Ils entrèrent alors dans le temple sans attendre. Alice déconnecta la source d'énergie avant de passer la porte, sachant bien que sans elle, la porte n'allait de toute façon pas se refermer derrière eux. Derrière se trouvait une longue et grande salle constituée du même métal semblable à de l'obsidienne. De grandes colonnes soutenaient le plafond, et de nombreuses inscriptions parcouraient les murs. Il n'y avait, contrastant avec l'écriture arrondie et organique de l'Etchoki, que peu de courbes dans cette architecture, constituée surtout de formes géométriques droites et angulaires. La salle n'était étrangement pas plongée dans l'obscurité malgré le fait que la seule lumière du jour y entrant venait de la petite ouverture de la porte par laquelle ils étaient entrés. Au contraire, tout était baigné d'une étrange et constante lueur bleutée ne possédant pas de source apparente.
Daenide s'approcha d'un mur et gratta légèrement ce dernier, en retirant une sorte de fin lichen bleu bioluminescent, d'où provenait la lumière. La température restait extrêmement froide, mais l'isolation donnée par les épais murs et la protection contre les bourrasques rendaient le tout bien plus vivable que les conditions extérieures. Une légère vapeur sortait de leur bouche à chaque respiration, tandis qu'ils avançaient lentement dans le temple millénaire. Malgré de nombreuses pièces métalliques étant tombées par terre, et parfois même des pièces en partie inaccessibles à cause de l'effondrement du plafond, le lieu était incroyablement bien conservé malgré son age. Dans quelques endroits, quelques lampes émettaient toujours une très faible lumière, mais l'essentiel des objets technologiques avaient cessé de fonctionner depuis bien longtemps.
L'écho de leurs pas retentissait dans l'immense structure, qui semblait se poursuivre profondément dans la montagne. Tout semblait vide. Les meubles en bois ou autres matières organiques étaient certainement tombés en poussière pour leur majorité, ainsi que les corps si il y en avait eu. Seuls quelques objets comme des écrans jonchaient toujours le sol de façon éparse. La lumière vive des lampes des trois explorateurs projetée sur les murs créait d'impresionnantes ombres mouvantes, donnant toujours l'impression que quelque chose les observait, tapis dans les recoins peu éclairés du temple. Finalement, ils s'arrêtèrent après plusieurs dizaines de minutes de marche sans parler et Alice lâcha enfin :
« C'est magnifique.»
Daenide renchérit immédiatement :
« Je n'osais pas le dire... Mais cet endroit est splendide. L'un des mieux conservés qu'on ait eu la chance d'observer. C'est tout bonnement une découverte exceptionnelle. Exceptionnelle.
- Je n'espérais pas en voir de si beau un jour. Il y a certainement des découvertes très importantes à effectuer sur les Etchokis ici.»
Meng demanda, excitée d'enfin être en contact avec des ruines Etchokis, cette civilisation qu'elle avait toujours voulu connaître :
«C'est très joli mais, qu'est-ce qu'on cherche du coup ? On marche depuis je ne sais pas combien de temps.»
Alice montra autour d'eux :
« On explore, Meng. Pour te faire une idée, le plus beau temple que j'ai jamais exploré ne faisait pas la moitié de la taille de celui-ci. Et on est sûrement encore loin d'avoir tout trouvé.
- Mais c'est quoi cet endroit ?
- Un temple d'Exalar. C'est dans ces lieux que se trouvaient les portes d'union, qui permettaient aux Etchokis de voyager instantanément entre les planètes. Presque tous ont été abandonnés juste avant la guerre civile, et les autres ont été oubliés avec le temps. Comme la guerre civile a resulté d'une destruction de l'essentiel du réseau des portes, les temples n'avaient plus vraiment d'utilité.»
Meng continua de regarder autour d'elle, ne parvenant pas vraiment à réaliser qu'elle était pour la première fois en contact avec ce qu'elle cherchait depuis dix ans. Ils continuèrent alors d'avancer après avoir mangé une ration et bu un peu d'eau, s'enfonçant toujours plus dans la structure. Par endroits, le métal était plié à cause des mouvements de la roche, mais l'essentiel était parfaitement praticable. Ils arrivèrent alors dans une nouvelle pièce, où se trouvaient plusieurs corps au sol. Momifiés par le froid, ils n'avaient que la peau sur les os, et leur peau avait une texture écailleuse grisâtre. Leur habits avaient pour beaucoup disparus, et les autres n'avaient que quelques pans de tissu déchiré. Les explorateurs s'approchèrent lentement, observant les cadavres, et Daenide hocha la tête :
« Ce sont bien des Etchokis. Vu les blessures que certains ont sur le torse et le crâne, ils ont été tués par balle.»
Alice ouvrit grand les yeux et affirma :
« Le temple est vide et dans une région inhospitalière. Si des gens ont été tués ici, et que leurs corps n'ont par la suite pas été enterrés ou brûlés, c'est que ce temple était déjà peu utilisé et que la guerre civile a fait perdre toute trace de son emplacement.»
Meng demanda alors :
« Mais pourquoi ils ont été tués, si ce n'était pas encore la guerre civile ? »
Daenide expliqua :
« On ne peux pas être sûrs, mais comme la guerre civile vient de la destruction du réseau de portes, il a bien fallu qu'on ait accès aux portes afin de les détruire. Ces morts sont, selon mon hypothèse du moins, les témoins d'une attaque pour l'accès à l'une des portes. Peut être que cette attaque a échoué et qu'on voit ici les assaillants, peut-être que cette attaque a réussi et qu'on voit ici ceux qui défendaient la porte de Jenalem. Mais une telle violence, dans cet endroit, n'est pas anodine.»
Alice affirma alors :
«Mais si les morts sont ici, et qu'ils défendaient la porte, ça signifie qu'elle n'est pas loin ! »
Ils reprirent leur chemin, faisant attention de ne pas marcher sur les corps, tombant rapidement sur une porte détruite. Alice s'avisa alors :
«Ça ne peut pas être le résultat du temps, le reste de la pièce est parfait, ici le métal a été plié de façon peu naturelle.»
Ils passèrent alors par les restes déchiquetés de cette porte, et arrivèrent dans une longue salle ornée de colonnes, au fond de laquelle se trouvait, encastré dans le mur et précédé d'un escalier qui permettait d'y accéder, un large cercle de métal plein de modules technologiques, et rejoint par de nombreux cables venant du plafond et des murs. La porte d'union se trouvait devant eux.
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