Chapitre 23



  - Tout va bien se passer Louane, tu n'as aucune raison de te faire du soucis.

C'est en se murmurant ses mots à elle-même devant le miroir que Louane prit conscience qu'elle était devenue complètement folle. Folle de joie ? Oh ça oui.

Les notes qu'elle venait d'obtenir par les organisateurs du concours étaient au-delà de ce qu'elle s'était imaginée. Zakhar y était pour quelque chose par ses cours absolument remarquable et sa manière de l'avoir poussé à réussir.

- Tu dois ces notes uniquement à toi et à ton travail Louane, lui avait-il dit au creux de l'oreille.

Ce n'était pas totalement faux, songea-t-elle en se bouclant la dernière mèche de ses cheveux. Comme ôtée d'un poids qui lui pesait elle lâcha un profond soupir de soulagement. Officiellement Zakhar n'était plus son professeur, donc elle pouvait d'ores et déjà arrêter de s'inquiéter sur les commentaires qui déferlaient probablement dans les journaux.

- Tu es prête ?

À sa voix rauque Louane sentit ses mains devenir moites. Lentement, elle releva les yeux vers le miroir et capta immédiatement son regard. Il se tenait dans l'encadrement de la porte, dans un impeccable smoking noir. Il était à couper le souffle.

- Prête !

Elle se leva en tirant sur les coutures de sa robe en grimaçant.

- C'est trop court, commenta la jeune femme comme pour elle-même.

La gorge en feu, Zakhar se retint d'appuyer son commentaire, mais il espérait au fond de lui qu'elle se change. Cette robe verte accentuait sa peau matte et ses yeux verts, la rendant tellement désirable qu'il songea même à annuler le dîner.

- Je vais mettre la rouge, décida-t-elle en ôtant ses escarpins, où peut-être la bleue...mais enfin tu comptes me donner un avis quand ? S'emporta-t-elle avec colère.

Zakhar haussa des épaules.

- Si je m'aventure à te dire ce que j'en pense tu me diras que je me comporte comme un macho et si en revanche je ne dis rien....voilà le résulta, dit-il en avec une moue désespéré.

Elle rougit, consciente qu'il disait vrai.

- Dis-moi ce que tu en penses, dit-elle enfin.

- J'en pense que si ça n'en tenait qu'à moi, je t'arracherais cette robe pour te faire l'amour, ensuite je te choisirais une robe beaucoup plus soft voir même un sac poubelle...quoi que je crains que même habillé d'un sac tu attirais quand même les regards.

Elle rosit de plaisir à son plus grand bonheur.

- La rouge alors, déclara-t-elle en allant dans la salle de bains.

Zakhar s'ordonna de ne pas bouger, sinon il risquerait d'abandonner ses dernières forces qui lui restaient pour résister.

Elle revint dans une belle robe rouge au jupon bouffant. Rien ne serait suffisant pour masquer sa beauté naturelle qu'il voulait garder tout à lui. Il trembla intérieurement en résistant tant bien que mal au désir qu'il avait pour elle.

- Tu es absolument magnifique.

- Merci, murmura-t-elle en venant à lui d'une démarche peu assurée.

Ils quittèrent le manoir sous une pluie de neige. Dans la voiture, ni l'un l'autre eu besoin de parler pour combler le silence. Chaque respiration, chaque souffle était destiné à l'autre. Louane mourrait d'envie de se blottir dans ses bras, de le supplier qu'il fasse demi-tour et qu'il lui arrache sa robe...

- Tu as froid ? On est bientôt arrivé.

Froid ? Non elle n'avait pas froid, elle tremblait juste de désir.

- Non je n'ai pas froid.

- Que vas-tu faire après ? Enchaîna l'homme sans lui laisser le temps de respirer : Tu as des projets ? Tu veux ouvrir un cabinet ?

Louane battit des cils et rit doucement.

- C'est beaucoup de questions dans une seule !

