Le lendemain, alors que Bernard avait fini de se laver et de se préparer, un membre de l'équipage vint vers lors quand il sortait de sa cabine et lui dit :
«Monsieur Bernard Berthieux, vous êtes convoqué dans la salle de réunion numéro deux par Murainan'Ta, avec effet immédiat. Veuillez me suivre.»
Et il se détourna avant de partir. Bernard haussa un instant les sourcils avant de le suivre, sentant déjà qu'il n'allait pas passer un excellent moment. Ils finirent par arriver devant la porte et Bernard y fut introduit. La salle était relativement grande et claire, les murs dépouillés et une grande table rectangulaire trônait au centre, Murainan'Ta au bout. Le gliesien l'observait avec un air assez dur et l'invita à s'assoir. Bernard demanda :
«Pourquoi je suis ici ?
- J'ai plusieurs choses à clarifier. Je suppose que c'est inutile de rappeler sur quoi nous nous sommes quittés avant votre capture.
- On va vraiment en reparler ?» répondit Bernard en soupirant.
«Oh que oui Berthieux, on va en parler. Et si tu as pas envie de finir dans une cellule pour haute trahison le temps que tout se termine, que ça soit en bien ou mal, je te conseille de pas faire le fier.»
Bernard n'osa pas répondre et Murainan'Ta expira lentement avant de reprendre :
«Déjà, tu as dis quoi à Lania ? Quelles informations ?
- Rien.
- Berthieux, tu n'as pas intérêt à mentir, je t'assure.
- Mais enfin Murainan'Ta tu vas pas t'y mettre ! Elle a refusé de me croire toutes les fois où je lui ai dis que j'avais aucune idée d'où tu étais, et maintenant tu vas refuser de me croire quand je te dis que je ne lui ai rien dit ?
- Même pas des infos perso sur nous ?
- Non. Elle m'a demandé où vous étiez, j'ai répondu que je ne savais pas. Rien de plus. Elle est allée jusqu'à m'étrangler tellement je l'ai poussée à bout alors que je ne disais que la vérité. Et Lune aussi lui en a fait voir de toutes les couleurs.
- Lune ?
- Le maejka.
- Oh... tu l'as eu comment ça d'ailleurs ?
- On me l'a offert immédiatement après mon arrivée.
- Ok.»
Le gliesien appuya sur un bouton sur la table et se pencha en avant puis dit :
«Passez le maejka au détecteur de métaux. Si il a un quelconque mouchard ou je ne sais quoi, retirez le, sans lui faire de mal. Merci»
Il se redressa et regarda Bernard dans les yeux puis demanda :
«Bon, je me doute que tu es innocent de pas mal de choses donc je vais pas continuer sur ça. Mais je veux savoir, et tu vas répondre, à quel point tu supportais la Nouvelle Alliance ?
- Dans l'idée je supportais bien, excepté la violence. La restriction des libertés je suis partagé. Et le séjour en lui même, j'ai pas supporté. Un appart confortable, mais pas moyen d'être tranquille.
- Tu étais d'accord avec la restriction des libertés mais pas la violence ? Tu te rends compte de cette énormité ? La restriction des libertés arrive toujours à la violence. Supprimer la démocratie de manière soit disant éphémère fait toujours arriver à un état de dictature. Enfin bon sang, révise ton histoire, c'est toujours comme ça. Donc je vais te reposer la question : est-ce que tu supportais la Nouvelle Alliance, c'est à dire une coalition pseudo démocratique autoritaire aux penchants fascistes et dictatoriaux ?
- C'est facile dit comme ça Murainan'Ta. La réalité est plus complexe.
- L'autoritarisme, quel qu'il soit, est violent. La restriction des libertés au nom du bien collectif également, enfin évidemment les libertés individuelles. La liberté des entreprises c'est l'inverse, qui doivent être contrôlées pour ne pas nuire au bien commun. Sinon on voit, comme avec Shekafdala, jusqu'où celà peut aller. Et bien sûr, interdire le meurtre ou les crimes en général c'est la moindre des choses. Mais retiens bien ça : la restriction des libertés n'est pas quelque chose de souhaitable. C'est compris ?
- Oui, c'est compris t'inquiète.
- C'est tout ce que je voulais entendre. Tu peux y aller.»
Et il laissa Bernard sortir avant de lui même s'en aller.
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