, les garnisons vont bientôt envahir les rues, il faut te trouver un foyer et préparer ta fuite. »
Je lui tend la main en signe de confiance. Elle regarde une dernière fois son maitre.
« Il est mort de mes mains, tu es libre, mais si tu veux survivre à ta nouvelle liberté, je te conseille de me suivre. »
Elle hésite. Le temps m'est précieux, et il y a un moment où ma propre survie prône sur la sienne.
« Très bien, mais pars vite d'ici, si tu veux pas être une Omega une nouvelle fois. »
Je me retourne, et m'apprête à partir...
« Attendez... »
Ce fut les premiers mots de la gosse. Je me retourne, et la vois me suivre. J'enlève mon manteau à capuche et je lui donne :
« Mon identité est connue, il faut plutôt que tu te caches. »
Elle le mets sans discuter d'avantage. Le manteau est trop grand pour elle, qu'importe. Nous sortons de la maison, je ferme la porte, et nous partons. J'avais maintenant avec moi un fardeau à traîner. Je devais maintenant me soucier d'autres choses que ma propre personne...
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