Paris, Aéroport Roissy Charles-de-Gaulle.
Loup.
Mon cœur cognait contre ma cage thoracique si fortement que je le suspectais de vouloir s'en échapper. Mon pied tapait frénétiquement un rythme rapide sur le sol. Bras croisés sur la poitrine, lèvre coincée entre les dents, mes yeux louchaient sur l'immense horloge présente en plein milieu de l'aéroport. J'attendais. J'impatientais. J'étais stressé. Et heureux. Je trépignais. La veille, lorsque mon amie m'avait proposé d'assister à l'arrivée de la personne qui avait su faire chavirer mon pauvre petit cœur par quelques profondes paroles, je n'avais pu refuser.
— Stressé ?
— Tu n'imagines même pas.
Elle déposa sa main sur mon bras, mais je ne lui jetai pas de regard. Je ne voulais pas quitter l'horloge des yeux. Plus que dix minutes. Dix petites minutes.
— Faut pas.
— Et si on ne la voyait pas ? Et si on est venu jusqu'ici pour rien ? Et si-
— Eh, Loup, regarde-moi, me coupa-t-elle. Regarde-moi, répéta-t-elle, me forçant à connecter nos iris. On va la voir, d'accord ? Tu vas lui donner ta lettre et t'auras peut-être même la chance de lui parler, ok ? dit-elle alors que je hochai lentement la tête. Ça va aller, ne t'en fais pas.
Je ne pouvais pas cesser de stresser. C'était peut-être mon unique chance de rencontrer celle qui avait su me comprendre sans ne jamais m'avoir adressé la parole. Je ne pouvais pas laisser cette occasion m'échapper. Non, je ne pouvais pas.
— Allez, on avance. Les gens commencent de plus en plus à arriver, me dit mon amie alors que je jetai un regard par-dessus mon épaule, constatant alors qu'elle disait vrai.
Une dizaine de personnes de tous âges – sans doute des fans – approchaient. Nous, qui étions seuls à attendre, nous retrouvions presque encerclés. Les gens s'agglutinaient de plus en plus derrière nous, m'obligeant à tripler la cadence de ma marche. Il n'était pas question que mon manque de sommeil et la longue attente à laquelle je venais de faire face me soient inutiles.
— Loup, regarde où tu mar-
Trop tard. Mes jambes s'étant entremêlées venaient de me faire embrasser le sol. Je n'eus pas mal. Cependant, j'entendis un gémissement de plainte. Qui ne venait pas de moi. Je relevai alors le regard. Mes yeux croisèrent une paire d'iris profondes. Reconnaissant ce visage qui m'avait tant envoûté, mes yeux s'écarquillèrent. Nom de Dieu, c'était impossible... Elle était là. Devant moi. Par terre. Elle. Lana Del Rey.
— Oh mon dieu, je suis si désolé, commençai-je en anglais d'une voix fébrile. J-je ne vous avais pas vue et je...
— Ce n'est rien, me coupa-t-elle, un léger sourire trônant sur ses lèvres.
Elle se releva, épousseta ses vêtements avant de me tendre la main. Je n'en croyais pas mes yeux. J'étais figé. Mes membres semblaient éteints, nus de mouvement.
— Tu comptes rester au sol, ou ? se moqua-t-elle gentiment, voyant que je ne bougeais pas.
Je secouai la tête avant de glisser ma main dans la sienne d'une extrême douceur. Une fois sur pieds, je me mis à la fixer. Je ne sus quoi dire. Elle était impressionnante. Bien que nous faisions la même taille, je me sentais minuscule ; j'avais le sentiment de disparaître sous son regard perçant. J'avais tant rêvé de ce moment. Il me semblait inimaginable. Pourtant, elle se trouvait bien là, devant moi. Dans mes lointains songes, je me rappelai avoir une quantité monstrueuse de choses à lui avouer. Mais, maintenant qu'elle était là, j'étais comme muet. Je sentis soudain quelqu'un me pousser. Je tournai la tête vers mon amie qui me souffla un « vas-y, donne-lui ». Me rappelant du papier enfoui dans ma poche, je fouillai celle-ci avant d'en extirper une enveloppe. Je jetai ensuite un regard à Lana qui parlait à son garde du corps. Allez, Loup, lance-toi.
— Hum, excusez-moi, Lana ?
— Oui ?
— J- j'ai quelque chose pour vous, dis-je timidement en lui tendant l'enveloppe.
— Oh, c'est adorable, merci, sourit-elle avant de l'empoigner.
— Hum, j- je voulais vous remercier, commençai-je. Vous m'avez souvent inspiré et aidé et je ne peux que vous en être reconnaissant. Vous êtes une artiste hors du commun qui propage de magnifiques messages, continuai-je, plus confiant. Votre musique est belle et vos paroles sont profondes. C'est un plaisir d'écouter votre voix chaque jour, peu importe le moment et l'endroit. Merci d'écrire, de chanter. Merci d'être qui vous êtes. Je vous aime très fort, déballai-je.