Il resta impassible en continuant de fixer la route. D'ailleurs, Louane nota sa vitesse réduite. Signe qu'il respectait ses angoisses.

- Je me pose simplement la question.

Prends-moi dans ton cabinet ? Fais-moi une place dans ta vie ? Nous pourrions être associés ?

Voilà ce qu'elle brûlait d'envie de lui dire. Mais au lieu de ça elle répondit :

- Je n'ai pas encore réfléchi, il faut que je me fasse connaître avant.

- Tu le sera bientôt, tu te feras un nom, sans mon aide...

Elle remarqua dans les reflets de la lune qui éclairaient son visage qu'il semblait songeur. Beaucoup trop songeur à son goût. Elle se garda de répliquer et posa sa main sur la sien qui était posée sur le levier de vitesse.

- Merci de croire en moi...

- Merci de m'avoir laissé une chance, dit-il en portant sa main à ses lèvres froides.

Émue elle reporta son regard sur la route et découvrit enfin Seattle sous les lumières de noël.

- Au fait, en quoi consiste le dîner ?

- À dîner.

Louane fit mine d'être vexée et le fusilla du regard alors qu'il riait tout bas en se garant devant un beau restaurant.

- Ce sont des amis de longues dates, Bastian et Domenica, expliqua-t-il en coupant le moteur, ils sont gentils et chaleureux, Domineca est sans doute la seule femme qui a toujours gardé les pieds sur terre.

Louane nota l'information avec soulagement.

Un portier vint se poster devant la voiture. Zakhar quitta le véhicule et leva sa main en indiquant au portier qu'il s'en chargeait.

- Merci, murmura-t-elle sans pouvoir cacher son angoisse.

En effet, jusqu'ici, ils ne s'étaient jamais montré ensemble. Pour une première fois, Zakhar fut heureux de constater qu'aucun paparazzi avait fait le déplacement. À l'affût de la moindre information, ces derniers ne manquaient pas d'ingéniosité pour se cacher dans les moindres recoins de la ville.

- C'est magnifique...commenta la jeune femme lorsqu'ils pénétrèrent dans le restaurant.

- Viens, nous sommes juste ici.

Louane déglutit nerveusement quand il lui prit la main. Ça y est, c'était le moment de vérité. Certains regards se tournèrent vers eux, de nombreux politiciens saluèrent Zakhar à son passage puis enfin, alors qu'elle avait l'impression de marcher depuis des heures, une femme vêtue d'une robe en satin et d'un magnifique fourreau lui sourit chaleureusement.

- Bonsoir, Louane Jemena c'est ça ?

Devant son sourire chaleureux, Louane se sentit tout de suite à l'aise et se conforta dans son rôle de petite-amie. En espérant qu'elle le soit aux yeux de l'homme.

- Je suis heureuse de vous connaître Domenica.

Affectueusement celle-ci déposa une bise sur sa joue puis s'écarta pour laisser place à son mari.

- Louane je te présente Bastian Devann, il dirige l'entreprise de textile tu vois laquelle ?

Bien sûr qu'elle voyait laquelle !

- Oui, bien-sûr je suis enchanté monsieur Devann.

Elle lui donna une poignée de main puis s'écarta légèrement pour retrouver le contact chaud de son compagnon.

- Zakhar n'avait pas menti, vous êtes ravissante, dit Bastian en inclinant sa tête.

Louane esquissa un sourire pour le remercier.

- Je t'en prie chérie...murmura Zakhar contre ses cheveux en lui désignant la banquette.

Louane se glissa sur la banquette en cuir non sans rougir. Une paroi assemblée à la banquette masquait tout sur sa droite. Zakhar se glissa à son tour la rendant prisonnière de toutes tentatives de fuite. Puis il se pencha près de son oreille, profitant de l'absence de Bastien et de sa femme qui saluaient une connaissance pour lui glisser à l'oreille :

- Êtes-vous prête à passer une soirée mémorable mademoiselle Jemena ? Chuchota-t-il d'une voix rauque.

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