À la fin de mon court monologue, les lèvres de la jeune femme s'étirèrent davantage, m'arrachant, à moi aussi, un large sourire.
— Tu es si gentil. Merci à toi de me soutenir...?
— Loup.
— Merci à toi, Loup.
Sans que je ne m'y attende, elle me prit dans ses bras. N'y croyant pas durant les premières secondes, ce fut lorsque son exquise odeur me chatouilla délicieusement les narines que je revins à la réalité. Je refermai mes bras autour de son corps, profitant pleinement de cette étreinte. J'étais aux anges. Conquis. Terriblement heureux.
Nous desserrâmes ensuite notre emprise sur l'autre, sentant les fans derrière nous s'impatienter, se bousculant. Le garde du corps de Lana se mit devant elle, la protégeant du chahut, l'arrachant également de ma vue.
— Nous devons y aller, dit l'homme au corps tonique.
— Laisse-moi prendre quelques photos et on y va.
L'homme hocha la tête, se résignant. Peu à peu, Lana disparut de ma vue, se faisant engloutir par l'immense foule. J'osai lancer un regard par-dessus toutes les épaules, mais je ne la vis pas. Malgré ce moment surréaliste à mes yeux, je voulais la revoir. Encore et encore. Elle me manquait déjà. Ses bras, sa douceur, sa voix, son visage. Tout me manquait. Je venais de la voir et j'en étais bienheureux. Mais la quitter était une épreuve des plus déchirantes.
***
Tout le monde était parti. Lana aussi. Nous n'étions plus que mon amie et moi, avec les quelques passagers qui attendaient leur vol.
Heureux de cette matinée, mon sourire n'avait quitté mon visage. Je venais de vivre un moment spécial, unique, et tout cela grâce à mon amie. Je l'en avais d'ailleurs remercié. Sans elle, je n'aurais sans doute jamais eu le courage de me déplacer jusqu'à l'immense capitale française.
Alors que je mis un pas hors de l'aéroport, j'aperçus un van noir positionné à quelques pas de nous. De nature curieuse, j'osai jeter un regard sur ce qui s'y trouvait. Malgré les vitres teintées, je parvins à reconnaître une silhouette féminine assise à l'arrière du véhicule. Je fis signe à mon amie d'approcher discrètement alors que la vitre s'abaissa. J'y découvris Lana, souriante. Cela faisait deux fois en une journée que je la croisais. C'était juste incroyable ; l'un des plus beaux jours de ma vie.
— Loup ! m'appela-t-elle.
Mon visage se décomposa sous la surprise. Elle m'avait, non seulement, reconnu, mais aussi retenu mon prénom. J'étais aux anges.
— Approche !
J'entamai de timides pas vers le véhicule noir et fis finalement face à la femme au charisme indéniable.
— Je voulais te remercier de m'avoir écrit ces belles choses, ça m'a vraiment touché, dit-elle en me montrant l'enveloppe dont un côté avait été déchiré.
— Oh, ce n'est trois fois rien. Je suis vraiment contente que vous l'ayez lue.
Nous parlâmes encore quelques instants. Nous nous fîmes quelques blagues et discutâmes de choses diverses et variées, sans jamais s'attarder sur sa célébrité. Je me sentais proche d'elle, comme si elle n'était plus Lana Del Rey, la grande et l'unique, la célèbre icône de pop, mais simplement Elizabeth Woolridge Grant, une jeune femme à la voix envoûtante qui savait tenir une discussion sans grande peine.
Au bout de quelques minutes, son garde du corps nous rejoignit, indiquant à Lana qu'ils allaient bientôt devoir s'en aller. Je lui avouai une fois de plus que je l'aimais fort avant de lui dire au revoir. Et le van démarra. Je lui fis un dernier signe de main, la voyant s'éloigner peu à peu. Seulement, au bout de quelques mètres, je vis sa tête sortir du van, pointée dans ma direction.
— Merci encore, Loup ! Crois en toi ! cria-t-elle avant de définitivement disparaître de mon champ de vision.
Je venais de rencontrer Lana Del Rey. J'étais tombé sur elle. Elle m'avait souri, puis serré dans ses bras et lu la lettre que j'avais confectionné durant deux années. On avait discuté et elle avait avait fini par me lâcher quelques mots d'encouragement.
Une chose était sûre : cette journée était définitivement l'une des plus belles de mon existence.
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(en italique : le dialogue en anglais)
surprise, surprise pour mon petit Loup que j'aime de tout mon cœur de fragile <3 ok, je l'avoue : cette situation m'a fait rêver. en l'écrivant, je nous ai clairement imaginées, toi et moi, rencontrant Lana : GOAL.
je suis désolée, il n'est pas top, mais je l'ai écrit très tard et j'étais légèrement fatiguée. puis, je sais que tu n'as pas demandé de one shot, mais je voulais absolument t'en écrire un, so j'espère sincèrement qu'il t'a quand même plu.
gros bisous baveux sur toutes vos petites joues.
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